Les images sont présentées à un format réduit, mais un clic droit + "Enregistrer la photo sous..." devrait vous la sauvegarder dans sa taille normale, soit une grande taille !
Je n’ai jamais vu cette photo en couleur ailleurs que dans ce programme. Ce concert a été filmé et est sorti en cassette VHS sous le nom The Essential, en 1980 et en DVD non officiel, sous le même titre, en 2004.
Ce programme est assez rare, bien que de nos jours, le mot rare n’a pas vraiment de sens avec internet.
Yannick
Seules les pages en rapport avec Mike Oldfield sont présentées ici.
Articles en rapport :
Cela fait un moment que je souhaite ouvrir une rubrique pour interviewer des fans de Mike Oldfield, ou présenter des musiciens qui s'inspirent de Mike, ou tout
simplement laisser la parole à certains des visiteurs de ce site (par le biais de rubriques de type sondages etc. quand j'aurai pris le temps de trouver des outils adaptés.
La tâche m'est pour l'instant facilitée par Yannick, qui m'a proposé de mettre en ligne des scans des documents qu'il collectionne et à qui je laisse le soin de se présenter lui-même dans cette nouvelle rubrique.
J'en profite pour saluer Jean-Jacques et Salocin, qui m'ont également fait parvenir des scans et des propositions de collaboration ces derniers mois, ainsi que mes vieux acolytes de la TML,
Geinoh, Vinz et Sam.
Je m’appelle Yannick, j’ai 42 ans et je vis dans le canton du Valais au cœur des Alpes suisses.
J’ai découvert Mike en juillet 1981, lors de l’émission « Les Canards Sauvages » de la télévision suisse romande, émission qui correspondait aux « Enfants du Rock » en France.
Le présentateur parlait d’un musicien anglais qui venait de cartonner au Montreux Jazz Festival. C’était ma première rencontre avec Mike Oldfield. J’ai eu comme un déclic, ou plutôt un coup de
foudre. Le lendemain, je suis allé m’acheter le premier vinyle que j’ai vu de lui. C’était la compilation Music Wonderland, qui venait de paraître. J’ai eu la confirmation de ce que je
pensais : la musique de ce gars là me plaisait vraiment.
Je l’ai vu pour la première fois en concert à Lausanne, en octobre 1984, lors de la tournée Discovery Tour. J’avais 19 ans. En tout, je l’ai vu 6 fois. En 1984, 1993, 1999, 2 fois en 2006 et
en 2007.
2006 et 2007 furent des années extraordinaires. En décembre 2006, j’ai parcouru 1500 kms en voiture pour aller le voir jouer deux fois 20 minutes en Allemagne ( !) lors de la tournée Night
of the Proms. J’avais même été tiré au sort pour le rencontrer, avec 34 fans allemands, dans son hôtel de Francfort. On était tous réunis, juste à côté de sa chambre, dans une salle
spécialement réservée pour l’occasion….et il n’est pas venu. Il n’avait plus envie ; il était soi-disant malade. En mars 2007, je suis allé revoir le même concert à Madrid. J’ai été
récompensé par le fait que je l’ai rencontré par hasard dans un shop de l’aéroport. Il m’a donné un autographe, mais ne m’a pas adressé la parole.
Mais le plus grand événement est arrivé en février 2006. Sur son site personnel, il avait annoncé qu’il vendait une partie de ses guitares. J’en voulais absolument une ! Tous les jours, j’allais
sur le site de Chandler, un grand vendeur de guitares de Londres, pour voir la liste. La chance que j’ai eue était que j’étais derrière mon PC au moment où la liste a été mise à jour. J’ai donc
été le premier à appeler Chandler, ainsi j’ai pu choisir laquelle je voulais. J’ai pris la Gibson Les Paul Jnr SG Shape 1961, que l’on voit beaucoup dans les clips et reportages de 1975 à
1984. C’était une de ses préférées, avec la Fender rouge qu’il possède encore maintenant. Cette Gibson est très célèbre et on
peut la voir dans les clips Shadow on the Wall, In Dulci Jubilo, Five Miles Out….et le DVD Live at Montreux. Et elle a servi à l’enregistrement de l’album Ommadawn.
J’ai reçu la guitare 10 jours après le paiement et quelques semaines plus tard, un certificat signé par la direction de Chandler et ….Mike lui-même. C’est chaque fois un rêve de la voir. Le
comble est qu’il l’a utilisée lors de mon premier concert en 1984 et qu’il l’avait également avec lui à Villars-Sur-Ollon lors de l’enregistrement de l’album Discovery. Au fait, j’habite à
moins d’une demie heure de Villars !
Je collectionne tout ce qui ce rapporte à lui. J’ai des vinyles, cds, dvds, laser disc, mini-discs, ddc, 8 pistes, tape 71/2, cassettes, revues, livres, pirates officiels et home made,
posters, cadre, disque d’or, coffrets, photos…tout cela dans toutes les langues ! Ma préférence va aux anciennes revues et vieux journaux anglais. Je n’ai pas la plus grande collection du
monde, mais je pense que personne ne l’écoute autant que moi ! 3 heures par jour ! Qui dit mieux ? Ma collection
a augmenté rapidement dès l’arrivée d’internet dans ma maison !
Concernant mes albums préférés, je suis comme le 90% des fans ; ce sont les premiers albums qui sont pour moi les meilleurs. Mais j’adore aussi Amarok, par exemple. Tubular Bells n’est pas un album, c’est une œuvre !
Yannick
(Melody Maker, 29 décembre 1979)
Les choses ne sont pas passées dans la douceur pour Mike Oldfield. Il a perdu de l'argent avec ses tournées, a mis au rebut du matériel onéreux et a eu une querelle avec son label à propos d'un morceau d'un album. KARL DALLAS prête son épaule.
