Mike Oldfield

Mike-1978.jpgMike Oldfield, compositeur, guitariste, et multi-instrumentiste britannique est l'objet de ce blog, où je viens ajouter, une à deux fois par mois, une bribe de biographie ou  quelques informations sur sa riche discographie.

Flash infos

27/04/2010 : Les rééditions de Hergest Ridge et Ommadawn par Mercury sont prévues le 7 juin 2010. Certaines éditions contiendront de nouveaux mixages et des inédits. Plus de détails (en anglais) sur http://www.mikeoldfieldofficial.com/

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Samedi 17 février 2007 6 17 /02 /2007 22:54

En 1966, Kevin Ayers (chanteur et bassiste) fonde le groupe de rock psychédélique Soft Machine avec le chanteur et batteur Robert Wyatt, le guitariste Daevid Allen et le claviériste Mike Ratledge(1). En 1969, Kevin Ayers, en désaccord avec l’évolution jazzy de Soft Machine, quitte le groupe pour écrire ses propres chansons et enregistrer un album solo, Joy of a Toy. Un compositeur lui est recommandé pour travailler les arrangements orchestraux du disque : David Bedford. Bedford a alors 32 ans, et Ayers 25.

 

Au début de 1970, Kevin Ayers recrute des musiciens pour pouvoir jouer les chansons de son album en concert. C’est tout naturellement qu’il conserve les services de David Bedford aux claviers. Il recrute ensuite le saxophoniste Lol Coxhill (37 ans), puis le batteur Mick Fincher. Cependant, comme Kevin Ayers souhaite tenir la guitare, il lui manque un bassiste. Il fait donc passer une annonce dans le Melody Maker. En février 1970, chez EMI à Manchester Square, le groupe auditionne, un adolescent de 16 ans 1/2, un certain Mike Oldfield, qui s'avère brillant à la basse (2). Mike est donc recruté à son tour et rejoint cette troupe de musiciens baptisée The Whole World ("le monde entier").

 

 

Le groupe entame alors des prestations scéniques des chansons de Joy of a Toy. Kevin Ayers encourage l’improvisation et la fantaisie. Repérant le talent de Mike Oldfield à la guitare, il laisse ce dernier prendre occasionnellement le rôle de guitariste lors des spectacles, mais le confine malgré tout au rôle de bassiste lorsqu’il enregistre un nouvel album en juin 1970, Shooting at the Moon (le disque sort en octobre 1970 et sera le seul sorti sous le nom "Kevin Ayers and the Whole World"). Mike Oldfield joue de la guitare sur la seule chanson Lunatics Lament et sur l'instrumental Pisser dans un Violon.

 

Sean Moraghan, auteur d'une biographie de Mike Oldfield, considère que les audaces musicales de cet album (variété de styles, enchaînements, répétitions…), qu’il attribue notamment à David Bedford, auront une grande influence sur le style de Mike Oldfield dans ses premiers albums.

 

 

Au sein du groupe, David Bedford se rapproche de Mike, chez qui il admire les talents de musicien. Il parle souvent de musique classique avec lui, notamment pendant tous les temps morts qui existent durant les interminables tournées du groupe. Kevin Ayers prend également le jeune musicien sous son aile et l'initie à la consommation du vin.

 

 Mick Fincher, David Bedford, Lol Coxhill, Mike Oldfield et Kevin Ayers

 

En juillet 1970, Mick Fincher est remplacé par un nouveau batteur, Dave Dufort, mais revient cependant tenir la batterie sur un 45 tours enregistré par Ayers en septembre, Butterfly Dance / Stars, sur lequel Mike se voit déjà confier plus de parties de guitare. A l’automne, le groupe reprend les tournées pour plusieurs mois. La tension au sein du groupe s’accroît, notamment du fait de Mike Oldfield qui souhaite de plus en plus d’indépendance musicale dans le groupe. Les tournées sont souvent chaotiques, marquées par l’alcool.

 

Pendant ces tournées, quelques musiciens parviennent à mener à bien des projets solos. David Bedford compose The Garden of Love en août 1970, qu'il interprète avec le Whole World en concert, mais qu'il n'enregistrera jamais en album. Lol Coxhill sortira son album Ear of the Beholder en 1971 sur le label de John Peel, Dandelion. Le disque rassemble des morceaux au saxophone, des chansons des années 30 ou 40 travaillées avec Bedford, telles que Pretty Little Girl, Two Little Pigeons et Don Alfonso, et enfin trois morceaux du Whole WorldVorblifa-Exit, A Collective Improvisation et The Rythmic Hooker.

 

Mike1970.jpg En mars 1971, Mike Oldfield et David Bedford participent à un album de Edgar Broughton Band (groupe hippie qui houe du hard rock, de la même maison de disques que The Whole World, EMI). Mike joue de la mandoline sur Thinking of You. Toujours selon Sean Moraghan, cette prise de contact de Mike avec le hard rock va également influencer Mike Oldfield.

 

En avril 1971, Mike Oldfield menace Kevin Ayers de quitter le groupe et pose des conditions pour rester : Ayers doit arrêter de boire, ne plus jouer de guitare et virer Lol Coxhill. Il faut croire que le talent de Mike Oldfield est alors déjà indispensable à Ayers, puisque ce dernier accepte l'ultimatum. Le Whole World est dissout, est un groupe est reconstitué de façon moins officielle, autour de Mike Oldfield et de David Bedford. Les nouveaux venus sont Andy Robertson (bassiste) et William Murray (batteur), ce dernier étant un ami de Terry Oldfield.

Kevin Ayers, Mike Oldfield, William Murray, David Bedford (en arrière) et  (incertain) Andy Robertson

 

Mike Oldfield crée de nouveaux arrangements pour les chansons de Kevin Ayers, et introduit parfois des idées qu'il rassemble pour un grand instrumental dont il a l'idée... Selon Moraghan, l’esprit original qu’Ayers voulait insuffler à son groupe n’étant plus présent, Kevin Ayers met fin à l'aventure de cette nouvelle incarnation du Whole World en juillet 1971(3). Selon David Bedford, le groupe prend fin suite à un accident de moto de Bedford et du départ de Mike Oldfield, qui souhaite se consacrer à ses propres compositions. Kevin Ayers aurait alors poursuivi ses tournées avec un nouveau groupe constitué de Zoot Money aux claviers, Ollie Halsall à la guitare et Archie Leggett à la basse, sans doute avec le nom de Whole World.

