Dans son édition du 22 juin 2003, le journal britannique S:2 (Sunday Express) consacre sa rubrique "Me and my record collection" à Mike Oldfield.
Entretien avec Chris Goodman. Traduction amateur : ND.
Mike Oldfield tâte affectueusement le vinyle qu’il vient de redécouvrir dans son grenier. Parmi des centaines, il a choisi ses 10 préférés, qui ont tous imprégné le chef d’œuvre qu’il a revisité maintenant pour la quatrième fois avec un ré-enregistrement complet pour Tubular Bells 2003. Oldfield a également donné des mentions spéciales à la symphonie n°5 de Mahler «un morceau de musique pour donner le cafard» ; Fairport Convention, «j’ai débuté en jouant de la musique folk», Wishbone Ash, «nous avons fait des tournées dans le circuit des collèges ensemble» ; et Robert Wyatt «du punk rock avec finesse». Ne vous attendez pas aux Sex Pistols…
1 GEORGE HARRISON All things must pass (1970)
Ca m’a aidé à traverser ma première et pire dépression autour de 1970/1971, quand j’avais 17 ans. J’étais dans le groupe de l’ex-Soft machine Kevin Ayers et nous parcourions sans cesse l’autoroute M1 et l’Allemagne. J’ai commencé à avoir ces crises de paniques épouvantables et je ne pouvais plus fonctionner. J’écoutais alors le morceau-titre. Je me répétais que tout allait passer.
2 THE OVALTINEYS Sing your all time favourites (c. 1950)
J’ai grandi à cette époque, ou un peu après (Oldfield est né en 1953) et j’ai toujours essayé de demander des choses sur Children’s favourites sur Light Programme (note : une station de radio de la BBC). Il y a une adorable naïveté autour de cette époque –quand les enfants étaient gentils. Probablement ma première initiation à la musique.
3 LA 5E SYMPHONIE DE BEETHOVEN Philharmonique de Berlin, Herbert von Karajan (1971)
Je devais avoir 8 ou 9 ans la première fois que j’ai entendu de la musique classique et j’ai été enthousiasmé par ce qu’un orchestre pouvait faire. Ca a beaucoup influencé Tubular Bells, pas spécialement ce morceau mais c’est le premier que j’ai entendu. Personne ne peut oublier ce «pom pom pom pom» – tellement superbe.
4 RAVI SHANKAR Portrait of a Genius (1965)
La sorte d’album que vous écoutez avec vos amis quand vous avez 14 ans et que quelque un vous a donné une cigarette curieuse. J’aime le tablâ parce que je déteste les batteries. Mais le tablâ est si délicat, vous le tapotez comme avec des ailes d’oiseaux. Superbe. Pour ce qui est du titre, c’était une époque avant qu'il y ait les critiques rock et on pouvait se le permettre.
5 KEVIN AYERS Whatevershebringwesing (1971)
J’étais assis au studio 2 à Abbey Road et personne d’autre n’arrivait, j’ai commencé à faire les overdubs tout seul. J’ai posé des bouts de percussion, de guitare rythmique, de basse, quelques solos de guitares et j’ai fait chanter les chœurs par le personnel de la cantine. Kevin est arrivé et n’était pas très impressionné, mais ils ont fini par utiliser ma version de toute façon. C’était donc le premier morceau que j’ai jamais fait par moi-même. Tout cela parce que personne n’était venu.
6 BILLY PIGG The Border Minstrel (1971)
J’ai toujours voulu jouer de la cornemuse mais il faut pour ça être un écossais costaud avec une bouche énorme. Un jour, j’ai entendu parler de ces petites cornemuses northumbriennes. J’ai passé une année complète à la fin des années 70 à apprendre à en jouer. A la fin je pouvais jouer une paire de mélodies – c’était sacrément difficile. Billy Pigg est le Jimi Hendrix des cornemuses northumbriennes.
7 CREAM Wheels of Fire (1968)
C’est fantastique la musique que ces 3 musiciens étaient capables de faire. La façon dont Eric Clapton a joué sur ces morceaux est incroyable. Je suppose qu’il s’est calmé plus tard, mais à cette époque, il jouait comme un démon. On dirait que les groupes actuels n’ont pas pu aller au bout du livre de Bert Weedon « Apprendre à jouer en un jour » . Ca semble tellement désuet d’être bon dans le monde de la musique pop.
