Jeudi 26 avril 2007

Dans la lignée des articles thématiques sur Mike Oldfield (ses maisons, studios, etc.), voici la première mouture d'un sujet qui me tient très à coeur : ses guitares. L'article se base sur une très vaste série d'articles, de débats de fans et d'interviews, et nombre des infos ici présentées seront encore complétées et améliorées au fil des semaines. Le sujet est d'autant plus ardu que je ne suis pas musicien moi-même. Vos commentaires et critiques sont les bienvenus !


 

Mike Oldfield détient une vaste collection d'instruments. Rien que sur le plan des instruments à cordes, Mike possède ou a possédé une quarantaine de guitares acoustiques et électriques, et plus encore si on prend en compte les guitares basses et les autres mandolines, banjo, bouzouki, etc. Ces nombreux instruments sont listés sur la page "instruments" du site tubular.net.

 

Lors de son déménagement de Chalfont St. Giles à la région de Bristol, au début de 2006, Mike a mis en vente une dizaine de ses instruments. L'émoi a été très vif chez les fans, les débats vifs et le bonheur intense chez les quelques uns qui ont pu ainsi acheter une guitare du musicien... d'autant qu'Oldfield a vendu, parmi ces guitares, quelques pièces emblématiques de sa carrière.

Rappelons-nous des quelques guitares électriques qui ont eu sa préférence au cours de sa carrière musicale.

 

 

La Fender Telecaster

 Oldfield1Tele.jpg

Mike Oldfield a fait l'acquisition de sa Fender Telecaster en 1969, lorsqu'il a formé le groupe de rock Barefeet avec son frère Terry. Cette Telecaster Blonde 1966 avait auparavant appartenu au musicien britannique Marc Bolan (1947-1977), du groupe T-Rex.

La Fender Telecaster (surnommée "Tele") a été conçue par Leo Fender dans les années quarante. C'est l'une des premières guitares électriques à corps plein (solid-body, c'est-à-dire dans caisse de résonance acoustique). Elle a été produite et commercialisée à partir de la fin 1950, d'abord sous le nom d' Esquire puis de Broadcaster (après quelques ajustements) et enfin sous le nom de Telecaster. Elle a un son très clair et claquant, et a été utilisé par des guitaristes tels que Keith Richards (The Rolling Stones), Steve Howe (Yes), Andy Summers (Police) ou Jonny Greenwood (Radiohead).

Cette guitare a marqué les premières oeuvres de Mike Oldfield. C'est la seule guitare utilisée dans l'album Tubular Bells, et sans doute aussi dans Hergest Ridge. C'est encore une des principales guitares d'Ommadawn et d'Incantations. Son usage est moins connu ensuite, Mike l'a sans doute utilisée jusqu'à ce qu'il s'équipe en Stratocasters, vers 82-83. Mike Oldfield a réutilisé cette guitare lorsqu'il a enregistré Tubular Bells 2003, mais en ajoutant cette fois les autres guitares électriques de sa collection.

La Telecaster faisait partie des dix guitares que Mike Oldfield a mis en vente en 2006, mais le prix de réserve n'a pas été atteint. Elle a été de nouveau mise au enchères au profit de l'oeuvre caritative de Mike (Sane) au moment de la parution de son autobiographie Changeling en mai 2007, mais de nouveau sans trouver preneur. 

 

 

Les Gibson (Les Paul) SG Junior

 Oldfield2SG.gif

Mike Oldfield a acheté une Gibson de forme "SG" (une Gibson SG/Les Paul Junior Type II de 1966) après Tubular Bells. Cette guitare a été volée au Beacon avec d'autres instruments pendant qu'il travaillait sur Ommadawn. Mike Oldfield a alors acquis une Gibson SG/Les Paul Junior de 1962, et s'en est abondamment servi dans l'album Ommadawn. C'est cette guitare qui aurait été utilisée pour les solos de la fin de la partie 1 et de la partie 2. Eclipsée ensuite par une autre guitare de marque Gibson, de 1977 à 1980, cette guitare est revenue au premier plan dans les albums des années 80, notamment QE2 et Five Miles Out. C'est la guitare utilisée de bout en bout par Mike Oldfield dans son concert à Montreux en 1981.

C'est une guitare remarquablement légère, que Gibson a produit à partir de 1961 pour relancer ses ventes de guitares, le modèle phare représenté par la Gibson Les Paul étant alors en perte de vitesse. La découpe du corps de la guitare, avec ses deux échancrures (faisant saillir deux "cornes"), permet un accès plus aisé aux dernières frettes. Le modèle a été légèrement modifié au niveau du manche en 1966 ("type II").

Détrônée comme guitare-phare de Mike par la PRS à la fin des années 80 (bien qu'utilisée encore sur Tubular Bells II), cette guitare faisait partie des 10 guitares mises en vente par Mike. Elle a été acquise par un fan vivant en Suisse.