 

A ce moment, les musiciens vivent ensemble dans un appartement à Tottenham, quartier populaire à forte population immigrée de Londres. Kevin Ayers prête un magnétophone stéréo Beocord Bang & Olufsen à Mike Oldfield et celui-ci commence à rassembler ses idées musicales et à enregistrer une instrumental en solo. Ce sera Tubular bells.

 

 => 1971-72

 

 


 

Notes :

(1) : Daevid Allen sera ensuite un membre du groupe Gong. Mike Ratledge va poursuivre Soft Machine, notamment avec Karl Jenkins. Ces deux musiciens vont accompagner Mike en 1973 pour Tubular Bells dans l'émission BBC 2nd House. Il connaîtront le succès en 1995 avec le disque Adiemus sur lesquel chante Miriam Stockley... chanteuse pour Mike en 1999 !

(2) : Mike Oldfield n'est pourtant qu'un débutant à la basse ! Selon Sean Moraghan, l'audition a lieu juste après (le lendemain) de la dissolution de Barefeet, le groupe de Mike et Terry Oldfield.

(3) : Ces musiciens seront néanmoins rappelés par Kevin Ayers pour l'accompagner sur l'enregistrement de son album solo Whatevershebringwesing vers octobre 1971. William Murray travaillera encore avec Mike Oldfield en 1975 (Ommadawn) et 1990 (Amarok).

 


 

Sources :

Sean Moraghan : Mike Oldfield, A Man and his Music

Deux entretiens avec David Bedford, disponibles en anglais ici et ici.

 

 

Par Nicolas - Publié dans : Biographie
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Lundi 12 février 2007 1 12 /02 /2007 21:00

Mike Oldfield est né le 15 mai 1953. Il fête ses 57 ans en 2010. Les années passent également pour ceux qui ont travaillé avec Mike Oldfield, ainsi, pour les collaborateurs des années 1980-1985, en 2008 :



-Maggie Reilly (née le 15 septembre 1956) a 54 ans. Ex-chanteuse de Cado Belle et compagne de l'ingénieur du son Chrys Lindop qui travaillait sur la tournée Platinum de Mike Oldfield, elle est recrutée du jour au lendemain pour accompagner Wendy Roberts aux choeurs sur la tournée. Elle devient la chanteuse privilégiée de Mike Oldfield dès l'album suivant (QE2) et ce pour plusieurs années.

-Phil Collins (né le 30 janvier 1951) a 59 ans. L'excellent démarrage de sa carrière solo contribue à l'essor de Virgin, dont il est un des artistes, au début des années 80. Virgin l'associe à Mike Oldfield en tant que batteur sur l'album QE2, où il joue sur Taurus 1 et Sheba.

-Simon Phillips (né le 6 février 1957) a 53 ans. Simon a 25 ans, quand Mike Oldfield le rencontre à New York en avril 82, pendant sa tournée Five Miles Out, dans un restaurant appelé Tony Romas. Mike le recrute comme batteur, puis co-producteur, pour l'album Crises qu'il enregistre fin 82. Simon Phillips travaillera ensuite avec Mike tout au long des années 80, jusqu'à Heaven's Open en 1991.

-Jon Anderson (né le 25 octobre 1944) a 66 ans. Chanteur célèbre en tant que leader de Yes, mais aussi pour ses oeuvres solos et sa collaboration avec Vangelis, il co-écrit avec Mike et chante In High Places en 1983 et Shine en 1986.

-Roger Chapman (né le 8 avril 1942) a 68 ans. "Chappo" est connu comme chanteur des groupes britanniques Family et Streetwalkers et est caractérisé par le vibrato de sa voix. Il chante sur le titre Shadow on the Wall en 1983.

-Phil Spalding (né le 19 novembre 1957) a 53 ans. Bassiste anglais, il a joué pour Mike Oldfield sur Crises et Islands et l'a suivi en tournée en 1983-84. Il a également été membre du supergroupe GTR et a également joué pour Robbie Williams, Mick Jagger et Kylie Minogue.

-Aled Jones (né le 29 décembre 1970) a 40 ans. Enfant soprano, à l'âge de 15 ans, il chante sur le simple Pictures in the Dark. Il est resté une célébrité au Royaume-Uni et est aujourd'hui chanteur et animateur télé à la BBC.

-Anita Hegerland (née le 3 mars 1961) a 49 ans. Enfant star au début des années 70 en Scandinavie et en Allemagne, elle rencontre Mike Oldfield en septembre 1984 lorsqu'il passe à Drammen, en Norvège (elle a 23 ans). Mike la recrute en 1985 pour chanter sur Pictures in the Dark, puis elle devient sa compagne en 1986, lui donnant ensuite deux enfants. Elle chante également sur les albums Islands, Earth Moving et Heaven's Open. Après sa séparation d'avec Mike (1991), elle est retournée vivre en Norvège.

 

Cet article fait suite à un premier texte intitulé Le temps qui passe... publié en octobre dernier.

Par Nicolas - Publié dans : Collaborations et participations
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Mercredi 7 février 2007 3 07 /02 /2007 19:18

(Ami et collaborateur d'Oldfield depuis 1970)

 

Né à Londres le 4 août 1937 (il a donc 70 ans en 2007), David Bedford est issu d'une famille de musiciens. Il effectue des études à l'Académie Royale de Musique de 1958 à 1961. Il sera plus tard professeur et compositeur résident au Queen's College de 1969 à 1981.

