Mike Oldfield

Mike-1978.jpgMike Oldfield, compositeur, guitariste, et multi-instrumentiste britannique est l'objet de ce blog, où je viens ajouter, une à deux fois par mois, une bribe de biographie ou  quelques informations sur sa riche discographie.

Flash infos

27/04/2010 : Les rééditions de Hergest Ridge et Ommadawn par Mercury sont prévues le 7 juin 2010. Certaines éditions contiendront de nouveaux mixages et des inédits. Plus de détails (en anglais) sur http://www.mikeoldfieldofficial.com/

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Lundi 26 mars 2007 1 26 /03 /2007 08:00

Le 7 mai 1979, Mike Oldfield conclue une tournée européenne à Manchester, au cours de laquelle il a joué Tubular Bells, Incantations et son dernier single, "Guilty", avec un groupe de 53 musiciens ! Musicalement un triomphe, la tournée est un désastre financier, en particulier pour Mike Oldfield qui doit assumer lui-même une partie des pertes, et se retrouve au bord de la banqueroute. Au printemps 79, il est donc urgent pour Mike Oldfield et Virgin de sortir de nouveaux disques.

Avant même la sortie d'un album live (Exposed sortira en juillet 1979), Mike Oldfield commence donc à travailler sur un nouvel album solo. Rompant avec ses habitudes, Mike Oldfield s'entoure de nombreux musiciens, y compris pour des instruments dont il ne déléguait pas jusqu'alors les partitions : basse, claviers. Mike rappelle également son vieux compère Tom Newman, pour produire l'album en collaboration avec l'ingénieur du son Kurt Munkacsi(1). Les enregistrements sont effectués à New York, The Manor, Througham et Denham.

 

Pour construire cet album, Mike Oldfield reprend deux morceaux qu'il avait composés en 1976 et qu'il avait inclus dans la bande originale du documentaire "Reflection"(2).

L'un est repris tel quel : c'est "Woodhenge", morceau brumeux et étrange qui rappelle Incantations, l'album de l'année précédente. La jeune femme chargée des relations publiques chez Virgin dont Mike est fou amoureux depuis fin 1978, Sally Cooper, y joue les cloches tubulaires que l'on entend à la fin du morceau. Le morceau constitue probablement la partie de l'album enregistrée à Thougham, où Mike habite jusqu'à l'été 1979. On peut même supposer qu'en dehors des cloches tubulaires, le reste du morceau est effectivement l'enregistrement datant de 1976.

L'autre morceau que Mike reprend est au contraire totalement retravaillé. Une mélodie langoureuse que Mike jouait au piano dans "Reflection" est reprise avec un tempo rapide sur la guitare électrique et devient la fin du morceau "Platinum" (avant et après les "doo wap" chantés). Pour le motif principal du même morceau, Mike fabrique de nouveau une mélodie basée sur des gammes, telles qu'il les faisaient déjà à la guitare électrique, dans des morceaux tels que "First Excursion" et "Incantations part 3". Il semble qu'il ait surtout développé ce type de composition sur sa guitare favorite de l'époque, la Gibson L6S (que l'on voit dans le live Exposed). Là aussi, s'il reprend ces gammes, c'est les accélérant considérablement pour parvenir au thème principal de "Platinum" : "dadadada-dadada"...

 

Mike Oldfield insère ces deux morceaux sur chacune des deux faces de l'album que Mike compte appeler Airborn, et qu'il construit d'une nouvelle manière : les séquences y sont plus individualisées qu'avant, et seul un thème y est récurrent (et pas pour longtemps) ; seuls des enchaînements mixés assurent une forme de continuité sur l'ensemble de l'album ; la plupart des morceaux sont marqués par la présence de la batterie, les rythmiques rock et disco(3) ayant déjà été introduites dans "Guilty" fin 1978 et dans l'interprétation live de Tubular Bells au printemps 1979.

 

Le morceau "Platinum" s'insère dans un enchaînement de quatre autres morceaux courts réunis sous ce même titre.

- il est précédé de l'ouverture "Airborne "("aéroporté"), un instrumental comprenant plusieurs mélodies, dont une, que l'on entend de 3:25 à 3:50, sera reprise pour un autre morceau du disque. Le titre "Airborne" fait référence à la passion de Mike pour l'aviation, d'ailleurs une des raisons de son déménagement à Denham dans le courant de l'année (voir l'article qui évoque l'aérodrome de denham). Dans les toutes premières mesures du disque, on entend une voix murmurer ce qui semble être "Platinum" -la nature du mot prononcé a fait l'objet de débats entre fans sur les forums ;

- le deuxième morceau, "Platinum", est suivi de "Charleston" qui est (comme son nom l'indique) un charleston, c'est à dire une danse très en vogue aux Etats-Unis et à New York dans l'entre-deux guerres. Le rythme a été popularisé en 1923 grâce un morceau du pianiste James P. Johnson appelé "The Charleston", auquel le morceau de Mike Oldfield ressemble un peu ; d'après le Mike Oldfield Reference Guide, la fameuse ligne de basse qui conclut la part 1 de Tubular Bells est reprise dans "Charleston" (à 2:07).

- cette première face est conclue par le morceau "North Star / Platinum Finale", où Mike développe un crescendo sur une base répétitive comme il le faisait couramment à l'époque. Cette base répétitive est reprise du morceau North Star(4) de Philip Glass, où deux femmes psalmodiaient  des "I.A.O."  en une forme de canon virevoltant. Mike reprend la mélodie à la guitare puis avec des choeurs. Retravaillé par David Bedford, ce choeur est ici massif et sert d'apothéose à l'instrumental de la face 1.

 

Bien que les quatre morceaux soient bien différents les uns des autres, une production homogène et une tonalité générale disco-rock confèrent une unité à l'ensemble. C'est sans doute cette partie de l'album qui a été enregistrée à New York avec Kurt Munkacsi au pupitre et plusieurs musiciens de studio new yorkais cités sur la pochette : le batteur Alan Schwartzberg et les bassistes Neil Jason et Francisco Centeno.

 

La deuxième face de l'album est constituée d'un enchaînement de trois morceaux suivi par une chanson isolée. L'assemblage hétéroclite que constituent les trois premiers morceaux n'est pas présenté sous un titre unique.

- Le morceau "Woodhenge", déjà évoqué, se fond dans la chanson "Sally" (morceau disparu des éditions actuelles), chantée au vocoder par Sally Cooper et Mike Oldfield. La mélodie de Sally reprend celle entendue dans le morceau Airborne (3:25 à 3:50). Les paroles sont une déclaration d'amour de Mike à Sally : "Sally, I'm just a Gorilla, I'll say I'll love you ever more". La chanson se termine par une envolée de guitare échevelée et très aigue qui mène tout naturellement au solo de guitare puissant servant de transition/d'introduction au morceau suivant ; ce solo est, comme "Platinum", dans la lignée de ces gammes que construit Mike sur sa Gibson L6-S. On y entend d'ailleurs un passage d'Incantions (part 3, à 3'54), ainsi qu'une esquisse du  thème de "Sally", qui aurait donc du être le fil rouge de cet album...

- "Punkadiddle", comprendre Punk-a-diddle, littérallement "le punk (est) une arnaque" est la réponse de Mike au mouvement punk qui avait ringardisé et dénigré les musiciens progressifs et hippies, dont Mike était une des incarnations les plus évidentes. La rancoeur de Mike était de plus décuplée par le fait que Richard Branson avait signé les Sex Pistols en 1977 pour sortir Virgin d'une image trop spécialisée "hippie" (Oldfield, Gong, Tangerine Dream...) en dépensant pour cela les bénéfices gagnés grâce aux ventes de ... Mike Oldfield ! "Punkadiddle" pose, sur une rythmique très typique des groupes punks de l'époque, une petite gigue folklo jouée sur le synthé Roland SH-2000 typique de Mike à cette époque ("Blue Peter", Incantations, la rareté "Passed You By"...).