Mike possédait également une autre SG Junior modifiée (avec un micro MIDI et plus de prises) surnommée "Gibsynth" et qui aurait été utilisée au début des années 80, par exemple sur le solo de Shine.

 

 

La Gibson L6S Deluxe

 OldfieldL6S.gif

Dans les photographies où Mike pose au milieu de ses instruments dans son manoir de Througham en 1976, on reconnaît sa Telecaster, sa SG Junior mais aussi une Gibson Custom noire (dite Black Beauty) qu'on verra très peu souvent par la quite. Dans l'année qui suit, Mike Oldfield acquiert une nouvelle guitare du manufacturier Gibson, une Gibson Les Paul L6-S qui sera sa guitare principale sur les albums Incantations et Platinum, de même que dans les tournées de 1979 (Exposed) et 1980 (Platinum Tour et Knebworth). C'est une guitare qui a 24 frettes (contre 22 pour la SG Junior) et on entend Mike les utiliser toutes dans la partie 3 d'Incantations, notamment. La L6-S utilisée lors de la tournée 1980 est un modèle Blonde 2 Humbucker customisé par le luthier A.C. Zemaitis en 1980, que l'on reconnaît à sa plaque argentée (Merci à  J. pour sa correction).

A l'époque (1980), Mike décrit la L6-S comme sa guitare favorite : "J'ai tendance à utiliser la touche en entier (toutes les frettes) et j'ai essayé de trouver une guitare impeccable jusqu'en haut, la L6S est bonne, mais pas aussi bonne que je le voudrais. Je pense que je devrais vraiment prendre une E335, maintenant elles sont vraiment bien accordées. Mais j'aime le manche de la L6S, sa forme est comme il faut et, pour moi, c'est un des aspects les plus importants, les micros ne sont pas si bons mais c'est compensé par les amplis, ils rendent n'importe quoi correct."

La Gibson Les Paul a été créée au début des années cinquante par le guitariste de jazz Les Paul pour Gibson Guitar Corporation, pour concurrencer la Fender Telecaster, dans un contexte d'engouement général pour les guitares électriques. La guitare a la forme d'une guitare acoustique, avec une seule échancrure en bas pour favoriser l'accès de la main gauche aux dernières cases les plus aigues (une forme qui rappelle la Telecaster, en plus arrondi). Le modèle L6-S, spécifique avec ses 24 frettes, n'a été produit qu'entre 1972 et 1979, la variante Deluxe n'ayant été produite qu'en 3500 exemplaires.

Mike Oldfield a également eu une Gibson Les Paul TV Model 1957 (vendue en 2006) ainsi qu'une Les Paul Special ivory 1959, mais on ne sait pas s'il en a fait usage de façon significative. Il a également acheté une E335 à l'époque de Tubular Bells 2.

Après 1980, il semble que cette guitare ait été détrônée par le retour de la SG Junior dans les faveurs du guitariste.

 

 

Les Fender Stratocaster    

 

StratFiestaRed.gif

Mike Oldfield possède plusieurs "strats". La (les) première(s) est achetée vers 1982 et est utilisée sur l'album Crises (on l'entend par exemple en intro de Shadow on the Wall). Lorsqu'il tourne la vidéo de "Moonlight Shadow", Mike possède au moins une stratocaster de finition dite "Sunburst". Dans ses passages télés, on le voit également avec une strat de finition bleue et une autre blanche et verte. Mais sa stratocaster préférée est le modèle de 1962 (ou 1961) qu'il a acheté en 1983 ou 1984, apparemment entre la sortie de "Moonlight Shadow" et l'enregistrement de Discovery. Un article consacré à cette guitare est accessible ici. Réputée comme étant sa guitare favorite, elle a finalement été mise en vente à son tour en décembre 2007.

Légère sur le plan de la maniabilité et polyvalente au niveau sonore, la stratocaster est sans doute la guitare électrique la plus emblématique par sa forme, avec des deux échancrures asymétriques. La forme a été conçue en 1953, inspirée par celle de la basse Fender Precision (Mike Joue d'une Fender Precision dans le livé télé BBC Second House de 1973). Cette guitare a été popularisée en Europe par Hank Marvin des Shadows, qui jouait justement d'un modèle de finition Fiesta Red, Fender ayant eu la bonne idée d'introduire de nouveaux coloris vifs dans ses modèles de guitares. 

 

 

Les PRS (Paul Reed Smith)

OldfieldPRS.gif 

 

Si sa strat rose saumon reste sa guitare favorite, la guitare que Mike utilise le plus depuis presque vingt ans est sa PRS Custom faite sur mesure par Paul Reed Smith.