8 TRAFFIC Traffic (1968)
Quand je faisais Tubular Bells au Manoir, Winwood habitait un peu plus loin dans la rue et il lui arrivait de venir. C’était du genre « Wow, Steve Winwood ». Je suis allé à sa maison une paire de fois. C’était ma première rencontre avec une star du rock.
9 FAURE Requiem (1962)
C’est ma troisième dépression nerveuse. Je me suis immergé dans la musique religieuse. Ca m’a gardé sain d’esprit après Tubular Bells quand les critiques m’ont attaqué. Mes parents ont essayé de m’élever en catholique mais je n’appartiens pas à une religion. Mais le monde semble quelque part divin, trop magnifique pour être un accident. De la même façon, certains aspects sont trop horribles pour que le monde soit un accident.
10 MIKE OLDFIELD Tubular Bells 2003 (2003)
Tout ce que j’ai appris de ces disques est devenu le Tubular Bells original. Il me fascine d’une certaine façon. Je voulais fouiller dedans à nouveau et trouver ce qui était si bon dedans. Je ne réflechissais pas, à cette époque, je ne faisais que jouer.
Dans un article antérieur, j'ai indiqué comment Mike Oldfield avait souvent changé de maison au cours de sa carrière. Dès 1974, Mike Oldfield a disposé d'un studio à domicile. Ceux-ci nous sont connus par d'innombrables photographies, car c'est là, en général, que Mike semble se prêter aux interviews et séances de pose. Après les extérieurs, voici donc les intérieurs...
The Manor
Les deux premiers albums n'ont pas été enregistré chez Mike mais au studio-résidence The Manor, propriété de Virgin. Après avoir ouvert une chaîne de magasins de disques en Grande-Bretagne, Richard Branson avait en effet investi dans ce qui lui semblait être un concept porteur : un studio permettant l'hébergement des musiciens. C'est ensuite (avec Mike Oldfield) qu'il se lancera dans la publication de disques.
Mike Oldfield a enregistré au Manor la totalité de Tubular Bells et d'Hergest Ridge, ainsi que les percussions africaines d'Ommadawn. Il y a aussi enregistré une partie de Platinum.
The Beacon
C'est là que Mike habite de l'automne 1973 à l'été 1975 et installe son premier studio (voir cet article). Il y compose Hergest Ridge (la crête "Hergest" se trouve en effet dans les alentours), et y enregistre Ommadawn. Le studio se trouve en haut d'une pente raide, ce qui n' a pas été sans problème pour l'acheminement du matériel et notamment du piano. Mike a vendu The Beacon en 1976 et a laissé le piano aux nouveaux propriétaires qui en ont fait un "Bed&Breakfast" -sans doute équivalent d'une chambre d'hôte- (le piano n'y était plus d'après ceux qui ont pu y séjourner). Entre deux, Sally Oldfield aurait habité au Beacon, et aurait converti le studio (la pièce du bas) en deux pièces séparées. En juin 2006, le Beacon a été vendu de nouveau et je ne sais pas s'il abrite toujours un Bed & Breakfast.
Througham Slad
Mike y emménage à l'automne 1975 (Karl Dallas écrit un article sur sa maison en octobre) mais le studio n'est pas encore complètement installé au début de 1976. Argiers et Portsmouth, enregistrés alors avec Leslie Penning, nécessitent le renfort du matériel du Manor Mobile. Le studio est emménagé dans la grange, est c'est sans doute ce vaste volume qui a décicé Mike a acheter cette propriété : il souhaite en effet pouvoir travailler avec un petit orchestre. Cela donnera Incantations. On voit le petit studio en mezzanine, caractérisé par sa petite fenêtre ronde. C'est là également que Mike Oldfield est filmé pour le reportage "The Making of Blue Peter", où on le voit enregistrer Blue Peter. Il y enregistre aussi une partie de Platinum (sans doute Woodhenge et Punkadiddle).