 

Les trois morceaux enchaînés sur la face 2 forment un tout un peu plus hétérogène. Ils sont joués par des musiciens qui ont, pour la plupart, déjà accompagnés Mike Oldfield dans sa tournée du début 1979 : ainsi Pete Lemer (claviers), Pierre Moerlen (batterie) et son acolyte de Gong le bassiste Hansford Rowe. Parmi les musiciens se trouve également le batteur écossais Morris Pert, qui débute ici une collaboration de trois ans avec Mike. 

 

Ces trois morceaux enchaînés sont suivi d'un épilogue sous forme d'une chanson isolée, une habitude que Mike avait déjà prise avec "The Sailor's Hornpipe" (Tubular Bells) ou "On Horseback" (Ommadawn).

Pour cette chanson, il fait appel à une chanteuse qu'il vient de découvrir dans un pub de Chelmsford (Essex, à proximité de la maison qu'habitait la famille Oldfield en 1973... un lien ?) et qu'il recrute via son frère Terry. La toute jeune Wendy Roberts se trouve ainsi convoquée à Denham (la nouvelle maison de Mike) en septembre 79, et enregistre "I Got Rythm", une reprise d'une chanson classique/jazz de George Gershwin, restructurée par Mike en slow.

 

Virgin refusant d'intituler l'album Airborn comme Mike l'aurait souhaité, ce dernier se rabat sur Platinum (platine), en partie pour plaisanter ("Mike Oldfield obtient un disque de platine"), mais aussi "parce que c'est un adorable métal étrange, lourd et s'alliant comme le plomb". 

L'album terminé part en pressage et, alors qu'il est trop tard pour retenir les 30.000 premiers exemplaires, Richard Branson fait savoir à Mike Oldfield qu'il ne veut pas de la chanson "Sally", qu'il estime trop loufoque et trop médiocre. Mike, qui compte alors sur le soutien de Virgin pour développer sa promotion aux U.S.A. (l'enregistrement à New York et l'inclusion d'un Charleston allaient dans le même sens), accepte de remplacer la chanson.

 

Il compose alors rapidement une nouvelle chanson avec Nico Ramsden, le second guitariste de la tournée 1979. C'est sans doute pour cette composition que Ramsden est crédité sur l'album pour des claviers et non pour de la guitare, comme on pourrait s'y attendre en voyant son nom. La chanson, s'insérant entre "Woodhenge" et "Punkadiddle", reprend le tempo de Sally (l'intro reste la même), mais développe une autre mélodie et de nouveaux textes. C'est "Into Wonderland". Wendy Roberts est rappelée pour chanter cette nouvelle chanson, enregistrée à Denham vers octobre ou novembre 1979.

L'album lui-même sort le 23 novembre 1979. Le changement de la liste des morceaux crée une certaine confusion, et nombreuses sont les éditions qui listent "Sally" mais contiennent "Into Wonderland". De même, toutes les éditions CD continuent à mentionner "Sally" alors que ce titre est une rareté, disponible sur seulement 30.000 exemplaires en vinyle et sur quelques bootlegs CD. Enfin, sur les vinyles, le découpage des pistes (l'espacement des sillons) soudait le solo de guitare à "Into Wonderland" et non à "Punkadiddle"...

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La pochette est l'oeuvre de Trevor Key (le créateur de la pochette de Tubular Bells et de la forme de la cloche courbée). Comme souvent, la réduction au format CD et le grossissement du lettrage ont amoindri la qualité d'une des plus belles pochettes de 33 tours de Mike, de même qu'ont disparu les photos de Mike, 26 ans, de la pochette intérieure.

Sur l'une des faces de la pochette intérieure, on voit Mike de face, avec le regard droit dans l'objectif du photographe. D'après Sean Moraghan, auteur d'une biographie de Mike Oldfield, ce regard serait typique de Mike Oldfield dans la période 1978-79, après sa thérapie de 1978 (l'Erhard Seminars Training ou EST). Il aurait ainsi mis plusieurs journalistes mal à l'aise lors d'interviews en les fixant de la sorte pendant la conversation...

 

 

L'album connaîtra une édition différente pour sa sortie américaine. "Woodhenge" est remplacée par "Guilty", et un deuxième disque contenant Tubular Bells en live est ajouté. Le double album ainsi constitué est renommé Airborn et est décoré d'une pochette différente.

 

 

Platinum est un album électrique, rock, rythmé (la batterie est présente sur quasiment tout les morceaux). Le style des morceaux est simple, il se rapproche plus des petits morceaux folks que Mike avait enregistré ça et là dans les années 70 que des grands instrumentaux complexes et angoissés d'avant 1979. Il en ressort donc le sentiment d'une oeuvre plus lumineuse et positive. Pourtant, les inspirations sont de la même période que celles d'Incantations. L'écoute de la version primitive du deuxième thème de "Platinum" sur "Reflection" montre bien comment un même thème peut, selon son traitement, avoit le style d'Incantations ou de Platinum. C'est donc un album qui illustre bien la transition de Mike Oldfield de sa période progressive/symphonique à sa période pop/rock instrumentale.

 

C'est un album de Mike Oldfield facilement accessible, ce qui en fait une introduction possible à sa discographie. Nettement moins produit et arrangé que d'autres, il a une spontanéïté très "live" et, en cela, il n'est pas spécialement représentatif d'Oldfield. Mais il fait la part belle à ses guitares et à son inspiration folk-rock caractéristique. 

 

Ma cotation pour cet album : 9/10

 


 Notes :

(1) Kurt Munkacsi avait déjà enregistré "Guilty" pour Mike Oldfield en décembre 1978 à New York. C'est également un collaborateur de longue date de Philip Glass, dont il est l'ingénieur du son privilégié.

(2) Le documentaire "Reflection" a une bande son signée Mike Oldfield. Celle-ci comprend des versions alternatives de passages d'Ommadawn et des versions précoces de plusieurs passages d'Incantations, de même que les morceaux "Woodhenge" et "The Path". Elle comprend en outre quelques morceaux toujours inédits à ce jour.

(3) Le disco est à la mode en 1979. Quelques repères disco : 1976 - A Love Trilogy de Donna Summer et Giorgio Moroder ; 1977 - Stayin' Alive des Bee Gees ; 1978 - les tubes cultissimes I Will Survive de Gloiria Gaynor, Le Freak de Chic et Born to be Alive de Patrick Hernandez ; 1979 - Voulez-Vous de ABBA ; 1979 - Disco-very de Electric Light Orchestra.

(4) North Star est un album de Philip Glass, produit par Philip Glass et Kurt Munkacsi, et sorti chez Virgin en 1977. C'est également le titre du premier morceau de l'album, où deux voix féminines vocalisent des "I.A.O." de façon répétitive.

Par Nicolas - Publié dans : Discographie
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Lundi 12 mars 2007 1 12 /03 /2007 22:23

Dans son édition du 22 juin 2003, le journal britannique S:2 (Sunday Express) consacre sa rubrique "Me and my record collection" à Mike Oldfield.

Entretien avec Chris Goodman. Traduction amateur : ND.

 

 

Mike Oldfield tâte affectueusement le vinyle qu’il vient de redécouvrir dans son grenier. Parmi des centaines, il a choisi ses 10 préférés, qui ont tous imprégné le chef d’œuvre qu’il a revisité maintenant pour la quatrième fois avec un ré-enregistrement complet pour Tubular Bells 2003. Oldfield a également donné des mentions spéciales à la symphonie n°5 de Mahler «un morceau de musique pour donner le cafard» ; Fairport Convention, «j’ai débuté en jouant de la musique folk», Wishbone Ash, «nous avons fait des tournées dans le circuit des collèges ensemble» ; et Robert Wyatt «du punk rock avec finesse». Ne vous attendez pas aux Sex Pistols…



1 GEORGE HARRISON   All things must pass (1970)
Ca m’a aidé à traverser ma première et pire dépression autour de 1970/1971, quand j’avais 17 ans. J’étais dans le groupe de l’ex-Soft machine Kevin Ayers et nous parcourions sans cesse l’autoroute M1 et l’Allemagne. J’ai commencé à avoir ces crises de paniques épouvantables et je ne pouvais plus fonctionner. J’écoutais alors le morceau-titre. Je me répétais que tout allait passer.