Paul Reed Smith (né en 1956) est un luthier américain spécialisé dans les modèles hauts de gamme, et est devenu connu quand Carlos Santana a adopté une de ses guitares.

Mike Oldfield a acquis cette guitare en 1988 ou 1989, et s'en est abondamment servi à partir d'Earth Moving ;elle est très largement utilisée sur Amarok et il semble que ce soit la seule guitare sur Heaven's Open. Elle marque le passage de Mike a des sonorités très adoucies.

Mike a possédé plusieurs modèles, dont un avec un micro MIDI qui a servi à faire la guitare "saxophone" sur Tres Lunas et qui a été vendue en 2006.

Il possède toujours son modèle custom fait sur mesure, qui a été mise en avant dans tous ses concerts des années 90, et encore récemment lors de la tournée Night of the Proms en Allemagne et Espagne.

 

 


 

Les guitares mises en vente par Mike Oldfield en février 2006 : 

  • Fender Telecaster 1967 (Only electric used on Tubular Bells) £POA -pas encore vendue-
  • Fender Precision 1960 Frets taken out to be fretless £2295
  • Gibson Les Paul Junior 1957 TV Yellow Modified £2995 -vendue à un fan écossais-
  • Gibson Les Paul Jnr SG Shape 1961 £2695  -vendue à un fan suisse-
  • Gibson Les Paul Jnr SG Shape 1963 Heavily modified £1395  -vendue à un fan anglais-
  • PRS Custom 24 GK Pickup £1950  -vendue à un fan anglais-
  • Martin D28-12 1973 12 String Acoustic £1695  -vendue à un fan allemand-
  • Taylor K22 Custom Small Bdied Koa Aoustic £2400  -vendue à un fan-
  • Ramirez Flamenco Guitar 1975 Cyprus / Cedar £1350  -vendue à un fan anglais-
  • Ovation Adamas 1621 Redburst £POA  -vendue à un fan espagnol-
  • Deering 5 String Banjo Intermediate £995
  • John Le Voi Handmade Bouzouki £750
  • Wal 4 String Bass £1195

Les guitares mises en vente par Mike Oldfield en décembre 2007 : 

  • Fender 1961 Stratocaster Salmon Pink £POA -
  • MJV Mandolin £POA
  • Ramirez Short Scale Classical 1999  £POA -
Samedi 7 avril 2007

Après l'article général sur les maisons de Mike Oldfield, voici un article qui s'intéresse de façon plus particulière à la résidence que Mike Oldfield s'était fait construire sur l'île méditerranéenne d'Ibiza et dans laquelle il a habité de 1996 à 1998, avant de la vendre à Noel Gallagher (d'Oasis).

Traduction de la version anglaise disponible sur tubular.net et la page de Patrick Wigful par ND - Cette version anglaise est peut-être une traduction d'un article en allemand ? 

Symphonie de Bois et Pierre

Gala n°39, 19 septembre 1996

 

Le rêve d'un homme : une maison pour l'harmonie et les notes. Ajoutez à ça le soleil et la mer sur la côte d'Ibiza. Voici l'endroit où veut habiter et composer le célèbre musicien pop Mike Oldfield.

La griffe Oldfield : beaucoup de bois, des angles arrondis et un souffle du monde ancien.

   

 Les pêcheurs d'Ibiza croient qu'ils peuvent entendre le son des sirènes et qu'une lumière verte magique brille du fond de l'océan les nuits de pleines lunes. La légende dit que c'est ici qu'Ulysse a résisté aux funestes sirènes...

Mike Oldfield a un faible pour ces sirènes - finalement le loisir de tous les musiciens - Mike Oldfield croit aux mythes parce que son architecte a trouvé une amphore antique de valeur avec une pièce vieille d'un siècle à l'intérieur, pendant qu'il plongeait au fond de la mer en face de sa nouveau maison à Ibiza.

Mike Oldfield na pas prêté attention aux pubs et aux habitués de boîtes de nuits, alors qu'il cherchait cet endroit merveilleux sur la côte sud-ouest de l'île des Baléares.  Il veut vivre une vie agréable et détendue. Il est riche, après son succès 'Tubular Bells' en 1973 et des succès en single tels que 'Moonlight Shadow' et 'Shadow On The Wall'. Grâce à sa réussite, aujourd'hui il peut commencer une nouvelle tranche de sa vie sous les rayons du soleil et sans aucune pression de travail avec ses 43 ans.

 

Il lui a été facile de dire au revoir à sa vie d'avant en Angleterre et à Malibu, à cause du climat si ensoleillé et des baies romantiques d'Ibiza. Mike dit : "le climat en Angleterre est  précisément épouvantable et j'ai aussi été déçu par le sud de la Californie. La Paifique est si froid que personne ne s'y baigne." Maintenant il a trouvé un lieu pour sa maison, qui est directement situé sur l'océan, où il est possible d'aller nager pendant un long été.