TRENTE mille fans de Mike Oldfield ont une chance modérée de trouver à leur insu une pièce de collection –et, incidemment de participer par procuration à la récente paternité de Mike– s’ils achètent un exemplaire de son dernier album.
Tout est
parti d’une querelle entre Mike et son label Virgin au sujet du contenu de l’album. Dans sa forme initiale, le deuxième morceau de la deuxième face contenait un hymne légèrement mièvre
mais authentiquement naïf à la gloire de l’inamorata de Mike (et la mère de Molly, sa fille nouveau-né), l’étonnamment belle Sally Cooper, dont la présence au service de presse de Virgin
pendant plusieurs années était pour les journalistes une meilleure raison de se traîner jusqu’à Vernon Yard que la marque particulière d’ironie laconique de son chef Al Clark.
CEPENDANT, comme c’est l’habitude des maisons de disques, même avec des artistes qui ont posé les fondations de leur prospérité actuelle, Virgin ne se sentait pas très disposé à céder à Mike à propos du morceau, et une longue dispute s’est ensuivie, qui à un moment a menacé de faire rater à l’album la période de ventes qui précède Noël.
Pendant ce temps,
les pochettes et les macarons devaient être imprimées, donc , pendant l’impasse, le deuxième morceau de la deuxième face portait le titre de la chanson originale, « Sally », et ils ont
même pressé 30000 exemplaires de l’album avec la chanson initiale dessus avant que Mike ne cède, n’écrive une nouvelle mélodie –également appelée « Sally »3- qui aille avec la base rythmique d’Alan Schwartzenberg, la seule chose en commun sur les deux en dehors du titre.
POURQUOI Mike, qui fut pendant plusieurs années une des étoiles les plus brillantes au firmament de Virgin, qui fut capable de les persuader à financer plus de la moitié des 500.000 Livres qu’a coûté sa dernière tournée, financièrement désastreuse4, se laisse-t-il malmener de la sorte ?
PARLER de nécessité nous a amené, bien sûr, à l’état actuel de ses finances, qui ont fait l’objet de quelques commentaires dans la presse écrite. Il a été décrit dans des termes aussi variés que « pauvre » ou « sur la paille », ce qui est, comme je suis heureux de le révéler, une légère exagération.
Il projette, par
exemple, de vendre son avion privé Beechcraft Sierra –mais seulement pour le remplacer par un hélicoptère, qu’il imagine naïvement pouvoir faire atterrir dans sa nouvelle résidence à Denham
(Buckinghamshire), bien que je ne crois pas que les contrôleurs aériens à Heathrow seront très enthousiastes pour l’arrangement.
« J’ai jeté toutes
ces affaires quadriphoniques qui n’ont pas marché, et nous vendons la table de mixage, qui n’a pas fonctionné.
MIKE exprime un peu de déception, pour ne pas dire de la perplexité, au type d’accueil que le nouvel album a eu de la presse. Il pense –et je suis d’accord avec lui– que la plupart des critiques ont débité les mêmes clichés « éreintons-le parce que c’est ennuyeux et qu’il a tant de succès », sans remarquer la rupture considérable avec son propre passé que sa musique presque minimaliste représente.
« Et
puis il y a une section au milieu de « Platinum » où il y a des accords plus complexes que ce que j’ai fait avant. Ils s’insèrent d’une telle façon qu’ils semblent normaux, mais si on
regarde cet accord sur un piano, c’est complètement ridicule, il n’y a même pas un nom pour ça. »
LA PREMIERE fois que j’ai rencontré Mike Oldfield, il était un virtuose de la guitare folk âgé de 15 ans avec des troubles de la personnalité, qu’il a appris à sublimer dans son « Tubular Bells ». Au fil des ans, j’ai appris à comprendre sa folie, et nous avons une fois passé une heure ridicule lors d’un dîner à échanger sur les dépressions nerveuses que nous avions traversés.
"Je me sens bien et moyennement névrosé comme tout le monde, maintenant. "
Articles associés :
L'album Platinum
Les tournées de 1980
Article de Karl Dallas de 1975
Notes :
(1) : Karl Dallas se réfère probablement à la chanson "Don Alfonso" (la chanson "The Spaniard that Blighted My Life" est une chanson existante
dans le même style), mais il est difficile de savoir si l'approximation sous la plume de Dallas est volontaire.
(2) : Karl Dallas évoque la chanson "On Horseback" qui figure en fait sur l'album "Ommadawn".
(3) : Nouvelle erreur (!) de Dallas, puisque la chanson de remplacement s'intitule "Into Wonderland". Le titre n'a jamais (?) été porté sur les pochettes (sur mon exemplaire 33 tours de
Platinum, le titre du morceau était effacé), mais a été correctement imprimé sur l'étiquette centrale du disque.
(4) : L'interview se situe entre la tournée 1979 ("Exposed") qui a été un désastre financier et la tournée 1980, qui se prépare au moment de l'entretien.
Mike Oldfield a sorti de nombreux titres inédits en albums, en particulier dans les années 70 et 80 : des singles isolés, mais aussi de nombreuses "faces B".
Beaucoup de ces morceaux sont inclus dans les deux compilations essentielles que sont The Complete Mike Oldfield et
The Platinum Collection. Mais même l'heureux possesseur de tous les albums et de ces deux compilations ne saurait être pleinement satisfait. Il y a encore de nombreux titres "officiels"
(c'est à dire publiés, les autres seront abordés dans les volets suivants) qui restent à découvrir pour les amateurs de petits instrumentaux folks et de chansons bizarres.
Début du voyage au pays des "inédits et raretés" avec ce premier volet consacré aux simples "raretés".