 



2 THE OVALTINEYS  Sing your all time favourites (c. 1950)
J’ai grandi à cette époque, ou un peu après (Oldfield est né en 1953) et j’ai toujours essayé de demander des choses sur Children’s favourites sur Light Programme (note : une station de radio de la BBC). Il y a une adorable naïveté autour de cette époque –quand les enfants étaient gentils. Probablement ma première initiation à la musique.

 



3 LA 5E SYMPHONIE DE BEETHOVEN  Philharmonique de Berlin, Herbert von Karajan (1971)
Je devais avoir 8 ou 9 ans la première fois que j’ai entendu de la musique classique et j’ai été enthousiasmé par ce qu’un orchestre pouvait faire. Ca a beaucoup influencé Tubular Bells, pas spécialement ce morceau mais c’est le premier que j’ai entendu. Personne ne peut oublier ce «pom pom pom pom» – tellement superbe.

 



4 RAVI SHANKAR  Portrait of a Genius (1965)
La sorte d’album que vous écoutez avec vos amis quand vous avez 14 ans et que quelque un vous a donné une cigarette curieuse. J’aime le tablâ parce que je déteste les batteries. Mais le tablâ est si délicat, vous le tapotez comme avec des ailes d’oiseaux. Superbe. Pour ce qui est du titre, c’était une époque avant qu'il y ait les critiques rock et on pouvait se le permettre.

 



5 KEVIN AYERS  Whatevershebringwesing (1971)
J’étais assis au studio 2 à Abbey Road et personne d’autre n’arrivait, j’ai commencé à faire les overdubs tout seul. J’ai posé des bouts de percussion, de guitare rythmique, de basse, quelques solos de guitares et j’ai fait chanter les chœurs par le personnel de la cantine. Kevin est arrivé et n’était pas très impressionné, mais ils ont fini par utiliser ma version de toute façon. C’était donc le premier morceau que j’ai jamais fait par moi-même. Tout cela parce que personne n’était venu.

 



6 BILLY PIGG  The Border Minstrel (1971)
J’ai toujours voulu jouer de la cornemuse mais il faut pour ça être un écossais costaud avec une bouche énorme. Un jour, j’ai entendu parler de ces petites cornemuses northumbriennes. J’ai passé une année complète à la fin des années 70 à apprendre à en jouer. A la fin je pouvais jouer une paire de mélodies – c’était sacrément difficile. Billy Pigg est le Jimi Hendrix des cornemuses northumbriennes.

 



7 CREAM  Wheels of Fire (1968)
C’est fantastique la musique que ces 3 musiciens étaient capables de faire. La façon dont Eric Clapton a joué sur ces morceaux est incroyable. Je suppose qu’il s’est calmé plus tard, mais à cette époque, il jouait comme un démon. On dirait que les groupes actuels n’ont pas pu aller au bout du livre de Bert Weedon « Apprendre à jouer en un jour » . Ca semble tellement désuet d’être bon dans le monde de la musique pop.

 



8 TRAFFIC  Traffic (1968)
Quand je faisais Tubular Bells au Manoir, Winwood habitait un peu plus loin dans la rue et il lui arrivait de venir. C’était du genre « Wow, Steve Winwood ». Je suis allé à sa maison une paire de fois. C’était ma première rencontre avec une star du rock.

 

 



9 FAURE  Requiem (1962)
C’est ma troisième dépression nerveuse. Je me suis immergé dans la musique religieuse. Ca m’a gardé sain d’esprit après Tubular Bells quand les critiques m’ont attaqué. Mes parents ont essayé de m’élever en catholique mais je n’appartiens pas à une religion. Mais le monde semble quelque part divin, trop magnifique pour être un accident. De la même façon, certains aspects sont trop horribles pour que le monde soit un accident.

 



10 MIKE OLDFIELD  Tubular Bells 2003 (2003)
Tout ce que j’ai appris de ces disques est devenu le Tubular Bells original. Il me fascine d’une certaine façon. Je voulais fouiller dedans à nouveau et trouver ce qui était si bon dedans. Je ne réflechissais pas, à cette époque, je ne faisais que jouer.

Par Nicolas - Publié dans : Articles et entretiens
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Dimanche 11 mars 2007 7 11 /03 /2007 19:15

Dans un article antérieur, j'ai indiqué comment Mike Oldfield avait souvent changé de maison au cours de sa carrière. Dès 1974, Mike Oldfield a disposé d'un studio à domicile. Ceux-ci nous sont connus par d'innombrables photographies, car c'est là, en général, que Mike semble se prêter aux interviews et séances de pose. Après les extérieurs, voici donc les intérieurs...

 

The Manor

Les deux premiers albums n'ont pas été enregistré chez Mike mais au studio-résidence The Manor, propriété de Virgin. Après avoir ouvert une chaîne de magasins de disques en Grande-Bretagne, Richard Branson avait en effet investi dans ce qui lui semblait être un concept porteur : un studio permettant l'hébergement des musiciens. C'est ensuite (avec Mike Oldfield) qu'il se lancera dans la publication de disques.

Mike Oldfield a enregistré au Manor la totalité de Tubular Bells et d'Hergest Ridge, ainsi que les percussions africaines d'Ommadawn. Il y a aussi enregistré une partie de Platinum.

 

 

The Beacon

C'est là que Mike habite de l'automne 1973 à l'été 1975 et installe son premier studio (voir cet article). Il y compose Hergest Ridge (la crête "Hergest" se trouve en effet dans les alentours), et y enregistre Ommadawn. Le studio se trouve en haut d'une pente raide, ce qui n' a pas été sans problème pour l'acheminement du matériel et notamment du piano. Mike a vendu The Beacon en 1976 et a laissé le piano aux nouveaux propriétaires qui en ont fait un "Bed&Breakfast" -sans doute équivalent d'une chambre d'hôte- (le piano n'y était plus d'après ceux qui ont pu y séjourner). Entre deux, Sally Oldfield aurait habité au Beacon, et aurait converti le studio (la pièce du bas) en deux pièces séparées. En juin 2006, le Beacon a été vendu de nouveau et je ne sais pas s'il abrite toujours un Bed & Breakfast.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

       

 

 

 

 

 

Througham Slad

Mike y emménage à l'automne 1975 (Karl Dallas écrit un article sur sa maison en octobre) mais le studio n'est pas encore complètement installé au début de 1976. Argiers et Portsmouth, enregistrés alors avec Leslie Penning, nécessitent le renfort du matériel du Manor Mobile. Le studio est emménagé dans la grange, est c'est sans doute ce vaste volume qui a décicé Mike a acheter cette propriété : il souhaite en effet pouvoir travailler avec un petit orchestre. Cela donnera Incantations. On voit le petit studio en mezzanine, caractérisé par sa petite fenêtre ronde. C'est là également que Mike Oldfield est filmé pour le reportage "The Making of Blue Peter", où on le voit enregistrer Blue Peter. Il y enregistre aussi une partie de Platinum (sans doute Woodhenge et Punkadiddle).

 

 

 

 

 

 

Little Halings, Denham

Mike y emménage au cours de l'année 1979 (septembre, peut-être avant) et y termine Platinum (sans doute "Into Wonderland", ajouté dans l'urgence à la demande de Richard Branson). Le studio est décrit dans un article de 1983. Il comprend une partie "claire" carrelée et une partie douce avec liège, moquette et tapis. Il y enregistre QE2, Five Miles Out, Crises, sans doute des parties de "The Killing Fields" et "Pictures in the Dark". Maggie Reilly (et son fiancé) est logée un temps dans un appartement situé en dessous du studio, de façon à répondre au pied levé aux besoins d'enregsitrement de Mike Oldfield (apparemment Mike travaille souvent comme cela avec ses collaborateurs). C'est là que Mike Oldfield installe ses premiers équipements vidéo (avec lesquels il réalise le clip de Pictures in the Dark, à bases de prises de vue d'Aled Jones et d'Anita Hergerland  réalisées dans ses studios).

