Dans l'épisode précédent de cette biographie consacrée à Mike Oldfield, nous avons vu combien l'enregistrement de Tubular Bells avait été un acte héroïque, Mike et ses collaborateurs faisant face à une succession de défis techniques.
Le mixage terminé, les défis techniques ne furent pas terminés pour autant. Le pressage s'avèra compliqué également, et l'ironie du sort voulut que ce soit à cause... des cloches tubulaires ! Mike tenait à ce que les cloches tubulaires soient très sonores et lors de l'enregistrement il les avait cognées avec un marteau (et non un maillet en bois) pour les faire résonner avec force. Au pressage, il s'avère impossible de graver un son aussi fort. La difficulté fut contournée en baissant le niveau sonore général de quelques dBs et en utilisant la qualité de vinyle réservée habituellement aux disques classiques... Tom Newman dit plus tard "je crois que Virgin a été la première maison de disques à sortir un disque de rock en utilisant un pressage classique."
La réalisation du disque touchait alors à sa fin
et l'album n'avait encore ni titre, ni pochette. Pendant toute la durée de l'enregistrement, Mike s'y référait sous le nom d'"Opus 1". L'importance "dramatique" des cloches tubulaires à la fin de
la partie 1 avait déjà fait dire à quelqu'un de l'équipe que "Tubular Bells" serait un bon titre, mais rien n'était encore arrêté alors. Richard Branson (qui songeait sans doute déjà à la
promotion qu'il devra faire), militait pour "Breakfast in Bed". Et il visualisait une pochette montrant un oeuf coque dégoulinant de sang... mais Mike refusa.
C'est au moment de la réalisation de la pochette que le titre s'imposa, c'est en tout cas comme cela que Mike le rapporte dans "Changeling". Branson confia la réalisation de la pochette au photographe Trevor Key, et Mike lui demanda de représenter une cloche tubulaire "cassée en morceaux". En attendant de voir le résultat, l'idée s'imposa à Mike. Puisque la pochette devait représenter une cloche tubulaire, le titre de l'album coulait de source : "Tubular Bells". Quelques semaines après, Mike vit le résultat du travail de Trevor Key, avec une cloche non pas brisée, mais pliée en trois, selon cette forme devenue maintenant mythique...
Le Vendredi 25 mai 1973, le
nouveau label Virgin Music sortit ses quatre premiers albums : Tubular Bells (V2001), Flying Teapot de Gong (V2002), Manor Live (V2003) et The Faust Tapes
(VC501). Simon Draper, de Virgin, avait le sentiment que le disque de Mike Oldfield pourrait créer l'évènement. La présentation du disque aux commerciaux d'Island records (qui avait en charge la
distribution) s'était soldée, chose rare, par des applaudissements. Les premières critiques dans la presse furent également bonnes, mais pendant les premiers jours, les courbes des ventes
restèrent plates...
C'est là que le talent de Richard Branson contribua à créer le phénomène "Tubular Bells", en déployant toute son énergie à promouvoir le disque d'un musicien reclus (socialement parlant).
Branson avait invité le DJ radio John Peel à déjeuner sur sa péniche Alberta et lui avait fait écouter l'album. Conquis, John Peel programma, le mardi 29 mai 1973, sur BBC Radio 1, dans son émission "Top Gear", toute la face 1 du disque, en commentant "cela fait six ans que je présente Top Gear et c'est sans doute un des disques les plus impressionnants que j'ai eu la chance de diffuser, vraiment un disque remarquable".
Pour créer un "évènement" médiatique, Richard Branson avait besoin
d'un concert. Il organisa alors un grand concert prévu le 25 juin au Queen Elizabeth Hall (800 places) avec une brochette de musiciens du moment dont Mick Taylor des Rolling Stones.
C'est dans les semaines précédantes le concert que Mike Oldfield place, dans ses mémoires, la signature de son contrat avec Virgin, alors que Richard Branson la place au début de l'enregistrement de Tubular Bells. Quoiqu'il en soit, les deux rapportent tout deux que le contrat était une copie pure et simple du contrat liant Sandy Denny à Island Records, Virgin n'ayant aucune expérience de la signature de contrat d'artistes. Mike fut donc le premier artiste signée chez Virgin, et les contentieux futurs autour de ce contrat entre Mike et Vrigin pourraient justifier un article à eux seuls !.
La préparation du concert exigea que Mike rédige les partitions de tous les instruments et des répétitions eurent lieu à Shepperton Studios. On sait que pour obtenir de Mike qu'il fasse ce concert, Richard Branson dût lui donner sa Bentley... mais chacun y va de sa variante... Mike raconte qu'il l'avait demandée lorsque Branson l'interrogea sur ce qu'il voudrait pour accepter de faire le concert. Richard Branson en donne une version plus romancée et dramatique. Selon lui, Mike décida de ne pas jouer quelques heures avant le début du concert et Branson l'emmena faire un tour en Bentley pour le faire changer d'avis... et finit par lui promettre la Bentley s'il jouait...