"Demi-raretés" encore disponibles
Quelques morceaux de Mike Oldfield n'ont été inclus que dans des coffrets ou des éditions spéciales, et ont tendance, pour cette raison, à être absent des collections de tous ceux qui ne font pas l'acquisition de supports onéreux juste pour un ou deux inédits...
Le coffret Boxed, sorti en 1976, contenait à l'origine quatre 33 tours dont
trois proposaient des versions remixées des trois premiers albums de Mike. le quatrième, intitulé Collaborations, rassemblait des collaborations avec David Bedford et Leslie Penning, dont la moitié étaient inédites à l'époque. Boxed a été réédité en un coffret
3 CDs et, malgré toutes les compilations sorties depuis, il contient deux morceaux qu'il est le seul à receler et deux autres qu'il ne partage qu'avec le coffret Elements. On trouve
Boxed à environ 45 Euro sur des sites de vente en ligne.La version longue du Sailor's Hornpipe était la version enregistrée et prévue initialement par Mike Oldfield pour clore Tubular Bells. Elle commence par un long monologue imbibé d'alcool de Vivian Stanshall sur fond musical, avant que la musique ne prenne le dessus et n'accélère de la façon qui est bien connue. Virgin trouva ce morceau trop bizarre et l'édulcora en n'en gardant que le final instrumental. La version longue fut rétablie derrière la version remixée de Tubular Bells sur Boxed en 1976, mais n'a pas reparu depuis.
La chanson
Speak' (Tho' You Only Say Farewell) est un duo décalé entre Mike Oldfield et David Bedford (également au piano), qui massacrent (volontairement ?) une chanson d'Horatio Nicholls composée dans les années vingt. La chanson a été enregistrée en novembre 1974 au Beacon, sans doute
au même moment que la chanson Don Alfonso (David Bedford au chant) qui est une reprise des
années trente.Argiers est un instrumental dominé par la flûte de Leslie Penning, enregistré en même temps que Portsmouth, mais autant mélancolique que Portsmouth est guilleret.
L'instrumental First Excursion est un morceau d'août 1976 probablement enregistré spécifiquement pour Boxed. Mike Oldfield à la guitare électrique semble se livrer à une semi-improvisation accompagné de Bedford au piano et synthétiseurs. Le jeu de guitare de Mike annonce déjà les grandes gammes que l'on entendra sur Incantations, et sans doute a t-il déjà, à l'époque, échangé sa Gibson SG contre la Gibson L6S qu'il utilisera en 1978 et 1979 (voir l'article sur les guitares de Mike Oldfield).
Le
coffret 4 CDs Elements est sorti en 1993, en même temps que le best of du même nom. Les morceaux et extraits rassemblés
balayent toute la carrière solo d'Oldfield de 1973 à 1991 et comprennent un véritable morceau resté inédit jusque là (Vivaldi Concerto in C) et une dizaine de raretés. On trouve ce coffret
à environ 55 Euro sur des sites de vente en ligne.Argiers et First Excursion sont présents sur Elements, mais aussi :
Vivaldi Concerto in C, un morceau de Vivaldi (comme son nom l'indique) enregistré en 1976, probablement en même temps que The William Tell Overture (de Rossini) et semble t-il en même temps que d'autres reprises de morceaux classiques demeurées inédites.
Vivaldi Concerto in C (extrait)
The Path, un morceau également enregistré en 1976, présent sur la B.O. du documentaire Reflection en 1978 et réapparu sept ans plus tard comme face B du 45 tours "Shine".
Punkadiddle Live, une version live parue auparavant en face B du 45 tours Five Miles Out.
Polka Live, une reprise rock et électrique de la polka de Ryan (dont une version traditionnelle peut être entendue dans le film Titanic), parue intialement en face B du 45 tours Arrival en 1980. Le morceau a été enregistré lors de la tournée 1980 de Mike.
Afghan, un duo guitare électrique contre cornemuse, paru initialement en face B du 45 tours Tricks Of The Light. La face B du Maxi contenait en plus l'instrumental de Tricks Of The Light, également inclus dans Elements.
One Glance is Holy Hard and Holy Mix, une version différente de Holy, intialement incluse sur le 45 tours de Holy.
Le DVD bonus inclus dans certaines éditions de Tubular Bells 2003 contient les démos de Tubular Bells, bien qu'on ne sache pas exactement s'il s'agit des démos originales du printemps 1971 ou de démos retravaillées par Mike Oldfied en 1972 (ce qui semble beaucoup plus probable, voir cet article).
La version britannique de Light+Shade (que l'on trouve par exemple sur amazon.co.uk) contient deux titres supplémentaires :
Pres De Toi qui est une version celtique de Closer
Lakme (Fruity Loops) qui est une version dance d'un air de l'opéra Lakme de Leo Delibes.
La compilation Collection est le seul support CD à contenir la version simple de Pictures in the Dark (la version maxi étant incluse dans The Platinum Collection).
Raretés sorties au moins une fois en CD
Les morceaux cités ci-dessous peuvent revendiquer le statut de "raretés" dans la mesure où ces supports sont (en principe) épuisés et donc nettement plus difficiles à trouver.
Passed You By avec Phil Beer (1979) - sorti sur l'album de 1986 Where Would You Rather Be Tonight ? -épuisé.
Sit You Down avec Phil Beer (1979) - sorti sur l'album de Phil Beer Official Bootleg Volume 1 -épuisé
Rite of
Man (1983) - Face B du 45 tours Moonlight Shadow, réédité sur le Maxi-CD Moonlight
Shadow de 1984. Avec en face A le plus gros tube de Mike Oldfield, ce choix de chanson de marin fantaisiste en face B avait quelque chose de déconcertant...In the Pool (1984) - Face B du 45 tours To France, réédité sur le Maxi-CD Moonlight Shadow de 1993. Il paraît que ce morceau de guitare étincelant était prévu initalement pour être une chanson...