Little Halings, Denham
Mike y emménage au cours de l'année 1979 (septembre, peut-être avant) et y termine Platinum (sans doute "Into Wonderland", ajouté dans l'urgence à la demande de Richard Branson). Le studio est décrit dans un article de 1983. Il comprend une partie "claire" carrelée et une partie douce avec liège, moquette et tapis. Il y enregistre QE2, Five Miles Out, Crises, sans doute des parties de "The Killing Fields" et "Pictures in the Dark". Maggie Reilly (et son fiancé) est logée un temps dans un appartement situé en dessous du studio, de façon à répondre au pied levé aux besoins d'enregsitrement de Mike Oldfield (apparemment Mike travaille souvent comme cela avec ses collaborateurs). C'est là que Mike Oldfield installe ses premiers équipements vidéo (avec lesquels il réalise le clip de Pictures in the Dark, à bases de prises de vue d'Aled Jones et d'Anita Hergerland réalisées dans ses studios).

Le Caribou, Villars-sur-Ollon (Suisse)
Mike y passe une partie de l'année 1984, afin d'échapper aux impôts sur les revenus (ses revenus ayant été très important en 1983, avec le succès de Crises et de Moonlight Shadow). Il y enregistre Discovery avec un plan de travail étudié : ski le matin, enregsitrement l'après-midi.


Mégève et Saint-Paul de Vence (Alpes Maritimes)
Pas d'informations sur un éventuel studio dans la propriété française de Mike Oldfield, mais il est possible que ce soit là que Mike ait travaillé sur "The Wind Chimes" avec Pierre Moerlen (Mègève) et Simon Phillips (Anita Hegerland rapporte qu'elle a de bons souvenirs de Phillips lorsqu'il venait travailler sur ce morceau à Saint-Paul de Vence, et à l'époque Mike n'avait plus de maison en Angleterre).
Roughwood studios, Chalfont St. Giles
Mike s'y installe en 1988 avec Anita Hergerland. Il y réalise ses trois derniers albums pour Virgin ainsi que ses démos pour Tubular Bells 2 avec Tom Newman. Après avoir vécu en Californie, il y revient réaliser les vidéos de The Songs of Distant Earth et y réalise Voyager avant de partir vivre aux Baléares. Il y revient de nouveau en 1998 pour y terminer Tubular Bells 3 et y a depuis réalisé tous ses albums jusqu'à Light + Shade, de même que ses jeux multimédia MVR et Maestro.
Plan du studio
Mike devant ses claviers (Fruity Loops ?) dans la partie de son studio en pentagone
Tockington
Mike Oldfield a déménagé en 2006 et s'est installé à 15 kilomètres de Bristol, près des Cornouailles anglaises, une région paraît-il prisée par les vedettes anglaises (comme Peter Gabriel...). Son nouveau studio a été au centre d'une interview pour le site http://www.recordproduction.com/ . Il y a composé son dernier album, dont la sortie est prévue pour mars 2008. Il a quitté cette nouvelle résidence à la fin de 2007 pour s'installer une nouvelle fois en Espagne.
Je sais que je suis un peu en avance sur le printemps, mais le printemps est lui-même pas mal en
avance, non ? Une période plus chargée m'a empêché de fêter la première année de ce blog le 27 février 2007. Je me rattrape ici avec quelques nouvelles fraîches.
Le prochain gros évènement est,
comme cela est annoncé depuis un an, la sortie de l'autobiographie de Mike Oldfield, coécrite avec Jon Collins et intitulée "Changeling". Une date précise de parution est donnée depuis quelques
semaines, c'est le 10 mai 2007, soit dans trois mois. L'ouvrage sera en anglais (une fiche est déjà visible sur amazon.co.uk) et une traduction allemande d'une part et espagnole d'autre part est envisagée, compte tenu du succès que
connaît toujours Mike Oldfield dans ces deux pays. L'ouvrage m'amènera certainement à revoir les articles biographiques
publiés sur ce blog, d'autant que "Changeling" semble focalisée sur les années de jeunesse de Mike, autour de Tubular Bells
en particulier...