Quoiqu'il en soit, le concert eut lieu, de façon catastrophique selon Mike, rien ne se passant comme prévu. Il s'acheva malgré tout par une standing ovation qui laissa Mike pantois, avec un sentiment de répulsion étrange et sans doute le début d'un rapport compliqué de Mike Oldfield à Tubular Bells à partir de là.
Après le concert, Branson continua son travail de
promotion, achetant des pages de magazines pour faire la publicité de l'album, organisant une interview de Mike par le journaliste Karl Dallas. L'enregistrement vidéo du concert au Queen
Elizabeth Hall ayant échoué pour des raisons techniques, un autre concert fut enregistré en studio dans le cadre de l'émission BBC 2nd house, le 30 novembre 1973 et diffusé le 1er décembre sur
BBC2. La vidéo est aujourd'hui disponible sur plusieurs DVD de Mike Oldfield.
Pour assurer la promotion de "Tubular Bells" aux Etats-Unis, Richard Branson s'approcha d'Ahmet Ertegun d'Atlantic Records. Celui-ci se trouva fort marri d'avoir à promouvoir la musique d'un artiste ne voulant faire aucune tournée. Il s'en sortit finalement en plaçant un extrait de l'album sur la bande sonore du film l'Exorciste, avec le succès qu'on lui connaît. L'Exorciste sortit aux USA le 26 décembre1973 à un moment où l'album avait déjà commencé à avoir du succès au Royaume-Uni, mais il contribua à amplifier ce succès et à le propager dans d'autres pays.
L'album entra dans les charts anglais le 14 juillet, en 31e position. Il monta ensuite très vite vers le haut du classement, jouant au yoyo pendant plusieurs mois sans le quitter, pour finalement arriver 1er au bout d'un an en détrônant... Hergest Ridge ! qui venait de sortir et avait boosté visiblement son prédécesseur par la même occasion...
La réaction de Mike, face à ce succès, fut de ne plus décrocher son téléphone, prendre sa bentley avec sa copine et partir dans les contrées rurales de l'Ouest de l'Angleterre acheter une petite maison perdue... The Beacon, à Kington, où il vivra comme un ermite et composera ses deux albums suivants. Mais c'est la suite de l'histoire...
Mike Oldfield, compositeur, guitariste, et multi-instrumentiste britannique est l'objet de ce blog, où je viens ajouter,
occasionnellement, une bribe de

La
Tout d'abord Mike Oldfield continue à revisiter son catalogue
Virgin en rééditant cet été Platinum et QE2 en éditions Deluxe. Ces éditions semblent moins prometteuses que celles des quatre disques déjà sortis (
A la fin des années 60, il est chargé d'arranger les chansons du spectacle "From Marie-Antoinette to the
Beatles" pour un ensemble de cinq instruments. Le stage manager de ce spectacle, Ian Knight, avait auparavant travaillé avec Soft Machine. Aussi, quand Kevin Ayers, ex-Soft
Machine, chercha quelqu'un pour réaliser des orchestrations sur son album Joy of a Toy, Ian Knight lui suggère de solliciter Bedford. Kevin Ayers l'enrôle ensuite
comme claviériste pour le groupe de musiciens qu'il se constitue, The Whole World. David Bedford y fait la rencontre de Mike Oldfield, lorsque ce dernier est recruté en tant que
bassiste. Pendant l'année où Mike et David jouent ensemble au sein du Whole World, Bedford, 32 ans, prend le jeune Oldfield de 16 ans sous son aile. Il l'encourage dans ses
projets de musique instrumentale et lui suggère d'écouter des oeuvres de Delius ou encore Vaughan Williams, notamment.
"merde", un "salaud" et un "parasite". Malheureusement, il met les
lettres dans les mauvaises enveloppes...
Par la suite, David Bedford travaille encore
sur Incantations en 1978, puis pour la tournée 1979 (arrangements pour orchestres et vibraphones), sur Platinum (arrangements des choeurs de North Star), QE2
(Arrival et Wonderful land) et surtout sur la B.O. pour La Déchirure. En 1983, Mike crée son propre label et publie une ancienne oeuvre inédite de Bedford, créée
en 1971 : Star Clusters, Nebulae and Places in Devon.

Du neuf en 2012 ? C'est ce que pourraient laisser
entendre les rares confidences lâchées en fin d'interview par Mike Oldfield ce Lundi 25 juillet sur BBC radio 6.
Qu'apprenons-nous donc de la plume de Fanny Oldfield ?
Que le projet de Mike s'appelle "Telecaster". On sait que bien des albums de Mike ont changé de titre en cours de travail, mais ce titre pourrait nous laisser croire que Mike
focaliserait son travail sur une Fender Telecaster, retour donc à un instrument rock !
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