 

A la fin des années 60, il est chargé d'arranger les chansons du spectacle "From Marie-Antoinette to the Beatles" pour un ensemble de cinq instruments. Le stage manager de ce spectacle, Ian Knight, avait auparavant travaillé avec Soft Machine.  Aussi, quand Kevin Ayers, ex-Soft Machine, chercha quelqu'un pour réaliser des orchestrations sur son album Joy of a Toy, Ian Knight lui suggère de solliciter Bedford. Kevin Ayers l'enrôle ensuite comme claviériste pour le groupe de musiciens qu'il se constitue, The Whole World. David Bedford y fait la rencontre de Mike Oldfield, lorsque ce dernier est recruté en tant que bassiste. Pendant l'année où Mike et David jouent ensemble au sein du Whole World, Bedford, 32 ans, prend le jeune Oldfield de 16 ans sous son aile. Il l'encourage dans ses projets de musique instrumentale et lui suggère d'écouter des oeuvres de Delius ou encore Vaughan Williams, notamment.

 

Dans les premières années de Mike Oldfield chez Virgin, David Bedford reste un collaborateur récurrent et fréquent. Il fait d'ailleurs lui aussi partie des artistes signés chez Virgin. Richard Branson lui demande de créer les versions orchestrales de Tubular Bells et Hergest Ridge (Bedford a également aidé Mike Oldfield pour les cordes et choeurs de la version originale d'Hergest Ridge). Mike travaille avec lui sur les morceaux courts Don Alfonso (c'est Bedford qui chante), Speak' (Tho you only say Farewell), First Excursion. A l'inverse, Mike Oldfield est souvent associé aux albums de musique instrumentale de Bedford, où il développe un jeu de guitare souvent plus aventureux que sur ses propres albums : Nurses Song With Elephants, The Odyssey, Instructions For Angels, Rime of the Ancient Mariner, Star's End.

 

En 1976, alors que Virgin traverse des difficultés financières critiques, Richard Branson congédie une partie des artistes du label et pami eux, Bedford. David Bedford écrit une longue lettre à Branson pour lui dire combien il comprend sa décision, compte tenu des faibles ventes de ses albums et lui assure qu'il ne lui en veut pas. Le même jour, il écrit aussi à Mike Oldfield pour lui dire que Branson est une "merde", un "salaud" et un "parasite". Malheureusement, il met les lettres dans les mauvaises enveloppes...

 

Par la suite, David Bedford travaille encore sur Incantations en 1978, puis pour la tournée 1979 (arrangements pour orchestres et vibraphones), sur Platinum (arrangements des choeurs de North Star), QE2 (Arrival et Wonderful land) et surtout sur la B.O. pour La Déchirure. En 1983, Mike crée son propre label et publie une ancienne oeuvre inédite de Bedford, créée en 1971 : Star Clusters, Nebulae and Places in Devon.

 

Au délà de cette amitié et de ces collaborations avec Mike (qui ne semblent pas s'être poursuivies au delà de 1984...), David Bedford a travaillé sur d'autres musiques de film et notamment sur celle de Mission, avec Ennio Morricone. Il a également écrit beaucoup de musique classique pour enfants et scolaires.

 

 

 

Plus d'informations sur David Bedford, en anglais, ici.

 

Par Nicolas - Publié dans : Collaborations et participations
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Mercredi 7 février 2007 3 07 /02 /2007 13:37

Les sept années qui s'écoulent de 1978 à 1984 sont prolifiques pour Mike Oldfield : huit albums (en comptant "Exposed" et la B.O. de "La déchirure", sept tournées, et plusieurs titres dans les classements).

1981, année médiane de ce "septennat" est particulière : c'est la seule au cours de laquelle Mike Oldfield ne sort aucun album studio. Il est vrai que QE2 est sorti le 31 octobre 1980, et que le single "Five Miles Out " sortira en février 1982. Entre les deux, Mike Oldfield passe beaucoup de temps sur scène : sa tournée "European Adventure" s'étale sur tout le mois de mars 81 puis reprend durant l'été suivant (elle passe par Montreux, où le concert a été filmé et sorti en DVD).

Alors, comme l'on fait encore de nos jours, pour faire patienter les fans et maintenir une actualité discographique, Virgin s'emploie en 1981 à sortir des compilations (1980 a déjà vu la sortie de "Music Wonderland" et "Impressions"), ce que justifie déjà par ailleurs une discographie riche de six albums et de nombreux singles inédits en album.

 

Wonderland (Mike oldfield's Wonderland) (Ariola 203.550)

Cette compilation n'est sortie qu'au Bénélux (et peut-être en Allemagne), sous le label Ariola. Elle n'a jamais été rééditée en CD, ce qui est bien regrettable, car elle présentait l'intérêt de proposer deux versions rares ou inédites :

- une version courte de "Wonderful Land", qui serait intégrée également au coffret "Elements" en 1993.

- un mix différent de "Blue Peter" que l'on qualifie du coup de "Dutch mix"

Les autres morceaux sont les piliers de compilation habituels, que l'on retrouve pour la plupart sur les compilations "Music Wonderland" et "Episodes" et sont : "In Dulci Jubilo", "Tubular Bells (excerpt)", "Portsmouth", "Hergest Ridge (excerpt)", "North Star/Platinum Finale", "Ommadawn (excerpt)", "Incantations (excerpt)" et "Guilty (live)".

Le site amadian.net situe sa sortie, non en 1981, mais en mars 1980, ce qui signifierait que "Wonderful land" ait été enregistré et publié très en amont de l'album QE2, ce qui paraît douteux.

 

 

Episodes (Virgin 203803 AE260 et 70065)

Dans la trilogie des compilations sorties en 1980-1981 (Music Wonderland, Mike Oldfield's Wonderland et Episodes), voici la compilation française. Elle de distingue d'emblée par sa pochette extrêmement sobre...

A côté des attendus "Tubular Bells (excerpt)", "Portsmouth", "Hergest Ridge (excerpt)", "North Star/Platinum Finale", "Ommadawn (excerpt)", "Incantations (excerpt)", on retrouve un deuxième extrait d'"Incantations", ainsi que les morceaux "Arrival", "Sheba", "Celt", "Airborne" et "Punkadiddle".