La nouvelle maison, dans son style typique de l'île, a été dessinée par lui-même sur son ordinateur. Pendant les deux ans de construction, il a pu s'y promener virtuellement. De la même façon, la piscine avec le bassin pour les enfants a été créée sur écran avec l'aide de son plus jeune fils Noah Daniel pour terminer le projet.

 

 

Avant que le château en espagne ne soit construit, il était nécessaire de préparer la pente raide près d'Es Cubells. Un investissement qui valait la peine. Aucun voisin en vue, une vue fantastique sur l'océan et une plage privée.

En roulant sur la route, il est presque impossible de voir la maison, parce que la maison se fond parfaitement dans le milieu naturel de l'île. A l'intérieur de la maison, Mike a fait attention à ce qu'aucun angle aigu ne gâche l'impression d'harmonie. Tous les angles de la maison, les fenêtres, les meubles et les niches sont arrondis. Une maison des beaux arts, imaginative comme ses chansons.

Qui plus est, Mike a fait attention à n'utiliser que des matériaux ayant au moins cent ans. Les énormes poutres proviennent d'une cave à vin italienne et les portes en bois sont celles d'un monastère en Espagne.

  Mike vit déjà ici avec sa compagne munichoise Miriam, âgée de 26 ans, mais pour le moment il est incapable de composer, car de nombreuses parties de son studio sont toujours dans sa vieille maison près de Londres. Sa soeur Sally Oldfield utilise toujours ce studio pour finir son nouvel album. Après quelques semaines, si le studio qui sera construit en pierre est terminé, le reste de son vieux studio sera envoyé de Londres à Ibiza.

Pour le moment il n'a pas encore décidé s'il doit vendre sa vieille propriété en Angleterre et s'installer à Ibiza pour toujours. Mais vivre pour toujours sous le crachin froid d'Angleterre, ce n'est pas la passion d'un "voyageur" comme Mike Oldfield. il veut voir l'océan.

 

Dimanche 1 avril 2007

Bien que la date puisse inciter à le croire, cette histoire de lion n'est pas un poisson d'avril !

 

Autour de 1976, à l'époque où Mike Oldfield habitait l'immense manoir de Througham Slad, dans la campagne du Gloucestershire, un jeune lion nommé Clyde a été hébergé quelque temps dans la maison de Mike.

Ce lion, né en captivité au zoo d'Edimbourg, avait environ un an et il était prévu de le relâcher dans la nature en Afrique. Avant ce voyage, il a séjourné à Througham, où il était gardé dans une cour close du manoir.

 

Phil Newell, qui a travaillé sur plusieurs disques de Mike Oldfield, et qui travaillait sur Boxed en 1976, a conservé un souvenir douloureux de cet animal, ainsi qu'il l'a rapporté à Dark Star dans un entretien publié en 2003. Phil Newell, qui avait l'habitude des lévriers d'Irlande du Manor (les fameux Irish wolfhounds, les plus grands chiens du monde), pensait tout savoir des gros animaux. Il a pourtant déchanté un jour, alors qu'il était assis sur une chaise à Througham : Clyde, qui était à ses côtés, a juste posé une patte sur lui et l'a secoué comme une brindille.

Plus marquant, un jour où Newell avait ouvert la fenêtre de la cuisine de Througham Slad (donnant sur la cour close), il s'est retrouvé avec le lion lui sautant dessus avant d'avoir eu le temps de comprendre ce qui lui arrivait. Newell s'est alors souvenu des recommandations de la personne chargée de garder le lion quand il n'était pas enfermé : dans ces cas-là, il faut frapper le lion sur le nez et lui crier dessus. Phil Newell réussit alors à faire reculer le lion, juste le temps que d'autres personnes (y compris le gardien du lion) arrivent ! Pendant quelques années, Phil Newell a conservé des cicatrices à l'épaule et sur la poitrine en souvenir de cet épisode.

 

 


 Pour lire quelques autres extraits de l'entretien (en anglais) avec Phil Newell pour Dark Star, cliquer ici.

 

Mardi 27 mars 2007

Reflection est un film du British Arts Council de Lawrence Moore, réalisé avec un petit budget entre 1976 et 1978.

Mike Oldfield a été sollicité pour réaliser la musique du documentaire en 1976 par le musicien Alan Hacker, père de la compagne de Mike à cette époque (d'après la biographie de Peter Evans "Music from the Darkness").