 

 

 

 

 

Le Caribou, Villars-sur-Ollon (Suisse)

Mike y passe une partie de l'année 1984, afin d'échapper aux impôts sur les revenus (ses revenus ayant été très important en 1983, avec le succès de Crises et de Moonlight Shadow). Il y enregistre Discovery avec un plan de travail étudié : ski le matin, enregsitrement l'après-midi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     

Mégève et Saint-Paul de Vence (Alpes Maritimes)

Pas d'informations sur un éventuel studio dans la propriété française de Mike Oldfield, mais il est possible que ce soit là que Mike ait travaillé sur "The Wind Chimes" avec Pierre Moerlen (Mègève) et Simon Phillips (Anita Hegerland rapporte qu'elle a de bons souvenirs de Phillips lorsqu'il venait travailler sur ce morceau à Saint-Paul de Vence, et à l'époque Mike n'avait plus de maison en Angleterre).

 

Roughwood studios, Chalfont St. Giles

Mike s'y installe en 1988 avec Anita Hergerland. Il y réalise ses trois derniers albums pour Virgin ainsi que ses démos pour Tubular Bells 2 avec Tom Newman. Après avoir vécu en Californie, il y revient réaliser les vidéos de The Songs of Distant Earth et y réalise Voyager avant de partir vivre aux Baléares. Il y revient de nouveau en 1998 pour y terminer Tubular Bells 3 et y a depuis réalisé tous ses albums jusqu'à Light + Shade, de même que ses jeux multimédia MVR et Maestro.

Plan du studio

Mike devant ses claviers (Fruity Loops ?) dans la partie de son studio en pentagone 

 

Tockington

Mike Oldfield a déménagé en 2006 et s'est installé à 15 kilomètres de Bristol, près des Cornouailles anglaises, une région paraît-il prisée par les vedettes anglaises (comme Peter Gabriel...). Son nouveau studio a été au centre d'une interview pour le site http://www.recordproduction.com/ .  Il y a composé son dernier album, dont la sortie est prévue pour mars 2008. Il a quitté cette nouvelle résidence à la fin de 2007 pour s'installer une nouvelle fois en Espagne. 

Par Nicolas - Publié dans : Anecdotes et détails
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Mardi 6 mars 2007 2 06 /03 /2007 23:44

Je sais que je suis un peu en avance sur le printemps, mais le printemps est lui-même pas mal en avance, non ? Une période plus chargée m'a empêché de fêter la première année de ce blog le 27 février 2007. Je me rattrape ici avec quelques nouvelles fraîches.

Le prochain gros évènement est, comme cela est annoncé depuis un an, la sortie de l'autobiographie de Mike Oldfield, coécrite avec Jon Collins et intitulée "Changeling". Une date précise de parution est donnée depuis quelques semaines, c'est le 10 mai 2007, soit dans trois mois. L'ouvrage sera en anglais (une fiche est déjà visible sur amazon.co.uk) et une traduction allemande d'une part et espagnole d'autre part  est envisagée, compte tenu du succès que connaît toujours Mike Oldfield dans ces deux pays. L'ouvrage m'amènera certainement à revoir les articles biographiques publiés sur ce blog, d'autant que "Changeling" semble focalisée sur les années de jeunesse de Mike, autour de Tubular Bells en particulier...

 

Le magazine britannique Resolution Magazine a publié une interview de Mike Oldfield dans son dernier numéro et des photos, ainsi qu'un extrait vidéo de l'interview sur son site web. Mike Oldfield y parle de l'avancement de son prochain projet, dont il avait déjà parlé il y a un an. Il déclare travailler sur une pièce pour orchestre symphonique, piano et guitare classique. Il jouera lui-même de ces deux derniers instruments. Le thème de l'oeuvre sera basé sur le culte celte ancien dont a dérivé Halloween (La "All Hallow Eve" ou "Samain" avait déjà inspiré Loreena McKennitt en 1991).

Mike Oldfield est au stade de la démo, et est en pourparler avec Karl Jenkins (Soft machine, Adiemus) pour collaborer sur ce projet. Il envisage de l'enregistrer en un lieu spécial, comme Abbey Road (le recours à un orchestre ne va pas en effet lui permettre un enregistrement à domicile comme il avait l'habitude de la faire... voir l'article à paraître sur ce blog lundi prochain...). Un concert serait prévu lors de la sortie du disque.

Dans une autre interview parue en mars dans le quotidien espagnol (alacantinois) Diario Información, Mike précise : "Je suis en train d’étudier la possibilité de jouer dans les capitales européennes, y compris l’Espagne à la fin de 2007." On pourrait donc pronostiquer une parution d'album à l'approche de de novembre 2007, soit vers la date de Hallowe'en/Samain le 31 octobre/1er novembre... et dès la rentrée prochaine, surveiller d'éventuelles dates de concert !

Mise à jour 22 avril 2007

Le journal britannique Mail On Sunday vient de confirmer que le prochain album de Mike Oldfield ("pour choeur et orchestre") sortira en octobre 2007 chez Universal Classics. 

Mise à jour 16 mai 2007

Dans un entretien pour
This is London paru aujourd'hui,  Mike a annoncé que son projet en cours s'intitule Music of the Spheres (harmonie des sphères, concept pythagoricien qui veut que l'univers soit régi par des principes harmonieux en lien avec l'harmonie au sens musical).

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Par Nicolas - Publié dans : Actualités
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Jeudi 1 mars 2007 4 01 /03 /2007 23:57

Une des raisons de la grande variété de l'oeuvre musicale de Mike Oldfield est sans doute une forme d'instabilité chronique de Mike. En dehors de cette instabilité musicale, Mike a également été instable dans d'autres domaines : son entourage professionnel, ses guitares, sa vie familiale, mais aussi ses lieux de vie.

Mike Oldfield a souvent changé de maison dans sa vie. A partir de son troisième album, 'Ommadawn' (1975), il a aussi enregistré ses albums chez lui, ce qui permet de suivre ses déménagements en lisant les mentions sur les studios au dos des pochettes de disque !

 

Petit tour d'horizon des lieux ou à vécu le musicien :

1953 : Mike oldfield naît au Battle Hospital à Reading (Berkshire), entre Londres et Oxford, où il passe toute son enfance, d'abord à Monks Way, dans une maison jumelée, puis après 1956 dans un pavillon à Western Elms Avenue, dans un quartier aisé près du centre de la ville.

1966 : la famille Oldfield s'installe à l'est de Londres, à Redden Court Road dans la commune d'Harold Wood  (Essex).

1970 : Mike Oldfield, âgé de 17 ans, s'installe chez sa copine du moment à Pimlico, dans le centre de Londres. La relation n'est pas très longue, mais Mike reste encore quelque temps ensuite dans l'appartement (une colocation). A l'époque, il est bassiste dans le groupe de Kevin Ayers.

1971
: après une vie semi-nomade à effectuer des tournées pour Kevin Ayers, Mike demeure quelque temps dans un appartement près de Seven Sisters Road à Tottenham (quartier populaire du nord de Londres) où il enregistre sa démo de "Tubular Bells". Il retourne également fréquemment chez ses parents, dans l'Essex.

1972 : Mike réside à partir de novembre au studio/résidence "The Manor" à Shipton-on-Cherwell (Oxfordshire) afin de pouvoir enregistrer "Tubular Bells" quand le studio d'enregistrement est inoccupé.

1973 : après l'enregistrement de "Tubular Bells", Mike Oldfield est hebergé temporairement dans la péniche de Richard Branson (le patron de Virgin), à Little Venice, près de Notting Hill et d'Abbey Road, à Londres.

A l'automne 1973, Mike Oldfield fait l'acquisition d'une maison dans les environs de Kington, dans un coin retiré du Herefordshire, aux frontières du pays de Galles. Cette maison est appelée "The Beacon" (le Phare), et est située en haut d'un coteau, ce qui n'est pas sans poser problème pour l'acheminement des instruments de musique, comme le piano.... La maison est également à proximité d'une crète nommée "Hergest Ridge" et du mur d'Offa. Mike Oldfield y compose "Hergest Ridge", qui sera enregistré au Manor et y compose et enregistre "Ommadawn" en 1975. La maison est évoquée dans ce passage de l'autobiographie de Mike Oldfield.