"Episodes" est une des seules compilations de Mike Oldfield (sinon la seule) à ne pas proposer le titre  "In Dulci Jubilo",

 

 

The Skids : Iona  (Virgin VS 449)

La sortie insolite de l'année est ce 45 tours du groupe Punk/New wave "The Skids", sur lequel Mike Oldfield joue du clavier (son Fairlight CMI, vraisemblablement).

Les Skids ont été formé en 1976 par Stuart Adamson et Richard Jobson. Après quatre albums chez Virgin et un succès croissant, Adamson quitte le groupe en 1980 pour aller fonder Big Country. Jobson, laissé en charge du groupe, réoriente la musique vers un rock/folk beaucoup plus classique.

C'est sans doute cette ré-orientation qui explique la contribution de Mike Oldfield, qui n'a jamais caché son aversion pour le punk, et en a toujours voulu à Branson d'avoir signé les Sex Pistols en 1977... Les Skids avaient été signé par Virgin à la même époque. C'est très certainement à la demande du label que Mike a travaillé sur leur morceau.

Le 45 tours "Iona" et l'album "Joy" qui le contient sortent en octobre et décembre 1981. Mais l'album est un échec commercial et précipitera la fin des Skids qui se séparent en 1982.


 

 

Par Nicolas - Publié dans : Discographie
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Mercredi 10 janvier 2007 3 10 /01 /2007 15:05

Le 9 mai 1986, Mike Oldfield est interviewé au téléphone par l'animateur Tim Grundy à l'antenne de Picadilly radio (Manchester). L'entretien, qui débute avec des poncifs sur Tubular Bells, nous apprend ensuite comment Mike écrit les textes de ses chansons.

Tim Grundy (photo des années 90-2000 extraites d'un site de fan) et Mike Oldfield (photo 1987)

 

[Un long extrait de Tubular Bells...]

 

Tim Grundy : Juste un passage de l'album "Tubular Bells", un des plus gros succès de tous les temps. Avant de passer son nouveau simple1, nous allons discuter avec celui qui est derrière tout ça, il est en ligne maintenant. Salut Mike.

 

Mike Oldfield : Bonjour, comment allez-vous ?

 

Très bien, merci. Est-ce que ça vous fait toujours quelque chose d'entendre "Tubular Bells" ?

Eh bien, oui... heu, c'est un très bon morceau et même après les quinze dernières années, ou quel que soit le temps passé, je trouve toujours difficile de faire mieux, donc c'est vraiment un défi de renouveler cette réussite, ainsi que cette réussite musicale.

 

Vous arrive t-il de l'écouter ?

Oui, cela m'arrive en fait, parce que c’est un album qui a un très bon son pour son époque. Vous devez avoir à l’esprit qu’il n’y avait aucun synthétiseur à cette époque et que donc tout avait été joué avec des orgues, des orgues électriques au lieu de synthétiseurs. Bien sûr, aujourd’hui les studios sont informatisés et… et j’écoute cet album juste pour le son. Si je veux installer mes enceintes de studio pour que le son soit bon, je mets ce disque car c’est comme un point de référence.



Peut-être ne pourrait-on le refaire aujourd’hui avec les nouveaux équipements. Peut-être qu’il faudrait prendre de vieux équipements pour obtenir quelque chose qui ait un son aussi frappant ?

Une partie de son charme vient du fait que tout est joué à la main, alors que l’essentiel de la musique actuelle est jouée par des machines et donc il y a une sensation très humaine plus qu’une sensation mécanique.



Une des choses qui m’ont frappé l’autre jour, c’est quand j’ai écouté M. Branson parler du succès de Virgin et j’ai pensé que, vraiment, et je ne veux pas vous embarrasser, mais il n’aurait pas pu faire la moitié de ce qu’il a fait sans le succès de "Tubular Bells". Ca doit vous rendre très fier de ça.

Eh bien, ça me rend très fier et je pense qu’il est une force positive, une influence positive dans le pays, donc je suis ravi si j’ai pu y contribuer.



Etait-il un des rares preneurs, sinon le seul, à vous accepter à l’origine ?

Oh oui, toutes les autres maisons de disque m’ont foutu dehors par la peau du cou en disant « Hors de ma vue, emporte tes saletés avec toi ».



Oui, bien entendu vous avez fait beaucoup de choses depuis lors, et je ne vais pas vous rabâcher là-dessus, et nous avons les plus grand succès qui est un bon album et a une magnifique pochette. Et il me semble que vous collectionnez les pochettes ?

Oui, j’ai la plupart des pochettes accrochées au mur, les œuvres originales, parce que je considère que la pochette est très importante, elle représente l’ensemble de l’album.



Oui, avec une jolie image de l’hirondelle.

Ce que j’ai fait récemment c’est écrire des chansons, ce qui est évidemment plutôt loin de ce qu’était "Tubular Bells" et c’est une discipline différente et j’ai eu un succès raisonnable avec mes chansons. Et cet album était une compilation des singles.



Que voudriez-vous faire ? Vous avez touché à ces deux styles de musique maintenant, c’est un peu comme Jean-Michel Jarre qui avait fait deux albums dans ce genre particulier, puis qui s’est essayé avec des langages et des paroles chantées et maintenant il est de retour dans son style de départ 2. Quel style préférez-vous et sur lequel allez-vous travailler à l’avenir ?

Eh bien, les prochains albums seront un mélange des deux ; j’aime travailler sur des instrumentaux et je pense que "Crises" est sans doute le meilleur que j’ai fait depuis "Tubular Bells" mais j’apprécie aussi les chansons. Mais maintenant il y a une nouvelle dimension à ce que je fait qui est de réaliser des images pour accompagner la musique. J’ai cette installation vidéo chez moi, côte à côte avec le studio et une caméra et tout le reste et lorsque je fais de la musique, j’essaie de penser aux images qui vont aller avec et tout ceci devrait aboutir à un album vidéo qui devrait être publié en début d’année prochaine 3.