 

"Reflection était l'idée de Keith Critchlow, architecte et spécialiste en géométrie sacrée. Le film explore les relations entre l'espace et les formes dans le monde végétal, minéral et animal et montre comment ces principes ont guidé les bâtisseurs de temples. Les séquences comprennent des reconstitutions visuelles de l'oeuvre de Theodor Schwenk sur les effets qu'ont des vibrations de différents types sur les matériaux et des séquences sur les motifs astro-archéologiques et les motfs géométriques dans des cercles de pierre tels que Stonehenge et Moel-ty-Ucha aux Pays de Galles.
L'oeuvre de Keith à Chartres ouvrait de nouvelles perspectives et montrait les relations spatiales inhérentes à la structure de la cathédrale, en se concentrant en particulier sur le Labyrinthe et la rosace occidentale. Une séquence finale montre ses trois enfants suivant le Labyrinthe sur un morceau de musique extraordinairement émouvant composé par Mike Oldfield et joué par lui et Alan Hacker."

(Tiré de http://www.earthrod.co.uk/pastprod.html)

 

On trouve dans cette musique les morceaux "Portsmouth" et "First Excursion" (inclus en 1976 dans le coffret Boxed), des versions alternatives d'Ommadawn, et surtout des morceaux qui seront ultérieurement inclus dans Incantations et qui permettent de connaître l'avancement de cette oeuvre à la fin 1976 (date à laquelle les morceaux pour le film auraient été livrés par Oldfield).

Vers la fin du documentaire se trouve ce morceau décrit comme "extraordinairement émouvant " intitulé "Making Way", qui n'a pas été conservé sous cette forme dans Incantations (un passage similaire est présent dans la partie 4). Mike Oldfield y chante quelque chose qui ressemble à Make Way - Make Way for the strange ones - this way... - Make Way for the Strange Ones, this way the old ones.. Lawrence Moore, interrogé sur ce que Mike voulait y dire, a déclaré ceci au fanzine Airborne : "Je pense que ça reflète ses propres sentiments sur là où il voulait aller à cette époque et "Making Way" est lié à l'idée du Labyrinthe (de la cathédrale de Chartres) lui-même".

 

Ce tableau posté par EeToN en octobre 2005 sur le forum de tubular.net récapitule le contenu de la bande sonore du film.

"alt." signifie "alternatif" et signale une version différente.

"?" indique des morceaux inconnus (càd restés inédits et non adaptés dans d'autres albums)

Début/fin Titre Disque officiel contenant le morceau Section
01. 00:06 - 01:15 The Path Face B de Shine (1986) 00:00 - 01:10
02. 01:28 - 06:08 First Excursion Boxed (1976) 00:00 - 04:44
03. 08:16 - 10:49 ? -  
04.

10:49 - 11:19

? -  
05.

11:51 - 13:34

Ommadawn Pt. 1 (alt.) Ommadawn (1975) 00:38 - 01:15 / 03:12 - 04:10
06. 14:24 - 15:50 Platinum Pt. 2 (alt.) Platinum (1979) 04:14 - 04:38
07. 16:07 - 17:30 ? -  
08. 18:07 - 19:27 Ommadawn Pt. 1 (alt.) Ommadawn (1975) 08:17 - 09:00
09. 20:53 - 22:49 Incantations Pt. 4 (alt.) Incantations (1978) 00:00 - 01:43 / 14:00 - 14:20
10. 23:03 - 24:52 Woodhenge Platinum (1979) 00:00 - 02:08                  
11.

26:06 - 28:56

Incantations Pt. 4 (alt.) Incantations (1978)  12:37 - 14:40
12. 30:46 - 31:57 Incantations Pt. 4 (alt.) Incantations (1978) 12:17 - 13:34
13. 32:47 - 35:30 Incantations Pt. 4 (alt.) Incantations (1978) 13:19 - 14:40
14. 36:07 - 38:14 ? -  
15. 39:28 - 40:14 ? -  
16. 40:23 - 41:49 ? -  
17.

41:40 - 45:01

Incantations Pt. 3 (alt.) Incantations (1978) 02:12 - 04:18
18. 45:08 - 50:10 "First Incantation"    
19. 49:30 - 51:20 The Path Face B de Shine (1986) 00:00 - 01:44
20. 51:09 - 54:00 Making Way Incantations (1978) 08:06 - 08:46
21. 54:03 - 55:23 Portsmouth                             Boxed (1976) 00:00 - 01:20
22.

55:25 - 57:09      

Chartres Maze -  
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lundi 26 mars 2007

Le 7 mai 1979, Mike Oldfield conclue une tournée européenne à Manchester, au cours de laquelle il a joué Tubular Bells, Incantations et son dernier single, "Guilty", avec un groupe de 53 musiciens ! Musicalement un triomphe, la tournée est un désastre financier, en particulier pour Mike Oldfield qui doit assumer lui-même une partie des pertes, et se retrouve au bord de la banqueroute. Au printemps 79, il est donc urgent pour Mike Oldfield et Virgin de sortir de nouveaux disques.