In The Pool (extrait)
Bones (1984) - Face B du Maxi 45 tours To France, réédité sur le Maxi-CD Moonlight Shadow de 1993. Comprend des chants Kecak du Bali (dans le genre des chants déjà entendus sur La Déchirure).
Early Stages (1992) - Titre du CD single Sentinel. Sans doute la première intention de Mike Oldfield pour démarrer Tubular Bells 2, dans un style beaucoup plus proche de Tubular Bells 1.
Silent Night (1992) - Titre du CD single Tattoo. Reprise du chant de Noël Douce Nuit à la guitare électrique.
The Spectral Army (1994) - Titre du Maxi-CD Hibernaculum.
Song of the Boat Men (1994) - Titre du Maxi-CD Hibernaculum.
Indian Lake (1995) - Titre du Maxi-CD Let There Be light. Ces trois derniers morceaux étaient apparemment des morceaus non retenus pour The Songs of Distant Earth mais dont le style rappelle beaucoup plus Tubular Bells 2.
Mike's Reel (1996) - Titre du Maxi-CD Women of Ireland XXV. Rappelle les instrumentaux rigolos des années 70.
Tubular X (1998) - Morceau mêlant notes de Tubular Bells avec le thème des X-Files (Mark Snow) pour l'album The X-Files : The Album sorti conjointement à la B.O. du long métrage. Ce morceau d'Oldfield semble curieusement absent des exemplaires disponibles à ce jour sur Internet.
Surfing (version courte) (2005) - Mixage prévu pour les passages en radio. Sorti en single ?
Ready Mix avec Carl Palmer (1982) - inclus sur la compilation de Carl Palmer Do Ya Wanna Play, Carl ? semble toujours disponible
Raretés non sorties en CD
Les morceaux cités ci-dessous sont tous (à l'exception du dernier) sortis sur les 45 tours ou des 33 tours, mais n'ont jamais fait l'objet d'une réédition CD.
Mike Oldfield's single (1974) - 45 tours, version hautbois des Guitar Sounding Like Bagpipes de Tubular Bells
Froggy Went-A-Courting (1974) - Face B du Mike Oldfield's single, chanson excentrique, avec un poème récité par Mike Oldfield et Vanessa Branson, sur une dentelle de guitare oldfieldienne.
Hergest Ridge version originale (1974) - Version incluse sur les pressages vinyles jusqu'en 1976
Don Alfonso (1975) - 45 tours, dont une version non stéréo, apparemment extraite de la bande son du vidéo-clip a été incluse à la Platinum Collection.
In Dulci Jubilo (For
Maureen) (1975) - Face B de Don Alfonso, première version de ce morceau, différente de la version ré-travaillée fin
1975Ommadawn 7" (1975) - Version raccourcie et remixée de la fin d'Ommadawn part 1, sortie uniquement en 45 tours en France
British Grenardiers de Leslie Penning (vers 1977) - 45 tours de Leslie Penning, dans la veine de Portsmouth, sur lequel la participation de Mike Oldfield n'est pas établie.
Pipe Tune (1977) - Face B du 45 tours Cuckoo Song, thème à la flûte sur des arrangements qui rappellent Incantations.
Wrekorder Wrondo (1977) - titre sorti sur le Maxi 45 tours Take Four, typiquement oldfieldien, dans la veine de ses morceaux folks de l'époque.
Wrekorder Wrondo (extrait)
Sally (1979) - inclus uniquement sur les premiers pressages vinyles de Platinum
I've Got Rythm version live (1979) - Version incluse dans la compilation Impressions, enregistrée le 26 mai 1980 au Southampton Gaumont pendant la tournée 1980 et mixée par Phil Newell en vue d'une sortie en 45 tours qui n'a finalement jamais eu lieu.
Blue Peter "dutch" version (1979) - Version très différente de Blue Peter, incluse sur la compilation Wonderland, sortie uniquement au Bénélux, d'où son surnom donné par des collectionneurs. Note : il existe aussi une version proche de la version originale, avec une fin différente, dite "Refined ending", sortie sur les derniers exemplaires du 45 tours de Blue Peter, suite à des demandes de DJ pour les passages en radio.
Shine (7" version) (1985) - Simple sorti en 1985, la version maxi est incluse dans The Platinum Collection.
The Trap (1985) - Face B du Maxi 45 tours Pictures in the Dark, un thème inquiétant qui n'aurait pas dépareillé sur la B.O. de la Déchirure.
Music for the Video Wall (1987) - Face B du 45 tours Magic Touch, instable et varié comme l'est l'instrumental The Wind Chimes sur Islands.
Cook's Tune (2005) - Disponible en téléchargement aux acquéreurs de Light+Shade sur un site allemand
Prochain volet de la série : les inédits joués en live ou sortis sur des pirates.
A la déficience d'informations succède la surabondance d'informations avec ses effets pervers : dates discordantes selon les sources ou bien anecdotes contradictoires. Malgré le niveau de détail développé ici, les informations gardent donc un petit degré d'incertitude...
Dans l'article précédent de sa biographie, il a été relaté comment la trajectoire de Mike Oldfield a croisé en 1971 celle de la
jeune société Virgin, au Manoir(1), à Shipton-on-Cherwell, près d'Oxford.
La société Virgin Mail Order a été fondée par Richard Branson en 1970, alors que celui-ce n'a que vingt ans. Cette petite structure, où règne un certain esprit hippie, vend des
disques par correspondance à des prix défiant toute concurrence. Le 20 janvier 1971, une grève postale débute au Royaume-Uni. Elle durera 7 semaines. Afin d'assurer la survie de son activité de
vente, Branson ouvre dans l'urgence une boutique "Virgin Records" à Oxford Street. C'est le début d'un réseau de distribution qui va très vite couvrir l'ensemble du Royaume-Uni, et dont
l'image branchée devra beaucoup au talent de Simon Draper, passionné de musique et acheteur chez Virgin.