Ca semble être un projet intéressant.

Oui.



Est ce que la vidéo de 'Shine' est quelque chose que vous avez fait vous-même ?

Oui, ainsi que le single avant ça avec Aled Jones, 'Pictures In The Dark'. Elles ont été faites chez moi avec un de mes amis qui est très bon en animation par ordinateur, donc on a fait un mélange de prises de vues réelles et d’animation par ordinateur. C’est quelque chose que j’aime beaucoup, personnellement.



Les graphismes dans la vidéo de 'Shine' sont d’une très haute qualité.

Merci beaucoup.



Pourquoi avez vous choisi Jon Anderson?

Eh bien, nous avions travaillé ensemble une paire de fois auparavant, nous nous étions bien entendu et j’aime sa voix et il est facile de travailler avec lui. En fait, nous avons écrit les paroles par téléphone. Il vit à la Barbarde, et ça a donc été un coup de fil très coûteux. Donc j’ai dit « Bien, la mélodie fait "da da da da da da da da da da" » et il a dit « Oh très bien, puis-je réfléchir à quelques mots pour ça » et enfin nous avons fait la chanson ensemble dans mon studio à Londres.



Certaines personnes vont sourire à l’idée que l’écriture d’une chanson puisse être si facile, mais, sérieusement, est ce que c’est souvent si facile ?

Eh bien, je dois confier mon secret. J’ai ces quelques livres. L’un est un dictionnaire de rimes. Un autre est un Roget's Thesaurus et un dictionnaire de synonymes. Je trouve que si vous savez ce dont vous voulez que la chanson parle, n’importe quelle phrase fait l’affaire comme point de départ et un titre et ce n’est pas si difficile. Peut-être qu’il faut compter 3 ou 4 jours pour obtenir les paroles d’une chanson.



Est ce que cela veut dire que certaines lignes sur lesquelles les gens vont passer des heures à chercher le sens que vous avez voulu donner, en fait c’est quelque chose que vous avez collé ensemble et cela sonnait bien et avait l’air bien sur le papier ?

C’est exact et c’est très important que les paroles sonnent bien quand elles sont chantées. Vous pouvez avoir des paroles magnifiques mais constater en les chantant qu'elles rendent affreusement mal. Donc une autre discipline est d’être capable qu’elles rendent bien dans la musique.



Bon, nous allons écouter le single maintenant. C’est un excellent single et je vois qu’il vient d’entrer dans les charts ce qui est bien.

Oh c’est génial. Oh, gardez un œil sur moi et Jon à la finale de la coupe demain parce que nous comptons y aller.



Vraiment ? Quelle équipe allez-vous supporter ?


Liverpool je pense.



Quand vous dites « je pense », c’est que vous n’êtes pas loyal à l’un des deux camps, en fait ?

Pas vraiment . J’ai grandi à Reading, donc je suis supporter de Reading, mais évidemment ils ne sont pas en finale de la Coupe.



Non, mais ils ont fait une très bonne saison.

Oui 5.

 

 

Interview restranscrite par David Prye. Traduction amateur par Nicolas Delnatte d'après le texte restranscrit disponible sur tubular.net et Pat's Mike Oldfield Page.

 

 


 

 Notes :

1 : Le simple "Shine" est sorti en avril 1986

2 : "Rendez-Vous" de Jean Michel Jarre est sorti en avril 1986

3 : Mike Oldfield évoque "Islands" et sa vidéo, qui paraîtront finalement de façon dissociée : l'album sortira en septembre 1987 alors que la vidéo ne sortira qu'en 1988.

4 : La finale de la Coupe d'Angleterre de football oppose le 10 mai 1986 le FC Liverpool au FC Everton (autre club de la ville de Liverpool). Le match sera gagné 3-1 par le FC Liverpool.

5 : Le FC Reading termine en première place du classement de troisième division et monte en deuxième division à la fin de la saison 1985-1986

Par Nicolas - Publié dans : Articles et entretiens
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Mercredi 3 janvier 2007 3 03 /01 /2007 16:11

Quelques nouvelles fraîches concernant l'objet de ce blog, Mike Oldfield.

Mike Oldfield a participé l'automne dernier à la tournée Nokia Night of the Proms, en tant que vedette principale en Allemagne, aux côtés d'OMD et de Miriam Stockley (ex-Adiemus). Le principe de cette tournée est d'associer plusieurs vedettes à un orchestre symphonique et un choeur.

Cette tournée passera par la France en mars 2007, mais malheureusement, Mike Oldfield n'en fera pas partie : les vedettes y seront Tears For Fears, Lara Fabian, Murray Head et Christophe Willem.

Par contre, Mike Oldfield est annoncé pour les deux concerts espagnols qui concluent la tournée à Valence et Madrid les 30 et 31 mars 2007 !

 

En Allemagne, Mike Oldfield avait interprété :

- un medley de Tubular Bells

- un medley d'Ommadawn

- Moonlight Shadow (Miriam Stockley au chant)

- To France (Miriam Stockley au chant)

- Shadow on the Wall (John Miles au chant)

 

Miriam Stockley ne sera pas présente en Espagne, mais sera remplacée aux côtés de Mike Oldfield par Rosa Cedrón ("The Inner Child" sur Tubular bells III).  A  priori, cela permettrait à Mike de suivre la même set list pour les deux concerts de la fin mars.

Apparemment un CD officiel des Night of the Proms sort après les tournées. Le CD allemand contient donc trois titres de Mike Oldfield (Tubular Bells, Ommadawn et Shadow on the Wall).

Sur le plan des publications, 2007 devrait nous apporter :

- le DVD du Space Movie, documentaire paru en 1979 illustré par de la musique de Mike Oldfield et en particulier la version orchestrale inédite d'Hergest Ridge et une version différente de la fin de la partie 4 d'Incantations. La parution est prévue chez Voiceprint.

- l'autobiographie de Mike Oldfield, prévue en mai prochain chez Virgin Books. Elle s'intitulera Changeling. Elle est co-écrite par Jon Collins. Mike Oldfield a annoncé qu'il donnerait les deux premières années de royalties à une oeuvre de bienfaisance appelée Sane.