A la fin de 1975, Mike s'installe au manoir Througham Slad, dans le village de Througham près de Bisley (Gloucestershire), où il aménage un grand studio dans une grange. C'est là que sont prises les photos du coffret Boxed. La maison est partiellement décrite dans cet article. Mike Oldfield y enregistre "Incantations" et une partie de "Platinum".

Througham Slad

En 1979, Mike déménage à Little Halings, Tilehouse Lane à Denham (Buckinghamshire), pour se rapprocher de Londres et d'un aérodrome où il peut assouvir sa nouvelle passion pour l'aviation. Il s'y fait construire un nouveau studio, connu par cet article. Il y enregistre une partie de "Platinum", ainsi que les albums "QE2", "Five Miles Out" et "Crises".

Mike, Sally Cooper tenant Molly, devant la maison de Denham, 1980

Mike devant sa maison de Denham, en 1982

En 1984, Mike Oldfield vit une petite année d'évasion fiscale en Suisse, dans un chalet nommé "le Caribou", à Villars-sur-Ollon (Vaud), où il enregistre "Discovery". Egalement dans les années 80, Mike réside occasionnellement en France, à Saint-Paul-de-Vence, où il a (avait ?) une propriété.

"Recorded in the Swiss Alps at 2000 metres within sight of Lake Geneva on sunny days"

En 1986, Mike Oldfield se sépare de Sally Cooper, mais lui laisse la maison de Denham pour qu'elle puisse y vivre avec leurs trois enfants. Mike Oldfield, qui forme un nouveau couple avec Anita Hegerland, vit quelque temps en France : à Mégève (où Pierre Moerlen vient enregistrer les vibraphones d'"Islands"), à Saint-Paul de Vence (où il donne encore des interviews en 1989) puis de nouveau au Royaume-Uni à Marlow (20 km à l'ouest de Denham), où il loue une maison.

En 1988, Mike Oldfield s'installe à Roughwood Croft, dans Nightingales Lane à Chalfont St. Giles (Buckinghamshire), à 10 km de son ancienne maison de Denham. Il peut ainsi voir régulièrement ses enfants les week-end.

Mike et Fanny devant la maison de Chalfont St. Giles en 1999

En 1992, Mike s'installe à Los Angeles, dans les collines d'Hollywood, au moment de l'enregistrement et de la sortie de "Tubular Bells 2" et de la composition de "The Songs of Distant Earth", dans une maison qu'il aurait achetée, ou bien vendue selon les versions, à John Cleese, ex-Monty Python, qui deviendra onze ans après le Master of Ceremonies de "Tubular Bells 2003".

En 1994, Mike revient à Chalfont St. Giles, et songe à se faire construire la maison de ses rêves. Il trouve un terrain à Ibiza.

En 1997, Mike achève sa villa "Atlantis" au prix de £2 millions à Es Cubells sur la Mer Méditerrannée, en vue de l'île de Vedra, que l'on voit sur la pochette de l'album "Voyager". Il a également eu auparavant une maison à Majorque, autre île des Baléares. Pendant la construction de la maison, il a logé dans un hôtel appelé Las Brisas de Ibiza.

C'est là qu'il compose et enregistre une partie de "Tubular Bells 3", avant de battre en retraite dans sa maison anglaise de Chalfont St. Giles, après ses délires espagnols, en 1998. La maison d'Ibiza sera finalement vendue à Noel Gallagher, du groupe Oasis. Noel Gallagher a récemment gagné un procès contre Mike, suite à la découverte de problèmes d'instabilité du terrain d'Ibiza.

2006 : un article du Mail On Sunday indique que Mike est retourné dans le Gloucestershire, dans une propriété du 19e siècle où il vit avec son épouse française, ses chiens et ses chevaux, à Tockington, au bord de la Severn. Des fans anglais ont confirmé avoir vu sa maison de Chalfont St. Giles en travaux.

  
2007 : deux articles parus en octobre dans This is London et The Sunday Times portent sur le départ de Mike Oldfield pour l'Espagne. La maison de Tockington a été mise en vente. Il semble que Mike se dirige de nouveau vers les Iles Baléares.

OldHouse.jpg



 Pérégrinations




Récapitulatif :

 

1 - Reading, Berkshire

2 - Harold Wood, Essex

3 - Londres (Pimlico, Tottenham et Little Venice)

4 - The Manor, Shipton-on-Cherwell, Oxfordshire

5 - Kington, Herefordshire

6 - Througham, Gloucestershire

7 - Denham, Buckinghamshire

8 - Chalfont St Giles, Buckinghamshire

9 - Tockington, Gloucestershire Sud

 


 

Voir ici  l'article associé sur les studios de Mike Oldfield.

Par Nicolas - Publié dans : Anecdotes et détails
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Samedi 17 février 2007 6 17 /02 /2007 22:54

En 1966, Kevin Ayers (chanteur et bassiste) fonde le groupe de rock psychédélique Soft Machine avec le chanteur et batteur Robert Wyatt, le guitariste Daevid Allen et le claviériste Mike Ratledge(1). En 1969, Kevin Ayers, en désaccord avec l’évolution jazzy de Soft Machine, quitte le groupe pour écrire ses propres chansons et enregistrer un album solo, Joy of a Toy. Un compositeur lui est recommandé pour travailler les arrangements orchestraux du disque : David Bedford. Bedford a alors 32 ans, et Ayers 25.

 

Au début de 1970, Kevin Ayers recrute des musiciens pour pouvoir jouer les chansons de son album en concert. C’est tout naturellement qu’il conserve les services de David Bedford aux claviers. Il recrute ensuite le saxophoniste Lol Coxhill (37 ans), puis le batteur Mick Fincher. Cependant, comme Kevin Ayers souhaite tenir la guitare, il lui manque un bassiste. Il fait donc passer une annonce dans le Melody Maker. En février 1970, chez EMI à Manchester Square, le groupe auditionne, un adolescent de 16 ans 1/2, un certain Mike Oldfield, qui s'avère brillant à la basse (2). Mike est donc recruté à son tour et rejoint cette troupe de musiciens baptisée The Whole World ("le monde entier").

 

 

Le groupe entame alors des prestations scéniques des chansons de Joy of a Toy. Kevin Ayers encourage l’improvisation et la fantaisie. Repérant le talent de Mike Oldfield à la guitare, il laisse ce dernier prendre occasionnellement le rôle de guitariste lors des spectacles, mais le confine malgré tout au rôle de bassiste lorsqu’il enregistre un nouvel album en juin 1970, Shooting at the Moon (le disque sort en octobre 1970 et sera le seul sorti sous le nom "Kevin Ayers and the Whole World"). Mike Oldfield joue de la guitare sur la seule chanson Lunatics Lament et sur l'instrumental Pisser dans un Violon.

 

Sean Moraghan, auteur d'une biographie de Mike Oldfield, considère que les audaces musicales de cet album (variété de styles, enchaînements, répétitions…), qu’il attribue notamment à David Bedford, auront une grande influence sur le style de Mike Oldfield dans ses premiers albums.

 

 

Au sein du groupe, David Bedford se rapproche de Mike, chez qui il admire les talents de musicien. Il parle souvent de musique classique avec lui, notamment pendant tous les temps morts qui existent durant les interminables tournées du groupe. Kevin Ayers prend également le jeune musicien sous son aile et l'initie à la consommation du vin.

 

 Mick Fincher, David Bedford, Lol Coxhill, Mike Oldfield et Kevin Ayers

 

En juillet 1970, Mick Fincher est remplacé par un nouveau batteur, Dave Dufort, mais revient cependant tenir la batterie sur un 45 tours enregistré par Ayers en septembre, Butterfly Dance / Stars, sur lequel Mike se voit déjà confier plus de parties de guitare. A l’automne, le groupe reprend les tournées pour plusieurs mois. La tension au sein du groupe s’accroît, notamment du fait de Mike Oldfield qui souhaite de plus en plus d’indépendance musicale dans le groupe. Les tournées sont souvent chaotiques, marquées par l’alcool.