L'état
d'esprit de Richard Branson est, déjà à cette époque, de développer ses activités par la diversification. Courant 1971, peut-être inspiré par un de ses employés appelé
Tom Newman, il effectue son premier investissement important : l'achat d'un manoir au nord d'Oxford, afin d'y installer un studio-résidence permettant des sessions
d'enregistrement avec hébergement au calme de la campagne. Le Manoir ouvre en novembre 1971 et accueille comme premier groupe The Bonzo Dog Band, qui vient y enregistrer son album Let's Make
Up And Be Friendly. Avant son ouverture officielle et pendant les travaux de câblage du studio, le Manoir avait déjà accueilli le musicien Arthur Lewis, qui venait enregistrer une démo.
Parmi les musiciens embauchés pour les sessions figurait un jeune guitariste de 18 ans appelé Mike Oldfield... l'article
précédent a déjà raconté comment Oldfield avait saisi l'occasion pour remettre une démo d'une oeuvre instrumentale aux ingénieurs du studio, Tom Newman et Simon Heyworth.
En 1972, alors que le Manoir est lancé, Richard Branson et Simon Draper décident de passer à une nouvelle étape du projet Virgin : la création d'une maison de
disques. Le premier disque prévu est au départ un album intitulé Manor Live, qui regroupe des sessions de différents artistes enregistrées au Manoir. Mais Branson et Draper
songent également à donner une nouvelle chance à l'artiste de 19 ans qui leur avait laissé une démo l'année précédente, et pour laquelle Draper n'a trouvé aucune maison de disques intéressée.
Vers août ou septembre 1972, Simon Draper appelle Mike Oldfield chez sa mère à Harold Wood, et lui propose un dîner avec
Branson. Rendez-vous est pris à la deuxième boutique ouverte par Virgin,
située à Notting Hill, et abritant les bureaux de la jeune entreprise. De là, Simon Draper guide Mike en voiture jusqu'à la péniche où réside Richard Branson et son épouse Kristen.
"Et voilà où j'étais, ce guitariste fou, paranoïaque, invité à un dîner sur le bateau de Richard. Je pensais qu'ils m'avaient probablement fait venir juste pour voir à quoi je
ressemblais, et je savais que je devais faire un effort. Intérieurement, je pensais : "que diable fais-je ici ?" [...] Je déteste le poisson, donc bien sûr [Kristen] avait préparé du saumon. Je
me forçais à le manger parce que j'étais trop terrifié de ne pas le faire, et je pense qu'ils m'ont donné un un verre de vin qui a disparu en environ une demi-seconde."
Au cours de ce dîner, Branson et Draper proposent à Oldfield de profiter du studio du Manoir pendant une semaine, afin d'y ré-enregistrer correctement sa musique. Branson demande à Mike Oldfield
de quels instruments il a besoin pour faire un album et Mike déroule une liste d'instruments que l'on retrouve en partie au dos de la pochette de Tubular Bells. On lui indique que la
semaine qui lui est laissée débute au Manoir, à Shipton-on-Cherwell, quinze jours plus tard.
Le Manoir en 2006
La première semaine d'enregistrement
La période où la possibilité est offerte à Mike d'enregistrer son album est un créneau d'une semaine de libre au Manoir entre des sessions d'enregistrement pour John Cale (ex-Velvet Underground)
et pour The Bonzo Dog Band(2). Quand Mike Oldfield arrive au Manoir, il entend la musique de John Cale venant du studio 16 pistes construit dans l'ancienne
écurie.
Il va ensuite poser
ses bagages et sa Fender Telecaster et constate que la grande suite du Manoir, avec salle de bains, lui a été attribuée. Après avoir visité les lieux, il apreçoit les employés de la société
de location d'instruments Maurice Placquet S.A. qui apportent les instruments loués pour sa session et reprennent ceux utilisés par Cale. Parmi ces instruments, se trouvent des
cloches tubulaires(3). Mike se dit qu'elles pourraient bien lui servir. Il s'adresse donc aux employés : Est il possible de les lui laisser ?
Ceux-ci acceptent, précisant qu'elles seront portées sur la facture.
Dans "Mes Virginités", Branson (qui semble prompt à inventer des anecdotes) relate que "la guitare coûtait £35, la guitare espagnole £25, l'ampli Fender £45, la mandoline £15, et le triangle
était au rabais à £1. Les cloches tubulaires coûtaient £20. £20 pour des cloches tubulaires ? dis-je. Elles ont intérêt à en valoir la chandelle."
Il est déjà 5 heures de l'après-midi quand arrivent enfin les ingénieurs du Manoir : Tom Newman, Simon Heyworth, Phil Newell et Dave Hugues. Dans une atmosphère que Mike ressent comme
froide, débute l'enregistrement de l'introduction de l'album sur un piano à queue Steinway. Mike joue l'ensemble de la mélodie au piano, qui dure plusieurs minutes. De premiers overdubs sont
effectués mais le son devient vite une bouillie sonore, Mike, pianiste somme toute moyen, n'étant pas arrivé à maintenir régulier son tempo au piano. Les premières heures de travail de
soldent donc par un échec.
Le deuxième jour, l'équipe s'y prend autrement.