Avant même la sortie d'un album live (Exposed sortira en juillet 1979), Mike Oldfield commence donc à travailler sur un nouvel album solo. Rompant avec ses habitudes, Mike Oldfield s'entoure de nombreux musiciens, y compris pour des instruments dont il ne déléguait pas jusqu'alors les partitions : basse, claviers. Mike rappelle également son vieux compère Tom Newman, pour produire l'album en collaboration avec l'ingénieur du son Kurt Munkacsi(1). Les enregistrements sont effectués à New York, The Manor, Througham et Denham.

 

Pour construire cet album, Mike Oldfield reprend deux morceaux qu'il avait composés en 1976 et qu'il avait inclus dans la bande originale du documentaire "Reflection"(2).

L'un est repris tel quel : c'est "Woodhenge", morceau brumeux et étrange qui rappelle Incantations, l'album de l'année précédente. La jeune femme chargée des relations publiques chez Virgin dont Mike est fou amoureux depuis fin 1978, Sally Cooper, y joue les cloches tubulaires que l'on entend à la fin du morceau. Le morceau constitue probablement la partie de l'album enregistrée à Thougham, où Mike habite jusqu'à l'été 1979. On peut même supposer qu'en dehors des cloches tubulaires, le reste du morceau est effectivement l'enregistrement datant de 1976.

L'autre morceau que Mike reprend est au contraire totalement retravaillé. Une mélodie langoureuse que Mike jouait au piano dans "Reflection" est reprise avec un tempo rapide sur la guitare électrique et devient la fin du morceau "Platinum" (avant et après les "doo wap" chantés). Pour le motif principal du même morceau, Mike fabrique de nouveau une mélodie basée sur des gammes, telles qu'il les faisaient déjà à la guitare électrique, dans des morceaux tels que "First Excursion" et "Incantations part 3". Il semble qu'il ait surtout développé ce type de composition sur sa guitare favorite de l'époque, la Gibson L6S (que l'on voit dans le live Exposed). Là aussi, s'il reprend ces gammes, c'est les accélérant considérablement pour parvenir au thème principal de "Platinum" : "dadadada-dadada"...

 

Mike Oldfield insère ces deux morceaux sur chacune des deux faces de l'album que Mike compte appeler Airborn, et qu'il construit d'une nouvelle manière : les séquences y sont plus individualisées qu'avant, et seul un thème y est récurrent (et pas pour longtemps) ; seuls des enchaînements mixés assurent une forme de continuité sur l'ensemble de l'album ; la plupart des morceaux sont marqués par la présence de la batterie, les rythmiques rock et disco(3) ayant déjà été introduites dans "Guilty" fin 1978 et dans l'interprétation live de Tubular Bells au printemps 1979.

 

Le morceau "Platinum" s'insère dans un enchaînement de quatre autres morceaux courts réunis sous ce même titre.

- il est précédé de l'ouverture "Airborne "("aéroporté"), un instrumental comprenant plusieurs mélodies, dont une, que l'on entend de 3:25 à 3:50, sera reprise pour un autre morceau du disque. Le titre "Airborne" fait référence à la passion de Mike pour l'aviation, d'ailleurs une des raisons de son déménagement à Denham dans le courant de l'année (voir l'article qui évoque l'aérodrome de denham). Dans les toutes premières mesures du disque, on entend une voix murmurer ce qui semble être "Platinum" -la nature du mot prononcé a fait l'objet de débats entre fans sur les forums ;

- le deuxième morceau, "Platinum", est suivi de "Charleston" qui est (comme son nom l'indique) un charleston, c'est à dire une danse très en vogue aux Etats-Unis et à New York dans l'entre-deux guerres. Le rythme a été popularisé en 1923 grâce un morceau du pianiste James P. Johnson appelé "The Charleston", auquel le morceau de Mike Oldfield ressemble un peu ; d'après le Mike Oldfield Reference Guide, la fameuse ligne de basse qui conclut la part 1 de Tubular Bells est reprise dans "Charleston" (à 2:07).

- cette première face est conclue par le morceau "North Star / Platinum Finale", où Mike développe un crescendo sur une base répétitive comme il le faisait couramment à l'époque. Cette base répétitive est reprise du morceau North Star(4) de Philip Glass, où deux femmes psalmodiaient  des "I.A.O."  en une forme de canon virevoltant. Mike reprend la mélodie à la guitare puis avec des choeurs. Retravaillé par David Bedford, ce choeur est ici massif et sert d'apothéose à l'instrumental de la face 1.