 

Pendant ces tournées, quelques musiciens parviennent à mener à bien des projets solos. David Bedford compose The Garden of Love en août 1970, qu'il interprète avec le Whole World en concert, mais qu'il n'enregistrera jamais en album. Lol Coxhill sortira son album Ear of the Beholder en 1971 sur le label de John Peel, Dandelion. Le disque rassemble des morceaux au saxophone, des chansons des années 30 ou 40 travaillées avec Bedford, telles que Pretty Little Girl, Two Little Pigeons et Don Alfonso, et enfin trois morceaux du Whole WorldVorblifa-Exit, A Collective Improvisation et The Rythmic Hooker.

 

Mike1970.jpg En mars 1971, Mike Oldfield et David Bedford participent à un album de Edgar Broughton Band (groupe hippie qui houe du hard rock, de la même maison de disques que The Whole World, EMI). Mike joue de la mandoline sur Thinking of You. Toujours selon Sean Moraghan, cette prise de contact de Mike avec le hard rock va également influencer Mike Oldfield.

 

En avril 1971, Mike Oldfield menace Kevin Ayers de quitter le groupe et pose des conditions pour rester : Ayers doit arrêter de boire, ne plus jouer de guitare et virer Lol Coxhill. Il faut croire que le talent de Mike Oldfield est alors déjà indispensable à Ayers, puisque ce dernier accepte l'ultimatum. Le Whole World est dissout, est un groupe est reconstitué de façon moins officielle, autour de Mike Oldfield et de David Bedford. Les nouveaux venus sont Andy Robertson (bassiste) et William Murray (batteur), ce dernier étant un ami de Terry Oldfield.

Kevin Ayers, Mike Oldfield, William Murray, David Bedford (en arrière) et  (incertain) Andy Robertson

 

Mike Oldfield crée de nouveaux arrangements pour les chansons de Kevin Ayers, et introduit parfois des idées qu'il rassemble pour un grand instrumental dont il a l'idée... Selon Moraghan, l’esprit original qu’Ayers voulait insuffler à son groupe n’étant plus présent, Kevin Ayers met fin à l'aventure de cette nouvelle incarnation du Whole World en juillet 1971(3). Selon David Bedford, le groupe prend fin suite à un accident de moto de Bedford et du départ de Mike Oldfield, qui souhaite se consacrer à ses propres compositions. Kevin Ayers aurait alors poursuivi ses tournées avec un nouveau groupe constitué de Zoot Money aux claviers, Ollie Halsall à la guitare et Archie Leggett à la basse, sans doute avec le nom de Whole World.

 

A ce moment, les musiciens vivent ensemble dans un appartement à Tottenham, quartier populaire à forte population immigrée de Londres. Kevin Ayers prête un magnétophone stéréo Beocord Bang & Olufsen à Mike Oldfield et celui-ci commence à rassembler ses idées musicales et à enregistrer une instrumental en solo. Ce sera Tubular bells.

 

 => 1971-72

 

 


 

Notes :

(1) : Daevid Allen sera ensuite un membre du groupe Gong. Mike Ratledge va poursuivre Soft Machine, notamment avec Karl Jenkins. Ces deux musiciens vont accompagner Mike en 1973 pour Tubular Bells dans l'émission BBC 2nd House. Il connaîtront le succès en 1995 avec le disque Adiemus sur lesquel chante Miriam Stockley... chanteuse pour Mike en 1999 !

(2) : Mike Oldfield n'est pourtant qu'un débutant à la basse ! Selon Sean Moraghan, l'audition a lieu juste après (le lendemain) de la dissolution de Barefeet, le groupe de Mike et Terry Oldfield.

(3) : Ces musiciens seront néanmoins rappelés par Kevin Ayers pour l'accompagner sur l'enregistrement de son album solo Whatevershebringwesing vers octobre 1971. William Murray travaillera encore avec Mike Oldfield en 1975 (Ommadawn) et 1990 (Amarok).

 


 

Sources :

Sean Moraghan : Mike Oldfield, A Man and his Music

Deux entretiens avec David Bedford, disponibles en anglais ici et ici.

 

 

Par Nicolas - Publié dans : Biographie
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Lundi 12 février 2007 1 12 /02 /2007 21:00

Mike Oldfield est né le 15 mai 1953. Il fête ses 57 ans en 2010. Les années passent également pour ceux qui ont travaillé avec Mike Oldfield, ainsi, pour les collaborateurs des années 1980-1985, en 2008 :



-Maggie Reilly (née le 15 septembre 1956) a 54 ans. Ex-chanteuse de Cado Belle et compagne de l'ingénieur du son Chrys Lindop qui travaillait sur la tournée Platinum de Mike Oldfield, elle est recrutée du jour au lendemain pour accompagner Wendy Roberts aux choeurs sur la tournée. Elle devient la chanteuse privilégiée de Mike Oldfield dès l'album suivant (QE2) et ce pour plusieurs années.

-Phil Collins (né le 30 janvier 1951) a 59 ans. L'excellent démarrage de sa carrière solo contribue à l'essor de Virgin, dont il est un des artistes, au début des années 80. Virgin l'associe à Mike Oldfield en tant que batteur sur l'album QE2, où il joue sur Taurus 1 et Sheba.

-Simon Phillips (né le 6 février 1957) a 53 ans. Simon a 25 ans, quand Mike Oldfield le rencontre à New York en avril 82, pendant sa tournée Five Miles Out, dans un restaurant appelé Tony Romas. Mike le recrute comme batteur, puis co-producteur, pour l'album Crises qu'il enregistre fin 82. Simon Phillips travaillera ensuite avec Mike tout au long des années 80, jusqu'à Heaven's Open en 1991.

-Jon Anderson (né le 25 octobre 1944) a 66 ans. Chanteur célèbre en tant que leader de Yes, mais aussi pour ses oeuvres solos et sa collaboration avec Vangelis, il co-écrit avec Mike et chante In High Places en 1983 et Shine en 1986.

-Roger Chapman (né le 8 avril 1942) a 68 ans. "Chappo" est connu comme chanteur des groupes britanniques Family et Streetwalkers et est caractérisé par le vibrato de sa voix. Il chante sur le titre Shadow on the Wall en 1983.

-Phil Spalding (né le 19 novembre 1957) a 53 ans. Bassiste anglais, il a joué pour Mike Oldfield sur Crises et Islands et l'a suivi en tournée en 1983-84. Il a également été membre du supergroupe GTR et a également joué pour Robbie Williams, Mick Jagger et Kylie Minogue.

-Aled Jones (né le 29 décembre 1970) a 40 ans. Enfant soprano, à l'âge de 15 ans, il chante sur le simple Pictures in the Dark. Il est resté une célébrité au Royaume-Uni et est aujourd'hui chanteur et animateur télé à la BBC.

-Anita Hegerland (née le 3 mars 1961) a 49 ans. Enfant star au début des années 70 en Scandinavie et en Allemagne, elle rencontre Mike Oldfield en septembre 1984 lorsqu'il passe à Drammen, en Norvège (elle a 23 ans). Mike la recrute en 1985 pour chanter sur Pictures in the Dark, puis elle devient sa compagne en 1986, lui donnant ensuite deux enfants. Elle chante également sur les albums Islands, Earth Moving et Heaven's Open. Après sa séparation d'avec Mike (1991), elle est retournée vivre en Norvège.

 

Cet article fait suite à un premier texte intitulé Le temps qui passe... publié en octobre dernier.

Par Nicolas - Publié dans : Collaborations et participations
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Mercredi 7 février 2007 3 07 /02 /2007 19:18

(Ami et collaborateur d'Oldfield depuis 1970)

 

Né à Londres le 4 août 1937 (il a donc 70 ans en 2007), David Bedford est issu d'une famille de musiciens. Il effectue des études à l'Académie Royale de Musique de 1958 à 1961. Il sera plus tard professeur et compositeur résident au Queen's College de 1969 à 1981.