A l'initiative de Simon Heyworth, le battement d'un métronome est transmis à Mike Oldfield par un casque, pendant qu'il joue. La solution s'avère fructueuse et le piano peut être correctement
enregistré, suivi par la basse, puis par la "double speed guitar". Celle-ci correspond à une guitare à la vitesse doublée, et nécessite donc d'enregistrer la guitare électrique avec un
magnétophone ralenti à demi. Après avoir enregistré l'orgue Farfisa, Mike souhaite ajouter un son du type de celui qu'il avait obtenu avec le jouet dont il s'était servi pour sa démo. Cela sera
obtenu avec un glockenspiel (ou carillon), joué par Phil Becque et Mike Oldfield. Becque -qui est un ex-batteur- frappe les lames tandis que Mike stoppe les notes avec ses mains.
Le motif introductif répétitif mène à une première apothéose pour laquelle Mike souhaite un passage à la flûte. Tom Newman passe un coup de fil à John Field (ex-July, ancien groupe de Tom Newman)
et celui-ci vient dans la journée. Dans le passage qui suit une contrebasse est nécessaire et c'est le violoncelliste et contrebassiste Lindsay L. Cooper qui assure la partie (à ne
pas confondre avec la musicienne hautboïste Lindsay Cooper de l'album Hergest Ridge).
Pour la première aopthéose (vers 4:15) et pour l'apothéose suivante (vers 9:15 dans la partie 1), Mike Oldfield souhaite obtenir l'effet d'un accord d'orgue qui "décolle", mais il n'existe pas à
l'époque de boutons sur les orgues pour faire varier la fréquence du son. Les ingénieurs du Manoir proposèrent alors de jouer sur la fréquence des moteurs des magnétophones. L'astuce fut alors
d'enregistrer un long accord d'orgue sur une bande, puis de le lire dans un magnéto et d'accélérer la lecture grâce à un bouton sur un transfo relié au magnétophone. Crédit en fut donné sur la
pochette de Tubular Bells, qui mentionne en septième position le mystérieux "Taped motor drive amplifier organ chord".
Tubular Bells part 1 - (4:14 - 4:45) avec le Taped motor drive amplifier organ chord et le premier coup de cloche tubulaire de
l'album...
Progressivement, Mike Oldfield ressent une adhésion des ingénieurs du Manoir autour de sa musique. L'ambiance se réchauffe jour après jour et Mike développe une complicité particulière avec Tom
Newman, avec qui il s'amuse parfois à lutter sur la pelouse du Manoir. Mike Oldfield apprécie également la présence rassérénante du chien Bootleg, qui est souvent couché sous la table de mixage.
L'enregistrement est également accompagné d'une généreuse consommation de whisky, dans la cave du Manoir ou dans le pub The Jolly Boatman, au bord du canal d'Oxford, à environ un
kilomètre du Manoir.
Le pub The Jolly Boatman aujourd'hui
Peut-être l'endroit où la production de Tubular Bells s'est négociée autour de pintes de
Guinness
Au bout de cette semaine d'enregistrement, Mike Oldfield attaque le final bâti sur une longue ligne de basse, "rapide et difficile", répétée pendant cinq minutes. Voulant apparemment
impressioner quelques personnes du Manoir (parmi lesquelles Jackie Byford, ex-copine de Tom Newman), Mike prend quelques rasades de whisky, enlève son tee-shirt et entame l'enregistrement de la
ligne de basse, sans métronome. "Je m'en fous si mes doigts saignent, je vais aller jusqu'au bout". Après cela, il effectue ses overdubs : la guitare qui double la basse, puis tous les
instruments empilés les uns après les autres. C'est à ce moment là seulement que, d'après lui : "A ce moment, je me suis souvenu des cloches tubulaires qui avaient été laissées après les
sessions de John Cale, et j'ai pensé que ce serait une bonne idée de les placer en final."(4)
Les premières prises avec les cloches tubulaires ne sont pas assez impressionantes pour Mike. Il abandonne donc le maillet traditionnel pour un gros marteau en acier et frappe une cloche d'un
grand coup. Le son est fantastique, mais la cloche reste marquée d'une énorme bosse.
D'après Mike, la soirée est alors déjà bien avancée (vers les onze heures du soir) quand Mike et les ingénieurs du son ouvrent un jeroboam de Guinness et attaquent un premier mixage rapide des 16
pistes, afin de pouvoir livrer une démo à Richard Branson. Le travail dure toute la nuit et Mike part se coucher au petit matin.
La fin d'année 1972
Dans les jours qui suivent, Mike Oldfield reste au Manoir où il est hébergé dans une chambre plus petite. Simon Draper ayant apprécié
l'enregistrement livré par le studio, Richard Branson accepte que Mike demeure encore quelque temps au Manoir et semble-t-il accepte-t-il de même que l'enregistrement soit poursuivi.
Cependant, le studio est loué pour tout l'automne, avec seulement quelques éparses journées de libres. Les sessions suivantes ont donc généralement lieu durant la nuit, et
parfois pendant de rares journées de libre. Simon Heyworth est beaucoup plus impliqué dans ces sessions. Dans Changeling, Mike Oldfield explique qu'il a d'abord
enregistré l'épilogue de la partie 1 (à la guitare acoustique) ainsi que les choeurs avec sa soeur Sally Oldfield et la gestionnaire du manoir Mundy Ellis (par ailleurs compagne de Tom Newman et
ex-compagne de Branson...).
Ce même choeur
féminin pose également ses voix sur les thèmes débutant la deuxième partie de Tubular Bells. Celle-ci se constitua par l'assemblage de morceaux que Mike avait conçu
séparément, mais dont les transitions sont perfectionnées durant les longs moments où Mike ne peut enregistrer. Le début de la partie 2 est un cycle de plusieurs mélodies joué à la
guitare que Mike a travaillé depuis longtemps (la section "Harmonics" sur TB2003). Mike y ajoute un autre morceau de guitare acoustique ("Peace"), qui représente pour lui "un véritable
sancutuaire", un refuge contre ses crises de panique. Sur sa démo de Tubular Bells, la guitare était accompagnée d'un orgue farfisa dont les notes vibraient par le jeu de Mike sur un
curseur de l'orgue(5). Mais Mike ne parvient pas à reconstituer cet essai sur le Farfisa du Manoir (dont le curseur est déficient) et finalement il réalise
l'accompagnement sur un orgue Lowrey, en étant très mécontent du résultat. Cette déception est compensée par la satisfaction qu'il trouve dans les effets qu'il réalise avec les mandolines.