Le magazine britannique Resolution
Magazine a publié une interview de Mike Oldfield dans son dernier numéro et des photos, ainsi qu'un extrait vidéo de l'interview sur son site web. Mike Oldfield y parle de l'avancement de son prochain projet, dont il avait déjà parlé il y a un an. Il déclare travailler sur une pièce pour orchestre symphonique, piano et guitare classique. Il jouera lui-même de
ces deux derniers instruments. Le thème de l'oeuvre sera basé sur le culte celte ancien dont a dérivé Halloween (La "All Hallow Eve" ou "Samain" avait déjà inspiré Loreena McKennitt en 1991).
Mike Oldfield est au stade de la démo, et est en pourparler avec Karl Jenkins (Soft machine, Adiemus) pour collaborer sur ce projet. Il envisage de l'enregistrer en un lieu spécial, comme Abbey Road (le recours à un orchestre ne va pas en effet lui permettre un enregistrement à domicile comme il avait l'habitude de la faire... voir l'article à paraître sur ce blog lundi prochain...). Un concert serait prévu lors de la sortie du disque.
Dans une autre interview parue en mars dans le quotidien espagnol (alacantinois) Diario Información, Mike précise : "Je suis en train d’étudier la possibilité de jouer dans les capitales européennes, y compris l’Espagne à la fin de 2007." On pourrait donc pronostiquer une parution d'album à l'approche de de novembre 2007, soit vers la date de Hallowe'en/Samain le 31 octobre/1er novembre... et dès la rentrée prochaine, surveiller d'éventuelles dates de concert !
Mise à jour 22 avril 2007
Le journal britannique Mail On Sunday vient de confirmer que le prochain album de Mike Oldfield ("pour choeur et orchestre") sortira en octobre 2007 chez Universal
Classics.
Mise à jour 16 mai 2007
Dans un entretien pour This is
London paru aujourd'hui, Mike a annoncé que son projet en cours s'intitule Music of the Spheres (harmonie des
sphères, concept pythagoricien qui veut que l'univers soit régi par des principes harmonieux en lien avec l'harmonie au sens musical).
Une des raisons de la grande variété de l'oeuvre musicale de Mike Oldfield est sans doute une forme d'instabilité chronique de Mike. En dehors de cette instabilité musicale, Mike a également été instable dans d'autres domaines : son entourage professionnel, ses guitares, sa vie familiale, mais aussi ses lieux de vie.
Mike Oldfield a souvent changé de maison dans sa vie. A partir de son troisième album, 'Ommadawn' (1975), il a aussi enregistré ses albums chez lui, ce qui permet de suivre ses déménagements en lisant les mentions sur les studios au dos des pochettes de disque !
Petit tour d'horizon des lieux ou à vécu le musicien :
1953 : Mike oldfield naît au Battle Hospital à Reading (Berkshire), entre Londres et Oxford, où il passe toute son enfance, d'abord à Monks Way, dans une maison jumelée, puis après 1956 dans un pavillon à Western Elms Avenue, dans un quartier aisé près du centre de la ville.
1966 : la famille Oldfield s'installe à l'est de Londres, à Redden Court Road dans la commune d'Harold Wood (Essex).
1970 : Mike Oldfield, âgé de 17 ans, s'installe chez sa copine du moment à Pimlico, dans le centre de Londres. La relation n'est pas très
longue, mais Mike reste encore quelque temps ensuite dans l'appartement (une colocation). A l'époque, il est bassiste dans le groupe de Kevin Ayers.
1971 : après une vie semi-nomade à effectuer des tournées pour Kevin Ayers, Mike demeure quelque temps dans un appartement près de Seven Sisters Road à Tottenham (quartier
populaire du nord de Londres) où il enregistre sa démo de "Tubular Bells". Il retourne également fréquemment chez ses parents, dans l'Essex.
1972 : Mike réside à partir de novembre au studio/résidence "The Manor" à Shipton-on-Cherwell (Oxfordshire) afin de pouvoir enregistrer "Tubular Bells" quand le studio d'enregistrement est inoccupé.
1973 : après l'enregistrement de "Tubular Bells", Mike Oldfield est hebergé
temporairement dans la péniche de Richard Branson (le patron de Virgin), à Little Venice, près de Notting Hill et d'Abbey Road, à Londres.