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Par Nicolas - Publié dans : Actualités
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Mercredi 22 novembre 2006 3 22 /11 /2006 23:46

De 1979 à 1986, Mike Oldfield vit à Denham. Le studio dans lequel il y travaille nous est connu par une photo incluse dans la pochette de l'édition 33 tours de Five Miles Out (1982). Mais on en apprend également un peu plus par l'article publié par Ena Kendall dans le supplément d'Observer Colour le 3 juillet 1983.

(traduction amateur : le terme "room" a été traduit en "studio" ou "salle d'enregistrement")

A Room of My Own

par Ena Kendall

(Supplément Observer Coulour du 3 juillet 1983)

 

Mike Oldfield a développé un goût pour les pièces carrelées lors de ces tournées internationales qui prennent une bonne moitié de l'année pour un artiste rock à succès tel que lui. La plupart de ses concerts sur le continent se sont produits dans des salles de sports de type germanique, dont les vestiaires immaculés l'ont fortement impressionnés. De fait, quand il s'est agi de concevoir son propre studio, il a décidé de carreler non seulement les murs et le sol, mais aussi le plafond.

 

Le compositeur de Tubular Bells, le disque qui a sonné à toute volée dans la scène musicale il y a dix ans, vit dans une maison à pignons près de Denham, dans cette partie du Buckinghamshire où les villages typiques de cartes postales sont pratiques pour les tournages et figurent dans des douzaines de vieux films britanniques. Les allées locales, bordées de hêtres, continuent d'attirer des célébrités en quête d'intimité, mais c'est l'aérodrome de Denham qui a décidé Mike Oldfield à déménager ici avec son avion, il y a trois ans, depuis le Gloucestershire(1). Sa maison de douze pièces, vieille de 140 ans, est entourée par les champs, avec une clotûre de pieux et traverses en bois et un jardin exceptionnel. Sa salle d'enregistrement a d'abord été dans une grange, puis a pris la partie d'un appartement et est maintenant conçue comme un lieu de refuge pour le compositeur, mitoyen à un studio rempli de circuits éléctroniques qui doivent réjouir le coeur d'Electricity Board(2).

 

Il avait des besoins acoustiques variés quand il a conçu la salle d'enregistrement. "Le coin opposé a du liège sur les murs, comme cela si je veux travailler sur, par exemple, les guitares acoustiques, le son est chaud et proche. Si je me place dans cette section carrelée, le son devient plus clair et il y a plus d'écho." Le plafond, avec des spots lumineux encastrés, est en escalier et tapissé de petites dalles de céramiques, luisantes comme du nacre et bordées de baguettes écarlates dont la couleur capte le rouge vif du carrelage au sol.

 

Seuls des musiciens sont autorisés à entrer dans le studio. Il est à demi-insonorisé et a de solides verrous sur ses deux portes. Ici, Mike Oldfield compose, travaillant parfois sur un instrument musical informatique sophistiqué, fabriqué en Australie, et comprenant un écran un clavier musical et un crayon optique(3). Mais rien ne peut vraiment le détourner de composer, et il lui arrive de griffoner des idées sur un bloc-notes ou sur du papier à cigarettes.

 

La partie "douce" du studio est assortie d'une moquette vert olive à longs poils. L'extrémité carrelée permet plus de flexibilité, et le tapis pakistanais peut être enlevé pour créer plus d'écho. Les tapis orientaux sont une passion de Mike ; il a acheté celui-là il y à huit ans avec les royalties de Tubular Bells. Les fauteuils de bureau en cuir noir sont des achats récents du West End ; la table ronde vitrée avec des garnitures en cuivre vient d'une boutique du Beaconsfield voisin. Il raffole des tables vitrées car elles donnent l'illusion de prendre moins de place.

 

Sur cette table se trouve l'un des huit boomerangs de la collection qu'il a acheté en Australie l'an dernier(4). Il aime le lancer de boomerang. "Ca demande pas mal d'entraînement pour les faire revenir, et ensuite pour les rattraper. mais celui-ci est un boomerang de chasse, pas un boomerang qui revient. Les chasseurs le lancent dans un vol de canard ou autre, il va tourner sur lui-même et va finir par en assomer un." Sur l'autre table, plus petite, se trouve une photographie de sa fille Molly, qui a trois ans (il a également un fils, Dougal, 18 mois), et le trophée doré du "Grammy" de l'Académie Nationale des Arts et Sciences de l'Enregistrement pour Tubular Bells.

 

Il conserve trois de ses 25 guitares dans cette pièce, rassemblées autour de la lampe en bronze avec son ombre colorée, un achat effectué à King's Road. Dans la Maison Oldfield, les guitares sont traitées avec une certaine révérence. "Elles ont toutes un caractère différent", dit leur propriétaire, "et elles sont utilisées dans différents buts." L'instrument à l'air gitan, au centre, avec son coprs en fibre de verre écarlate et ses décorations laminées est une guitare électrique conçue pour se brancher sur la sonorisation PA  d'un théâtre. Les deux autres sont des guitares d'apoque -environ le même âge que Mike, né en 1953. "Elles sont des antiquités, maintenant ; dans une centaine d'années, elles seront l'équivalent de stardivarius."

 

Le grand tableau contemporain accroché au mur représentant un avion volant sur des nuages orageux est de Gerard Couslon, qui est spécialisé dans les peintures d'avions de guerre. Le père de Mike Oldfield est médecin et pilote de planeur, et a présenté son fils à Coulson, qui a piloté des avions remorqueurs utilisés pour tracter les planeurs. Le tableau a été commandé pour commémorer un vol effrayant qu'avaient fait Mike et ses musiciens, survolant les Pyrénées dans une tempête. Il a romancé le vol dans un morceau intitulé "Five Miles Out".