 

Bien que les quatre morceaux soient bien différents les uns des autres, une production homogène et une tonalité générale disco-rock confèrent une unité à l'ensemble. C'est sans doute cette partie de l'album qui a été enregistrée à New York avec Kurt Munkacsi au pupitre et plusieurs musiciens de studio new yorkais cités sur la pochette : le batteur Alan Schwartzberg et les bassistes Neil Jason et Francisco Centeno.

 

La deuxième face de l'album est constituée d'un enchaînement de trois morceaux suivi par une chanson isolée. L'assemblage hétéroclite que constituent les trois premiers morceaux n'est pas présenté sous un titre unique.

- Le morceau "Woodhenge", déjà évoqué, se fond dans la chanson "Sally" (morceau disparu des éditions actuelles), chantée au vocoder par Sally Cooper et Mike Oldfield. La mélodie de Sally reprend celle entendue dans le morceau Airborne (3:25 à 3:50). Les paroles sont une déclaration d'amour de Mike à Sally : "Sally, I'm just a Gorilla, I'll say I'll love you ever more". La chanson se termine par une envolée de guitare échevelée et très aigue qui mène tout naturellement au solo de guitare puissant servant de transition/d'introduction au morceau suivant ; ce solo est, comme "Platinum", dans la lignée de ces gammes que construit Mike sur sa Gibson L6-S. On y entend d'ailleurs un passage d'Incantions (part 3, à 3'54), ainsi qu'une esquisse du  thème de "Sally", qui aurait donc du être le fil rouge de cet album...

- "Punkadiddle", comprendre Punk-a-diddle, littérallement "le punk (est) une arnaque" est la réponse de Mike au mouvement punk qui avait ringardisé et dénigré les musiciens progressifs et hippies, dont Mike était une des incarnations les plus évidentes. La rancoeur de Mike était de plus décuplée par le fait que Richard Branson avait signé les Sex Pistols en 1977 pour sortir Virgin d'une image trop spécialisée "hippie" (Oldfield, Gong, Tangerine Dream...) en dépensant pour cela les bénéfices gagnés grâce aux ventes de ... Mike Oldfield ! "Punkadiddle" pose, sur une rythmique très typique des groupes punks de l'époque, une petite gigue folklo jouée sur le synthé Roland SH-2000 typique de Mike à cette époque ("Blue Peter", Incantations, la rareté "Passed You By"...).

 

Les trois morceaux enchaînés sur la face 2 forment un tout un peu plus hétérogène. Ils sont joués par des musiciens qui ont, pour la plupart, déjà accompagnés Mike Oldfield dans sa tournée du début 1979 : ainsi Pete Lemer (claviers), Pierre Moerlen (batterie) et son acolyte de Gong le bassiste Hansford Rowe. Parmi les musiciens se trouve également le batteur écossais Morris Pert, qui débute ici une collaboration de trois ans avec Mike. 

 

Ces trois morceaux enchaînés sont suivi d'un épilogue sous forme d'une chanson isolée, une habitude que Mike avait déjà prise avec "The Sailor's Hornpipe" (Tubular Bells) ou "On Horseback" (Ommadawn).

Pour cette chanson, il fait appel à une chanteuse qu'il vient de découvrir dans un pub de Chelmsford (Essex, à proximité de la maison qu'habitait la famille Oldfield en 1973... un lien ?) et qu'il recrute via son frère Terry. La toute jeune Wendy Roberts se trouve ainsi convoquée à Denham (la nouvelle maison de Mike) en septembre 79, et enregistre "I Got Rythm", une reprise d'une chanson classique/jazz de George Gershwin, restructurée par Mike en slow.

 

Virgin refusant d'intituler l'album Airborn comme Mike l'aurait souhaité, ce dernier se rabat sur Platinum (platine), en partie pour plaisanter ("Mike Oldfield obtient un disque de platine"), mais aussi "parce que c'est un adorable métal étrange, lourd et s'alliant comme le plomb". 

L'album terminé part en pressage et, alors qu'il est trop tard pour retenir les 30.000 premiers exemplaires, Richard Branson fait savoir à Mike Oldfield qu'il ne veut pas de la chanson "Sally", qu'il estime trop loufoque et trop médiocre. Mike, qui compte alors sur le soutien de Virgin pour développer sa promotion aux U.S.A. (l'enregistrement à New York et l'inclusion d'un Charleston allaient dans le même sens), accepte de remplacer la chanson.

 

Il compose alors rapidement une nouvelle chanson avec Nico Ramsden, le second guitariste de la tournée 1979. C'est sans doute pour cette composition que Ramsden est crédité sur l'album pour des claviers et non pour de la guitare, comme on pourrait s'y attendre en voyant son nom. La chanson, s'insérant entre "Woodhenge" et "Punkadiddle", reprend le tempo de Sally (l'intro reste la même), mais développe une autre mélodie et de nouveaux textes. C'est "Into Wonderland". Wendy Roberts est rappelée pour chanter cette nouvelle chanson, enregistrée à Denham vers octobre ou novembre 1979.