A l'automne 1973, Mike Oldfield fait l'acquisition d'une maison dans les environs de Kington, dans un coin retiré du Herefordshire, aux frontières du pays de Galles. Cette maison est appelée "The Beacon" (le Phare), et est située en haut d'un coteau, ce qui n'est pas sans poser problème pour l'acheminement des instruments de musique, comme le piano.... La maison est également à proximité d'une crète nommée "Hergest Ridge" et du mur d'Offa. Mike Oldfield y compose "Hergest Ridge", qui sera enregistré au Manor et y compose et enregistre "Ommadawn" en 1975. La maison est évoquée dans ce passage de l'autobiographie de Mike Oldfield.
A la fin de 1975, Mike s'installe au manoir Througham Slad, dans le village de Througham près de Bisley (Gloucestershire), où il aménage un grand studio dans une grange. C'est là que sont prises les photos du coffret Boxed. La maison est partiellement décrite dans cet article. Mike Oldfield y enregistre "Incantations" et une partie de "Platinum".
Througham Slad
En 1979, Mike déménage à Little Halings, Tilehouse Lane à Denham (Buckinghamshire), pour se rapprocher de Londres et d'un aérodrome où il peut assouvir sa nouvelle passion pour l'aviation. Il s'y fait construire un nouveau studio, connu par cet article. Il y enregistre une partie de "Platinum", ainsi que les albums "QE2", "Five Miles Out" et "Crises".
Mike, Sally Cooper tenant Molly, devant la maison de Denham, 1980
Mike devant sa maison de Denham, en 1982
En 1984, Mike Oldfield vit une petite année d'évasion fiscale en Suisse, dans un chalet nommé "le Caribou", à Villars-sur-Ollon (Vaud), où il enregistre "Discovery". Egalement dans les années 80, Mike réside occasionnellement en France, à Saint-Paul-de-Vence, où il a (avait ?) une propriété.
"Recorded in the Swiss Alps at 2000 metres within sight of Lake Geneva on sunny days"
En 1986, Mike Oldfield se sépare de Sally Cooper, mais lui laisse la maison de Denham pour qu'elle puisse y vivre avec leurs trois enfants. Mike Oldfield, qui forme un nouveau couple avec Anita Hegerland, vit quelque temps en France : à Mégève (où Pierre Moerlen vient enregistrer les vibraphones d'"Islands"), à Saint-Paul de Vence (où il donne encore des interviews en 1989) puis de nouveau au Royaume-Uni à Marlow (20 km à l'ouest de Denham), où il loue une maison.
En 1988, Mike Oldfield s'installe à Roughwood Croft, dans Nightingales Lane à Chalfont St. Giles (Buckinghamshire), à 10 km de son ancienne maison de Denham. Il peut ainsi voir régulièrement ses enfants les week-end.
Mike et Fanny devant la maison de Chalfont St. Giles en 1999
En 1992, Mike s'installe à Los Angeles, dans les collines d'Hollywood, au moment de l'enregistrement et de la sortie de "Tubular Bells 2" et de la
composition de "The Songs of Distant Earth", dans une maison qu'il aurait achetée, ou bien vendue selon les versions, à John
Cleese, ex-Monty Python, qui deviendra onze ans après le Master of Ceremonies de "Tubular Bells 2003".
En 1994, Mike revient à Chalfont St. Giles, et songe à se faire construire la maison de
ses rêves. Il trouve un terrain à Ibiza.
En 1997, Mike achève sa villa "Atlantis" au prix de £2 millions à Es Cubells sur la Mer Méditerrannée, en vue de l'île de Vedra, que l'on voit sur la pochette de l'album "Voyager". Il a également eu auparavant une maison à Majorque, autre île des Baléares. Pendant la construction de la maison, il a logé dans un hôtel appelé Las Brisas de Ibiza.
C'est là qu'il compose et enregistre une partie de "Tubular Bells 3", avant de battre en retraite dans sa maison anglaise de Chalfont St. Giles, après ses délires espagnols, en 1998. La maison d'Ibiza sera finalement vendue à Noel Gallagher, du groupe Oasis. Noel Gallagher a récemment gagné un procès contre Mike, suite à la découverte de problèmes d'instabilité du terrain d'Ibiza.