 

Mike pilote lui-même, mais est passé des avions aux hélicoptères. Il n'avait cessé d'avoir des expériences désagréables avec son propre petit avion, comme voler en rond sans fin autour de sa maison sans savoir si le train d'atterrissage était sorti ou pas, à cause d'un voyant lumineux défectueux. "J'ai du voler jusqu'à la tour de contrôle de Denham pour qu'ils puissent regarder avec des jumelles. Par chance, le train était sorti." Aujourd'hui, il pilote des hélicoptères de location de son jardin et se sent beaucoup plus heureux.

 

Il change aussi de véhicules sur le plan musical ; il projette de composer pour le cinéma. Après un gros concert pour fêter le 10e anniversaire de Tubular Bells au stade de Wembley le 22 juillet, il va commencer à travailler sur la musique du dernier film de David Puttnam, "La déchirure" ; les feuilles de cigarette risquent d'être très demandées dans ce coin-ci de Denham.

 

Notes du blogueur-traducteur :

(1) : Mike Oldfield habitait précédemment à Througham, dans la maison décrite dans cet article

(2) : équivalent d'EDF au Royaume-Uni.

(3) : il s'agit de la description du Fairlight Computer Musical Instrument ou Fairlight CMI, le premier synthétiseur-échantilloneur, développé par la société australienne Fairlight.

(4) : La tournée "Five Miles Out" de Mike Oldfield était une tournée mondiale qui l'avait emmené en Nouvelle-Zélande et Australie en mai 1982.

Par Nicolas - Publié dans : Articles et entretiens
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Mardi 31 octobre 2006 2 31 /10 /2006 08:00

En août 1981, le compositeur et guitariste Mike Oldfield vient de terminer une tournée européenne gigantesque (The European Tour) avec un groupe de 5 musiciens : Rick Fenn (guitare et basse), Tim Cross (claviers), Morris Pert (batterie), Mike Frye (batterie) et Maggie Reilly (chant).

C'est sans doute le moment de sa carrière où il se sent le mieux avec un groupe puisqu'il se met, dès septembre, à enregistrer (et composer !!) avec ces musiciens ce qui sera son album le plus "collectif" : Five Miles Out !

Mike Oldfield avait connu la gloire dès 1973 pour un album historique composé et interprété seul -à une époque où les charts anglais sont dominés par des groupes. A partir de 1979, la musique de Mike se fait plus rock et se décline en concert : une tournée européenne par an à partir de 1979 ! Mais Mike compose toujours toute sa musique sauf lorsqu'il l'emprunte à d'autres compositeurs : Philip Glass, les Shadows, Bach... ou ABBA !

Revenons à Fives Miles Out. L'enregistrement dure jusqu'en janvier 1982 et "Five Miles Out" paraît le 19 mars 1982.

Comme d'autres albums de Mike, celui-ci contient une grande composition instrumentale étalée sur une face du vinyle, tandis que des morceaux courts (chansons, instrumentaux courts) constituent l'autre face.

Sur un CD, cela fait 5 morceaux pour une durée totale de 50 mn tout rond !

"Taurus II" est un instrumental de 25 minutes où la guitare de Mike Oldfield se taille la part du lion (Oldfield étant du signe du Taureau, d'où le titre Taurus). La guitare électrique d'Oldfield, ici étincelante et hyper-vitaminée, slalome sans cesse entre des batteries virevoltantes, des accords d'instruments à vent ou de cordes, des chants vocaux et des passages folks, notamment quelques airs de la cornemuse sympathique du respecté Paddy Moloney.
Les inspirations rock, hard rock, folk, voisinent avec des chansons enfantines délicates et des passages plus fantaisistes (des jacassements d'oies sont cachés dans le morceau).
Certaines mélodies de "Taurus II" sont des développements d'idées ébauchées dans le morceau "Taurus 1" de l'album précédent et étoffées lors de la tournée 81.

"Family Man" est une chanson composée par le "groupe". Elle a été reprise à l'identique (même bande sonore) par le groupe Hall & Oates qui en fait un tube aux USA en 1983.

"Orabidoo" est un instrumental de 10 mn, également composé collectivement. Il compose par une musique très délicate qui semble interprétée par une boîte à musique. Puis le morceau s'étoffe avec des couplets et refrains au vocoder, dans un passage aux arrangements assez sophistiquéa mais à la mélodie imparable. Une certaine émotion naît de la fragilité de ce passage.
Une transition fuguée, déjà entendue dans "Taurus II", amène l'auditeur à une deuxième partie plus typiquement oldfieldienne, la guitare construisant un thème qui s'amplifie au fur et à mesure, et éclate dans un final réjouissant.

"Mount Teidi" est un petit instrumental charmant de Mike Oldfield enregistré avec l'héroïque batteur Carl Palmer (de Emerson, Lake & Palmer et Asia). La version live sur "The Complete" est meilleure que cette version studio, assez sage.
Pour la petite histoire, Mike Oldfield a enregistré plusieurs morceaux avec Carl Palmer à cette occasion. Ils restent inédits au grand désespoir des fans, mais Carl Palmer a édité l'un d'entre eux ("Ready Mix") sur sa compilation-rétrospective en 2001.

"Five Miles Out", chanson-titre de l'album, est une composition de Mike Oldfield qui raconte comment il a faillit se planter aux commandes de son avion privé dans une tempête. Musicalement, c'est un morceau très réussi, tout en contraste, rappelant "Taurus II" dont il reprend d'ailleurs quelques thèmes. Des couplets au vocoder (Mike chante en duo avec Maggie Reilly) alternent avec des passages de guitare très rocks et des immixtions de cornemuse.
Encore pour la petite histoire, ceux qui écouteront attentivement au casque reconnaîtront la mélodie de "Tubular Bells", très faiblement mixée dans l'intro du morceau. On l'entend nettement mieux dans la version "single" reprise dans la compilation "The Complete".

Le livret du CD n'a malheureusement pas repris la "Track sheet" colorée que l'on découvrait en ouvrant la pochette du 33 tours...