 

A la fin des années 60, il est chargé d'arranger les chansons du spectacle "From Marie-Antoinette to the Beatles" pour un ensemble de cinq instruments. Le stage manager de ce spectacle, Ian Knight, avait auparavant travaillé avec Soft Machine.  Aussi, quand Kevin Ayers, ex-Soft Machine, chercha quelqu'un pour réaliser des orchestrations sur son album Joy of a Toy, Ian Knight lui suggère de solliciter Bedford. Kevin Ayers l'enrôle ensuite comme claviériste pour le groupe de musiciens qu'il se constitue, The Whole World. David Bedford y fait la rencontre de Mike Oldfield, lorsque ce dernier est recruté en tant que bassiste. Pendant l'année où Mike et David jouent ensemble au sein du Whole World, Bedford, 32 ans, prend le jeune Oldfield de 16 ans sous son aile. Il l'encourage dans ses projets de musique instrumentale et lui suggère d'écouter des oeuvres de Delius ou encore Vaughan Williams, notamment.

 

Dans les premières années de Mike Oldfield chez Virgin, David Bedford reste un collaborateur récurrent et fréquent. Il fait d'ailleurs lui aussi partie des artistes signés chez Virgin. Richard Branson lui demande de créer les versions orchestrales de Tubular Bells et Hergest Ridge (Bedford a également aidé Mike Oldfield pour les cordes et choeurs de la version originale d'Hergest Ridge). Mike travaille avec lui sur les morceaux courts Don Alfonso (c'est Bedford qui chante), Speak' (Tho you only say Farewell), First Excursion. A l'inverse, Mike Oldfield est souvent associé aux albums de musique instrumentale de Bedford, où il développe un jeu de guitare souvent plus aventureux que sur ses propres albums : Nurses Song With Elephants, The Odyssey, Instructions For Angels, Rime of the Ancient Mariner, Star's End.

 

En 1976, alors que Virgin traverse des difficultés financières critiques, Richard Branson congédie une partie des artistes du label et pami eux, Bedford. David Bedford écrit une longue lettre à Branson pour lui dire combien il comprend sa décision, compte tenu des faibles ventes de ses albums et lui assure qu'il ne lui en veut pas. Le même jour, il écrit aussi à Mike Oldfield pour lui dire que Branson est une "merde", un "salaud" et un "parasite". Malheureusement, il met les lettres dans les mauvaises enveloppes...

 

Par la suite, David Bedford travaille encore sur Incantations en 1978, puis pour la tournée 1979 (arrangements pour orchestres et vibraphones), sur Platinum (arrangements des choeurs de North Star), QE2 (Arrival et Wonderful land) et surtout sur la B.O. pour La Déchirure. En 1983, Mike crée son propre label et publie une ancienne oeuvre inédite de Bedford, créée en 1971 : Star Clusters, Nebulae and Places in Devon.

 

Au délà de cette amitié et de ces collaborations avec Mike (qui ne semblent pas s'être poursuivies au delà de 1984...), David Bedford a travaillé sur d'autres musiques de film et notamment sur celle de Mission, avec Ennio Morricone. Il a également écrit beaucoup de musique classique pour enfants et scolaires.

 

 

 

Plus d'informations sur David Bedford, en anglais, ici.

 

Par Nicolas - Publié dans : Collaborations et participations
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Mercredi 7 février 2007 3 07 /02 /2007 13:37

Les sept années qui s'écoulent de 1978 à 1984 sont prolifiques pour Mike Oldfield : huit albums (en comptant "Exposed" et la B.O. de "La déchirure", sept tournées, et plusieurs titres dans les classements).

1981, année médiane de ce "septennat" est particulière : c'est la seule au cours de laquelle Mike Oldfield ne sort aucun album studio. Il est vrai que QE2 est sorti le 31 octobre 1980, et que le single "Five Miles Out " sortira en février 1982. Entre les deux, Mike Oldfield passe beaucoup de temps sur scène : sa tournée "European Adventure" s'étale sur tout le mois de mars 81 puis reprend durant l'été suivant (elle passe par Montreux, où le concert a été filmé et sorti en DVD).

Alors, comme l'on fait encore de nos jours, pour faire patienter les fans et maintenir une actualité discographique, Virgin s'emploie en 1981 à sortir des compilations (1980 a déjà vu la sortie de "Music Wonderland" et "Impressions"), ce que justifie déjà par ailleurs une discographie riche de six albums et de nombreux singles inédits en album.

 

Wonderland (Mike oldfield's Wonderland) (Ariola 203.550)

Cette compilation n'est sortie qu'au Bénélux (et peut-être en Allemagne), sous le label Ariola. Elle n'a jamais été rééditée en CD, ce qui est bien regrettable, car elle présentait l'intérêt de proposer deux versions rares ou inédites :

- une version courte de "Wonderful Land", qui serait intégrée également au coffret "Elements" en 1993.

- un mix différent de "Blue Peter" que l'on qualifie du coup de "Dutch mix"

Les autres morceaux sont les piliers de compilation habituels, que l'on retrouve pour la plupart sur les compilations "Music Wonderland" et "Episodes" et sont : "In Dulci Jubilo", "Tubular Bells (excerpt)", "Portsmouth", "Hergest Ridge (excerpt)", "North Star/Platinum Finale", "Ommadawn (excerpt)", "Incantations (excerpt)" et "Guilty (live)".

Le site amadian.net situe sa sortie, non en 1981, mais en mars 1980, ce qui signifierait que "Wonderful land" ait été enregistré et publié très en amont de l'album QE2, ce qui paraît douteux.

 

 

Episodes (Virgin 203803 AE260 et 70065)

Dans la trilogie des compilations sorties en 1980-1981 (Music Wonderland, Mike Oldfield's Wonderland et Episodes), voici la compilation française. Elle de distingue d'emblée par sa pochette extrêmement sobre...

A côté des attendus "Tubular Bells (excerpt)", "Portsmouth", "Hergest Ridge (excerpt)", "North Star/Platinum Finale", "Ommadawn (excerpt)", "Incantations (excerpt)", on retrouve un deuxième extrait d'"Incantations", ainsi que les morceaux "Arrival", "Sheba", "Celt", "Airborne" et "Punkadiddle".

"Episodes" est une des seules compilations de Mike Oldfield (sinon la seule) à ne pas proposer le titre  "In Dulci Jubilo",

 

 

The Skids : Iona  (Virgin VS 449)

La sortie insolite de l'année est ce 45 tours du groupe Punk/New wave "The Skids", sur lequel Mike Oldfield joue du clavier (son Fairlight CMI, vraisemblablement).

Les Skids ont été formé en 1976 par Stuart Adamson et Richard Jobson. Après quatre albums chez Virgin et un succès croissant, Adamson quitte le groupe en 1980 pour aller fonder Big Country. Jobson, laissé en charge du groupe, réoriente la musique vers un rock/folk beaucoup plus classique.

C'est sans doute cette ré-orientation qui explique la contribution de Mike Oldfield, qui n'a jamais caché son aversion pour le punk, et en a toujours voulu à Branson d'avoir signé les Sex Pistols en 1977... Les Skids avaient été signé par Virgin à la même époque. C'est très certainement à la demande du label que Mike a travaillé sur leur morceau.

Le 45 tours "Iona" et l'album "Joy" qui le contient sortent en octobre et décembre 1981. Mais l'album est un échec commercial et précipitera la fin des Skids qui se séparent en 1982.


 

 

Par Nicolas - Publié dans : Discographie
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Mercredi 10 janvier 2007 3 10 /01 /2007 15:05

Le 9 mai 1986, Mike Oldfield est interviewé au téléphone par l'animateur Tim Grundy à l'antenne de Picadilly radio (Manchester). L'entretien, qui débute avec des poncifs sur Tubular Bells, nous apprend ensuite comment Mike écrit les textes de ses chansons.

Tim Grundy (photo des années 90-2000 extraites d'un site de fan) et Mike Oldfield (photo 1987)

 

[Un long extrait de Tubular Bells...]