2006 : un article du Mail On Sunday indique que Mike est retourné dans le Gloucestershire, dans une propriété du 19e siècle où il vit avec son épouse française, ses chiens et ses chevaux, à Tockington, au bord de la Severn. Des fans anglais ont confirmé avoir vu sa maison de Chalfont St. Giles en travaux.
2007 : deux articles parus en octobre dans This is London et The Sunday Times portent sur le départ de Mike Oldfield pour l'Espagne. La maison de
Tockington a été mise en vente. Il semble que Mike se dirige de nouveau vers les Iles Baléares.
Pérégrinations
Récapitulatif :
1 - Reading, Berkshire
2 - Harold Wood, Essex
3 - Londres (Pimlico, Tottenham et Little Venice)
4 - The Manor, Shipton-on-Cherwell, Oxfordshire
5 - Kington, Herefordshire
6 - Througham, Gloucestershire
7 - Denham, Buckinghamshire
8 - Chalfont St Giles, Buckinghamshire
9 - Tockington, Gloucestershire Sud
Voir ici l'article associé sur les studios de Mike Oldfield.
En 1966, Kevin Ayers (chanteur et bassiste) fonde le groupe de rock psychédélique Soft Machine avec le chanteur et batteur Robert Wyatt, le guitariste Daevid Allen et le claviériste Mike Ratledge(1). En 1969, Kevin Ayers, en désaccord avec l’évolution jazzy de Soft Machine, quitte le groupe pour écrire ses propres chansons et enregistrer un album solo, Joy of a Toy. Un compositeur lui est recommandé pour travailler les arrangements orchestraux du disque : David Bedford. Bedford a alors 32 ans, et Ayers 25.
Au début de 1970, Kevin Ayers
recrute des musiciens pour pouvoir jouer les chansons de son album en concert. C’est tout naturellement qu’il conserve les services de David Bedford aux claviers. Il recrute ensuite le
saxophoniste Lol Coxhill (37 ans), puis le batteur Mick Fincher. Cependant, comme Kevin Ayers souhaite tenir la guitare, il lui manque un bassiste. Il fait donc passer une annonce dans le
Melody Maker. En février 1970, chez EMI à Manchester Square, le groupe auditionne, un adolescent de 16 ans 1/2, un certain Mike Oldfield, qui s'avère brillant à la
basse (2). Mike est donc recruté à son tour et rejoint cette troupe de musiciens baptisée The Whole World ("le monde entier").
Le groupe entame alors des
prestations scéniques des chansons de Joy of a Toy. Kevin Ayers encourage l’improvisation et la fantaisie. Repérant le talent de Mike Oldfield à la guitare, il laisse ce dernier prendre
occasionnellement le rôle de guitariste lors des spectacles, mais le confine malgré tout au rôle de bassiste lorsqu’il enregistre un nouvel album en juin 1970, Shooting at the Moon (le
disque sort en octobre 1970 et sera le seul sorti sous le nom "Kevin Ayers and the Whole World"). Mike Oldfield joue de la guitare sur la seule chanson Lunatics Lament et sur
l'instrumental Pisser dans un Violon.
Sean Moraghan, auteur d'une biographie de Mike Oldfield, considère que les audaces musicales de cet album (variété de styles, enchaînements, répétitions…), qu’il attribue notamment à David Bedford, auront une grande influence sur le style de Mike Oldfield dans ses premiers albums.
Au sein du groupe, David Bedford se rapproche de Mike, chez qui il admire les talents de musicien. Il parle souvent de musique classique avec lui, notamment pendant tous les temps morts qui existent durant les interminables tournées du groupe. Kevin Ayers prend également le jeune musicien sous son aile et l'initie à la consommation du vin.
Mick Fincher, David Bedford, Lol Coxhill, Mike Oldfield et Kevin Ayers
En juillet 1970, Mick Fincher est remplacé par un nouveau batteur, Dave Dufort, mais revient cependant tenir la batterie sur un 45 tours enregistré par Ayers en septembre, Butterfly Dance / Stars, sur lequel Mike se voit déjà confier plus de parties de guitare. A l’automne, le groupe reprend les tournées pour plusieurs mois. La tension au sein du groupe s’accroît, notamment du fait de Mike Oldfield qui souhaite de plus en plus d’indépendance musicale dans le groupe. Les tournées sont souvent chaotiques, marquées par l’alcool.