Après cette longue section de guitare acoustique, Mike réalise le passage des "guitares cornemuses" où il joue lui même des percussions avant d'empiler les guitares électriques. Derrière ce
passage, Mike reprend un morceau qu'il avait travaillé en 1969 lorsqu'il jouait avec son frère Terry au sein de Barefeet. C'est le batteur Steve Broughton, que Mike avait fréquemment croisé lors
de ses tournées avec Kevin Ayers, qui vient improviser un jeu de batterie et enregistrer la piste d'accompagnement avec Mike à la
basse. La piste est réussie à la deuxième prise.
La fin de l'enregistrement - février/mars 1973
A ce stade de l'enregistrement, la période de Noël approche, et Mike est contraint de quitter le studio à la demande du groupe canadien qui prend alors possession des lieux pour
enregistrer. Mike Oldfield retourne donc à Harold Wood, chez sa mère, jusqu'à ce que de nouvelles opportunités d'enregistrer au Manoir se présentent, à la fin de l'hiver 1973.
Entretemps, en janvier 1973, Richard Branson s'est rendu au MIDEM, à Cannes, avec une version provisoire d'Opus 1, pour constater que personne ne s'intéresserait à un morceau rock sans batterie
ni paroles. Dés son retour au studio, Mike Oldfield se fait donc harceler par Richard Branson qui réclame plus de batteries et des voix. L'édition 73 du MIDEM aura été plus fructueuse pour le
jeune groupe Queen, qui y décroche son premier contrat, avec la démo de ce qui sera son premier album !
D'après Changeling, Mike relate que c'est après son retour en studio, début 73, qu'il ajoute les parties de piano de la section Caveman, en frappant violemment le clavier comme s'il
donnait des coups de karaté. Puis Mike conclue sa partie 2 par la section "Ambient guitars" en réutilisant un solo de guitare qu'il jouait lors de ses concerts avec Ayers.
Les voix sur Tubular Bells : Vivian Stanshall et l'homme des cavernes
La section "Caveman" demeure cependant inachevée. Il manque toujours un thème ou un instrument principal. A la demande de Branson (cf. ci-dessus), Mike avait bien jeté
quelques paroles sur le papier, mais se sentait bien incapable de chanter. Finalement, après une soirée arrosée de Guinness au Jolly Boatman, Mike décide d'entrer en studio avec une
bouteille de Jameson's dont il prend des rasades. La bande magnétique est ralentie grâce au variateur conçu par les ingénieurs et Mike Oldfield délivre un chant sans doute bien loin de ce
qu'attendait Richard Branson !
Tubular Bells part 2 - Extrait (Mike mettra une semaine à refaire fonctionner ses cordes vocales !)
En dehors du passage intitulé Caveman (l'homme des cavernes), pour lequel l'instrument (vocal) cité est "Piltdown Man" (un équivalent "d'Homme de Néandertal" à ceci près que l'homme de Piltdown
était une supercherie scientifique...), une voix est également ajoutée à la partie 1 de Tubular Bells. La participation de Vivian Stanshall est cependant difficile à situer dans le temps, deux
versions s'opposant quant à sa venue en studio.
La version de Mike Oldfield a toujours été celle de l'intervention de Stanshall à la fin de la première semaine d'enregistrement. Selon Oldfield, le groupe qui a réservé le
studio au terme de la semaine qui lui a été laissée est le Bonzo Dog Band, dont Vivian Stanshall est le leader. Or, toujours selon Oldfield, les Bonzo Dogs seraient arrivés au Manoir pendant
qu'il enregistrait le final. C'est à ce moment que Mike aurait eu l'idée qu'un Maître des cérémonies introduise chacun des instruments de son final.
Simon Heyworth se serait chargé
d'aller solliciter Vivian Stanshall. Oldfield et Stanshall chaussent alors chacun un casque. Mike donne une liste d'instruments à un Stanshall passablement éméché, puis un dernier overdub est
réalisé en une prise, avec Stanshall indiquant les instruments au rythme où Mike les montre du doigt sur la liste : "Grand piano... Reed and pipe organ... Glockenspiel... Bass guitar...
Double speed guitar... Two slightly distorted guitars... Mandolin... Spanish guitar and introducing acoustic guitar... Plus, Tubular Bells !"
Or, la présence des Bonzo Dogs semble étrange, compte tenu des biographies du groupe qui existent sur Internet, en ce qui concerne The Bonzo Dog Band, dont le dernier travail collectif
a bien eu lieu au Manoir mais à la fin 1971 (l'album...). Les sites consacrés au Bonzos ne mentionnent aucun enregistrement à la fin de 1972. A moins qu'il ne s'agisse de sessions précoces de
Vivian Stanshall pour son album solo de 1974 (Men Opening Umbrellas Ahead)...
L'autre version est celle exposée par Al Clark dans le livret du coffret Boxed (1976), corroborées par les informations données par Phil Newell, dans le numéro 24
de Dark Star.
Selon cette version, Vivian Stanshall aurait été invité au Manoir à la toute fin de l'enregistrement d'Opus 1 pour énoncer les noms des instruments, ceci ayant constitué une des réponses à la
demande de Branson de "plus de voix". Dans la foulée de cet enregistrement (ou plutôt après un intermède bien arrosé), Stanshall, Tom Newman et Oldfield auraient enregistré le délire qui
constituait le prélude à Sailor's Hornpipe que Mike avait enregistré afin de conclure son album -il jouait déjà ce morceau pour les rappels lors des concerts avec Kevin Ayers.