 

Tim Grundy : Juste un passage de l'album "Tubular Bells", un des plus gros succès de tous les temps. Avant de passer son nouveau simple1, nous allons discuter avec celui qui est derrière tout ça, il est en ligne maintenant. Salut Mike.

 

Mike Oldfield : Bonjour, comment allez-vous ?

 

Très bien, merci. Est-ce que ça vous fait toujours quelque chose d'entendre "Tubular Bells" ?

Eh bien, oui... heu, c'est un très bon morceau et même après les quinze dernières années, ou quel que soit le temps passé, je trouve toujours difficile de faire mieux, donc c'est vraiment un défi de renouveler cette réussite, ainsi que cette réussite musicale.

 

Vous arrive t-il de l'écouter ?

Oui, cela m'arrive en fait, parce que c’est un album qui a un très bon son pour son époque. Vous devez avoir à l’esprit qu’il n’y avait aucun synthétiseur à cette époque et que donc tout avait été joué avec des orgues, des orgues électriques au lieu de synthétiseurs. Bien sûr, aujourd’hui les studios sont informatisés et… et j’écoute cet album juste pour le son. Si je veux installer mes enceintes de studio pour que le son soit bon, je mets ce disque car c’est comme un point de référence.



Peut-être ne pourrait-on le refaire aujourd’hui avec les nouveaux équipements. Peut-être qu’il faudrait prendre de vieux équipements pour obtenir quelque chose qui ait un son aussi frappant ?

Une partie de son charme vient du fait que tout est joué à la main, alors que l’essentiel de la musique actuelle est jouée par des machines et donc il y a une sensation très humaine plus qu’une sensation mécanique.



Une des choses qui m’ont frappé l’autre jour, c’est quand j’ai écouté M. Branson parler du succès de Virgin et j’ai pensé que, vraiment, et je ne veux pas vous embarrasser, mais il n’aurait pas pu faire la moitié de ce qu’il a fait sans le succès de "Tubular Bells". Ca doit vous rendre très fier de ça.

Eh bien, ça me rend très fier et je pense qu’il est une force positive, une influence positive dans le pays, donc je suis ravi si j’ai pu y contribuer.



Etait-il un des rares preneurs, sinon le seul, à vous accepter à l’origine ?

Oh oui, toutes les autres maisons de disque m’ont foutu dehors par la peau du cou en disant « Hors de ma vue, emporte tes saletés avec toi ».



Oui, bien entendu vous avez fait beaucoup de choses depuis lors, et je ne vais pas vous rabâcher là-dessus, et nous avons les plus grand succès qui est un bon album et a une magnifique pochette. Et il me semble que vous collectionnez les pochettes ?

Oui, j’ai la plupart des pochettes accrochées au mur, les œuvres originales, parce que je considère que la pochette est très importante, elle représente l’ensemble de l’album.



Oui, avec une jolie image de l’hirondelle.

Ce que j’ai fait récemment c’est écrire des chansons, ce qui est évidemment plutôt loin de ce qu’était "Tubular Bells" et c’est une discipline différente et j’ai eu un succès raisonnable avec mes chansons. Et cet album était une compilation des singles.



Que voudriez-vous faire ? Vous avez touché à ces deux styles de musique maintenant, c’est un peu comme Jean-Michel Jarre qui avait fait deux albums dans ce genre particulier, puis qui s’est essayé avec des langages et des paroles chantées et maintenant il est de retour dans son style de départ 2. Quel style préférez-vous et sur lequel allez-vous travailler à l’avenir ?

Eh bien, les prochains albums seront un mélange des deux ; j’aime travailler sur des instrumentaux et je pense que "Crises" est sans doute le meilleur que j’ai fait depuis "Tubular Bells" mais j’apprécie aussi les chansons. Mais maintenant il y a une nouvelle dimension à ce que je fait qui est de réaliser des images pour accompagner la musique. J’ai cette installation vidéo chez moi, côte à côte avec le studio et une caméra et tout le reste et lorsque je fais de la musique, j’essaie de penser aux images qui vont aller avec et tout ceci devrait aboutir à un album vidéo qui devrait être publié en début d’année prochaine 3.



Ca semble être un projet intéressant.

Oui.



Est ce que la vidéo de 'Shine' est quelque chose que vous avez fait vous-même ?

Oui, ainsi que le single avant ça avec Aled Jones, 'Pictures In The Dark'. Elles ont été faites chez moi avec un de mes amis qui est très bon en animation par ordinateur, donc on a fait un mélange de prises de vues réelles et d’animation par ordinateur. C’est quelque chose que j’aime beaucoup, personnellement.



Les graphismes dans la vidéo de 'Shine' sont d’une très haute qualité.

Merci beaucoup.



Pourquoi avez vous choisi Jon Anderson?

Eh bien, nous avions travaillé ensemble une paire de fois auparavant, nous nous étions bien entendu et j’aime sa voix et il est facile de travailler avec lui. En fait, nous avons écrit les paroles par téléphone. Il vit à la Barbarde, et ça a donc été un coup de fil très coûteux. Donc j’ai dit « Bien, la mélodie fait "da da da da da da da da da da" » et il a dit « Oh très bien, puis-je réfléchir à quelques mots pour ça » et enfin nous avons fait la chanson ensemble dans mon studio à Londres.



Certaines personnes vont sourire à l’idée que l’écriture d’une chanson puisse être si facile, mais, sérieusement, est ce que c’est souvent si facile ?

Eh bien, je dois confier mon secret. J’ai ces quelques livres. L’un est un dictionnaire de rimes. Un autre est un Roget's Thesaurus et un dictionnaire de synonymes. Je trouve que si vous savez ce dont vous voulez que la chanson parle, n’importe quelle phrase fait l’affaire comme point de départ et un titre et ce n’est pas si difficile. Peut-être qu’il faut compter 3 ou 4 jours pour obtenir les paroles d’une chanson.



Est ce que cela veut dire que certaines lignes sur lesquelles les gens vont passer des heures à chercher le sens que vous avez voulu donner, en fait c’est quelque chose que vous avez collé ensemble et cela sonnait bien et avait l’air bien sur le papier ?

C’est exact et c’est très important que les paroles sonnent bien quand elles sont chantées. Vous pouvez avoir des paroles magnifiques mais constater en les chantant qu'elles rendent affreusement mal. Donc une autre discipline est d’être capable qu’elles rendent bien dans la musique.



Bon, nous allons écouter le single maintenant. C’est un excellent single et je vois qu’il vient d’entrer dans les charts ce qui est bien.

Oh c’est génial. Oh, gardez un œil sur moi et Jon à la finale de la coupe demain parce que nous comptons y aller.



Vraiment ? Quelle équipe allez-vous supporter ?


Liverpool je pense.



Quand vous dites « je pense », c’est que vous n’êtes pas loyal à l’un des deux camps, en fait ?

Pas vraiment . J’ai grandi à Reading, donc je suis supporter de Reading, mais évidemment ils ne sont pas en finale de la Coupe.



Non, mais ils ont fait une très bonne saison.

Oui 5.

 

 

Interview restranscrite par David Prye. Traduction amateur par Nicolas Delnatte d'après le texte restranscrit disponible sur tubular.net et Pat's Mike Oldfield Page.

 

 


 

 Notes :

1 : Le simple "Shine" est sorti en avril 1986

2 : "Rendez-Vous" de Jean Michel Jarre est sorti en avril 1986

3 : Mike Oldfield évoque "Islands" et sa vidéo, qui paraîtront finalement de façon dissociée : l'album sortira en septembre 1987 alors que la vidéo ne sortira qu'en 1988.

4 : La finale de la Coupe d'Angleterre de football oppose le 10 mai 1986 le FC Liverpool au FC Everton (autre club de la ville de Liverpool). Le match sera gagné 3-1 par le FC Liverpool.

5 : Le FC Reading termine en première place du classement de troisième division et monte en deuxième division à la fin de la saison 1985-1986

Par Nicolas - Publié dans : Articles et entretiens
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