L'album lui-même sort le 23 novembre 1979. Le changement de la liste des morceaux crée une certaine confusion, et nombreuses sont les éditions qui listent "Sally" mais contiennent "Into Wonderland". De même, toutes les éditions CD continuent à mentionner "Sally" alors que ce titre est une rareté, disponible sur seulement 30.000 exemplaires en vinyle et sur quelques bootlegs CD. Enfin, sur les vinyles, le découpage des pistes (l'espacement des sillons) soudait le solo de guitare à "Into Wonderland" et non à "Punkadiddle"...

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La pochette est l'oeuvre de Trevor Key (le créateur de la pochette de Tubular Bells et de la forme de la cloche courbée). Comme souvent, la réduction au format CD et le grossissement du lettrage ont amoindri la qualité d'une des plus belles pochettes de 33 tours de Mike, de même qu'ont disparu les photos de Mike, 26 ans, de la pochette intérieure.

Sur l'une des faces de la pochette intérieure, on voit Mike de face, avec le regard droit dans l'objectif du photographe. D'après Sean Moraghan, auteur d'une biographie de Mike Oldfield, ce regard serait typique de Mike Oldfield dans la période 1978-79, après sa thérapie de 1978 (l'Erhard Seminars Training ou EST). Il aurait ainsi mis plusieurs journalistes mal à l'aise lors d'interviews en les fixant de la sorte pendant la conversation...

 

 

L'album connaîtra une édition différente pour sa sortie américaine. "Woodhenge" est remplacée par "Guilty", et un deuxième disque contenant Tubular Bells en live est ajouté. Le double album ainsi constitué est renommé Airborn et est décoré d'une pochette différente.

 

 

Platinum est un album électrique, rock, rythmé (la batterie est présente sur quasiment tout les morceaux). Le style des morceaux est simple, il se rapproche plus des petits morceaux folks que Mike avait enregistré ça et là dans les années 70 que des grands instrumentaux complexes et angoissés d'avant 1979. Il en ressort donc le sentiment d'une oeuvre plus lumineuse et positive. Pourtant, les inspirations sont de la même période que celles d'Incantations. L'écoute de la version primitive du deuxième thème de "Platinum" sur "Reflection" montre bien comment un même thème peut, selon son traitement, avoit le style d'Incantations ou de Platinum. C'est donc un album qui illustre bien la transition de Mike Oldfield de sa période progressive/symphonique à sa période pop/rock instrumentale.

 

C'est un album de Mike Oldfield facilement accessible, ce qui en fait une introduction possible à sa discographie. Nettement moins produit et arrangé que d'autres, il a une spontanéïté très "live" et, en cela, il n'est pas spécialement représentatif d'Oldfield. Mais il fait la part belle à ses guitares et à son inspiration folk-rock caractéristique. 

 

Ma cotation pour cet album : 9/10

 


 Notes :

(1) Kurt Munkacsi avait déjà enregistré "Guilty" pour Mike Oldfield en décembre 1978 à New York. C'est également un collaborateur de longue date de Philip Glass, dont il est l'ingénieur du son privilégié.

(2) Le documentaire "Reflection" a une bande son signée Mike Oldfield. Celle-ci comprend des versions alternatives de passages d'Ommadawn et des versions précoces de plusieurs passages d'Incantations, de même que les morceaux "Woodhenge" et "The Path". Elle comprend en outre quelques morceaux toujours inédits à ce jour.

(3) Le disco est à la mode en 1979. Quelques repères disco : 1976 - A Love Trilogy de Donna Summer et Giorgio Moroder ; 1977 - Stayin' Alive des Bee Gees ; 1978 - les tubes cultissimes I Will Survive de Gloiria Gaynor, Le Freak de Chic et Born to be Alive de Patrick Hernandez ; 1979 - Voulez-Vous de ABBA ; 1979 - Disco-very de Electric Light Orchestra.

(4) North Star est un album de Philip Glass, produit par Philip Glass et Kurt Munkacsi, et sorti chez Virgin en 1977. C'est également le titre du premier morceau de l'album, où deux voix féminines vocalisent des "I.A.O." de façon répétitive.

Mike Oldfield

Mike-1978.jpgMike Oldfield, compositeur, guitariste, et multi-instrumentiste britannique est l'objet de ce blog, où je viens ajouter, une à deux fois par mois, une bribe de biographie ou  quelques informations sur sa riche discographie.

Flash infos

19/03/08Music of the Spheres, le nouvel album de Mike Oldfield est sorti le 17 mars 2008 et un titre inédit, Spheres, a été commercialisé en téléchargement le 3 mars. Les premières réactions autour de cet album sont plutôt positives.

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