Quoiqu'il en soit, il est possible que Mike ait eu l'idée des introductions et/ou du fait d'y convier Stanshall grâce au morceau farfelu des Bonzo Dogs intitulé "The Intro and the Outro"
où Vivian Stanshall présente chaque membre du groupe et son instrument, avant de partir en délire ("John Wayne, xylophone, Général de Gaulle à l'accordéon", etc.)(6).
Enfin, et c'est sans doute le plus important, c'est à la suite des introductions de Stanshall que le titre de "Tubular Bells" s'est imposé comme une évidence pour l'album.
Le mixage
Le mixage définitif de l'album est un moment héroïque de la réalisation de l'album. En effet, les 16 pistes de l'album sont sur-utilisées, au point que des instruments différent se succèdent
sur chacune des pistes, ce qui oblige à des manipulations intenses des 16 niveaux de la table de mixage, pour gérer les quelques 500 sections différentes présentes sur chacune des deux parties de
l'album. Afin de pouvoir gérer les manipulations, Mike Oldfield, Tom Newman et Simon Heyworth se font assister de deux autres ingénieurs du son pour disposer de dix mains sur le pupitre ! Un
tableau récapitulatif et un rouleau de trois mètres de long sont nécessaires pour guider les opérations, pilotées au son de la voix de Tom Newman qui enchaîne les comptes à rebours.
Ces manipulations demandent tellement de répétitions, qu'il faut presque une semaine à l'équipe pour être au point sur les quatre premières minutes de la partie 1. Le mixage nécessite finalement
trois semaines de travail, soit autant que le temps cumulé nécessaire pour l'enregistrement de l'album...
Le mixage est également le moment où se décident beaucoup des effets sonores de l'album (comme on peut également le constater en comparant les différents mixages de Tubular Bells
existant : Vinyle original, Boxed, 1ère édition CD, SACD, etc...). C'est un moment où Tom Newman met beaucoup de lui-même, comme le signale Phil Newell : "Tom était surtout le musicien qui
voyait Mike comme un virtuose, mais considérait qu'il pouvait également introduire ses propres idées. Alors que quand je travaillais avec Mike, il s'agissait plus de lui rendre l'enregitsrement
plus facile afin qu'il puisse se consacrer à l'interprétation sans avoir a trop se concentrer sur la technique, donc nous étions très différent."
Parfois, des conflits éclatent entre Oldfield et Newman sur la façon de produire l'album.
Tubular Bells part 1 - Cloche solitaire
"Il y avait la cloche solitaire sur la face une quand ça fait "dong, dong".
Il y avait une pelletée d'autres musiques tournant autour d'elle dans la partie 1, et j'ai pensé que ça serait plus sympa si ça faisait comme la cloche de brume d'un bateau dans le brouillard.
Nous avons donc eu un moment où nous tirions tous les faders comme cela il n'y avait plus que ça, et en ajoutant de l'écho, cela donnait l'impression d'être à une très grande distance. C'était
mon idée. Mais j'ai du me battre pour l'obtenir car Michael avait une idée différente sur ça. Habituellement, je suggérais des choses qui étaient exagérées, en partie parce que j'étais animé par
ce sens du filmique." Tom Newman, cité dans The Making of Tubular Bells

Tom Newman au pupitre
Devant le nombre de sources et la difficulté d'en faire une bonne synthèse (et une rédaction légère), l'article sera probablement fréquemment retouché, amendé et complété durant les
mois de septembre et d'octobre.
Sources :
- Mike Oldfield - Changeling
- Richard Branson - Mes Virginités
- Richard Newman - The Making of Tubular Bells
- Phil Newell, entretiens dans les numéros 24 et 25 de Dark Star
- Al Clark - Livret du coffret Boxed
Notes
(1) The Manor est repris dans sa traduction française du Manoir.
(2) La présence de John Cale semble correspondre à l'enregistrement de son deuxième album solo The Academy in Peril. La présence des Bonzo Dogs à l'automne
1972 est plus étonnante -voir le chapitre sur Vivian Stanshall dans la suite de l'article.
(3) Elles semblent avoir été utilisées par John Cale dans 3 Orchestral pieces où on entend faiblement quelque chose qui ressemble a des cloches. Cale a
enregistré deux autres morceaux au Manoir : Brahms et Intro (l'introduction de Days of Steam).
(4) les cloches tubulaires ont déjà été jouées sur la partie 1 vers 4 mn 30.
(5) Les deux démos du morceau "Peace" s'achèvent toutes les deux par un thème abandonné dans Tubular Bells mais repris dans Amarok pour la section
nommée "Diddlibom"
(6) Sur l'album Gorilla des Bonzo Dog Band - extrait : "Like to introduce `Legs' Larry Smith, drums / And Sam Spoons, rhythm pole / And Vernon Dudley
Bohay-Nowell, bass guitar / And Neil Innes, piano. / Come in Rodney Slater on the saxophone / With Roger Ruskin Spear on tenor sax. / I, Vivian Stanshall, trumpet. / Say hello to big
John Wayne, xylophone / And Robert Morley, guitar. / Billy Butlin, spoons. / And looking very relaxed, Adolf Hitler on vibes. Nice! / Princess Anne on sousaphone. Mmm. / Introducing
Liberace, clarinet / With Garner "Ted" Armstrong on vocals...
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Mike Oldfield, compositeur, guitariste, et multi-instrumentiste britannique est
l'objet de ce blog, où je viens ajouter, une à deux fois par mois, une bribe de 