Pendant ces tournées, quelques musiciens
parviennent à mener à bien des projets solos. David Bedford compose The Garden of Love en août 1970, qu'il interprète avec le Whole World en concert, mais qu'il n'enregistrera
jamais en album. Lol Coxhill sortira son album Ear of the Beholder en 1971 sur le label de John Peel, Dandelion. Le disque rassemble des morceaux au saxophone, des chansons des années
30 ou 40 travaillées avec Bedford, telles que Pretty Little Girl, Two Little Pigeons et Don Alfonso, et enfin trois morceaux du Whole
World, Vorblifa-Exit, A Collective Improvisation et The Rythmic Hooker.
En mars 1971, Mike Oldfield et David Bedford participent à un album de Edgar Broughton Band (groupe hippie qui houe du hard rock, de la même maison de disques que
The Whole World, EMI). Mike joue de la mandoline sur Thinking of You. Toujours selon Sean Moraghan, cette prise de contact de Mike avec le hard rock va également influencer Mike
Oldfield.
En avril 1971, Mike Oldfield menace Kevin Ayers de quitter le groupe et pose des conditions pour rester : Ayers doit arrêter de boire, ne plus jouer de guitare et virer Lol Coxhill. Il faut croire que le talent de Mike Oldfield est alors déjà indispensable à Ayers, puisque ce dernier accepte l'ultimatum. Le Whole World est dissout, est un groupe est reconstitué de façon moins officielle, autour de Mike Oldfield et de David Bedford. Les nouveaux venus sont Andy Robertson (bassiste) et William Murray (batteur), ce dernier étant un ami de Terry Oldfield.
Kevin Ayers, Mike Oldfield, William Murray, David Bedford (en arrière) et (incertain) Andy Robertson
Mike Oldfield crée de nouveaux arrangements pour les chansons de Kevin Ayers, et introduit parfois des idées qu'il rassemble pour un grand instrumental dont il a l'idée... Selon Moraghan, l’esprit original qu’Ayers voulait insuffler à son groupe n’étant plus présent, Kevin Ayers met fin à l'aventure de cette nouvelle incarnation du Whole World en juillet 1971(3). Selon David Bedford, le groupe prend fin suite à un accident de moto de Bedford et du départ de Mike Oldfield, qui souhaite se consacrer à ses propres compositions. Kevin Ayers aurait alors poursuivi ses tournées avec un nouveau groupe constitué de Zoot Money aux claviers, Ollie Halsall à la guitare et Archie Leggett à la basse, sans doute avec le nom de Whole World.
A ce moment, les musiciens vivent ensemble dans un appartement à Tottenham, quartier populaire à forte population immigrée de Londres. Kevin Ayers prête un magnétophone stéréo Beocord Bang & Olufsen à Mike Oldfield et celui-ci commence à rassembler ses idées musicales et à enregistrer une instrumental en solo. Ce sera Tubular bells.
Notes :
(1) : Daevid Allen sera ensuite un membre du groupe Gong. Mike Ratledge va poursuivre Soft Machine, notamment avec Karl Jenkins. Ces deux musiciens vont accompagner Mike en 1973 pour Tubular Bells dans l'émission BBC 2nd House. Il connaîtront le succès en 1995 avec le disque Adiemus sur lesquel chante Miriam Stockley... chanteuse pour Mike en 1999 !
(2) : Mike Oldfield n'est pourtant qu'un débutant à la basse ! Selon Sean Moraghan, l'audition a lieu juste après (le lendemain) de la dissolution de Barefeet, le groupe de Mike et Terry Oldfield.
(3) : Ces musiciens seront néanmoins rappelés par Kevin Ayers pour l'accompagner sur l'enregistrement de son album solo Whatevershebringwesing vers octobre 1971. William Murray travaillera encore avec Mike Oldfield en 1975 (Ommadawn) et 1990 (Amarok).
Sources :
Sean Moraghan : Mike Oldfield, A Man and his Music
Deux entretiens avec David Bedford, disponibles en anglais ici et ici.
Mike Oldfield, compositeur, guitariste, et multi-instrumentiste britannique est
l'objet de ce blog, où je viens ajouter, une à deux fois par mois, une bribe de 