Je ne peux m'empêcher de vous citer ici l'avis de l'excellent Jean-Pascal (pas celui de la Star Ac', mais le génial auteur du site http://www.maison-page.net ) :

"Mike Oldfield - Taurus 2, exemple bizarre d'une branche de la pop qui est "morte née". C'est pas du rock progressif (bien trop farfelu, pas dans les normes), pas du classique, pas de la musique électronique (trop pop), c'est quoi alors ? Disons que ça a la structure du classique (les thèmes explorés le sont sur une ou deux minutes, pas plus), ça en a la forme quasi organique (mutations permanentes, reprises de thèmes sous d'autres timbres, instrumentation très diverses, rythmique interne complexe - passages lents, doux, fous, rapides, forts -). Il y a ici un sens évident du JEU, une sorte de jubilation qui se manifeste dans plusieurs couches : jeux des timbres (flûtiaux, cornemuses inattendues, vocoder, percussions en festival), jeux de rythmes (accélérations surprises, espaces vidés, reprises), etc... On a l'impression continue d'avoir affaire à un orchestre très complet qui s'amuse beaucoup (même si Oldfield fait presque tout, ici). Détails : c'est un des premiers morceaux qui utilisait aussi massivement le Fairlight (le sample, on dit maintenant), surtout dans les flûtes et les sons d'orchestre à corde). Pour moi, beaucoup d'atouts sont réunis dans ce grand sac musical : c'est un festival mélodique et harmonique, c'est un régal de timbres (des percussions aux claviers en passant par les basses, flûtes, guitares électriques et autres carillons), c'est un régal d'ambiance (en résumé : c'est très rigolo à écouter), et c'est un régal de "grande forme" (le déroulement est très ingénieux, et le bonhomme sait faire jouir l'auditeur avec diverses montées, surprises et bizarreries). Plus personne ne fait cette musique, évidemment. Le bidule fait presque 25 minutes. Hop !"


Après cet album lumineux, électrique, jouissif et positif, Mike réalisera l'album "Crises" en 1983, promis à une très belle carrière dans les charts (le tube "Moonlight Shadow") mais rompant avec cet épisode très rock et très collectif de sa discographie.

Un des albums du Top 3 des fans européens, et un album à acheter en priorité pour découvrir Mike Oldfield !

Ma cotation pour cet album : 10/10

Par Nicolas - Publié dans : Discographie
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Vendredi 27 octobre 2006 5 27 /10 /2006 08:00

(Chanteuse pour Mike Oldfield en 1998-1999)

J'ouvre maintenant une nouvelle rubrique sur les différentes collaborations , participations de Mike Oldfield, ses reprises, et ses collaborateurs...

Pepsi DeMacque, aux côtés de Miriam Stockley, au concert de Berlin le 31 décembre 1999.

Lawrie "Pepsi" DeMacque est née le 10 décembre 1960 à Paddington, à Londres (Westminster). En 1983, elle remplace Dee C. Lee comme choriste/danseuse du groupe Wham!, aux côtés de Shirlie Holliman et des chanteurs George Michael et Andrew Ridgeley. Elle participe aux plus gros succès du groupe.

En 1986, le groupe Wham! se sépare, et Pespi DeMacque et Shirlie Holliman forment le duo "Pepsi & Shirlie". Leur premier album, "All Right Now", mélange de Rn'B et de dance, sort en 1987. Leur succès est assuré par le simple "Heartache". Un deuxième album sort en 1991 ("Changes"), promu par le single "Someday", composé et produit par George Michael. Le duo se sépare peu de temps après, mais se retrouve en 1999 pour enregistrer les choeurs d'un titre de Geri Halliwell, "Bag it Up".

Dans les années 90, Pespi DeMacque participe à des comédies musicales en Grande-Bretagne : reprise de "Hair" en 1993, et création de "Leader of the Pack", hommage à la chanteuse Ellie Greenwich, en 2000.

En 1999, Pespi DeMacque enregistre, sous le nom de 'Infamy', une reprise du tube des années 80 "You spin me Round" de Dead or Alive, avec George Michael aux choeurs. Elle aurait également (quand ? je n'en sais pas plus) fait des choeurs pour Spandau Ballet, Five Young Cannibals et Andy Taylor (ex-Duran Duran).

Le 4 septembre 1998, Mike Oldfield doit monter sur scène pour un concert exceptionnel au Horseguard Parade de Londres pour sa première de 'Tubular Bells III' . La chanteuse Cara Dillon ne pouvant assurer ce concert, Mike consulte le guitariste Hugh Burns que Warner lui a proposé pour assurer la guitare rythmique au concert : "connais-tu de bonnes chanteuses ?". Hugh Burns lui répond : "Je vais y réfléchir".

Hugh Burns est un guitariste de studio, qui a collaboré sur plusieurs disques renommés. C'est lui qui assure le solo de guitare sur le fameux Baker Street* de Gerry Rafferty. Il a également été guitariste sur plusieurs albums de Wham! et de George Michael (on entend sa guitare dans Careless Whisper et Faith). Il connaît donc Pepsi DeMacque, et a d'ailleurs travaillé avec celle-ci à d'autres occasions.

Le lendemain de la demande de Mike Oldfield, Hugh Burns lui propose donc de contacter Pepsi DeMacque. Mike Oldfield la rencontre et apprécie son professionnalisme et son caractère positif, et surtout le fait qu'elle chante bien toutes les chansons prévues. Il la recrute donc pour le concert. Elle y chante Man in the Rain, Moonlight Shadow et Family Man.

Durant l'été suivant (1999), c'est un groupe très féminisé qui suit Mike Oldfield pour sa tournée 'Then& Now'. Pepsi DeMacque en fait partie et chante Family Man, Moonlight Shadow et un énergique Shadow on the Wall. Mike fait encore appel à elle peu de temps après pour enregistrer la chanson Sunlight Shining Through Cloud sur l'album 'The Millennium Bell', puis pour l'interpréter à Berlin lors du concert du passage à l'an 2000 'Art in Heaven', où elle reprend également Shadow on the Wall. Dans toutes ses prestations avec Mike Oldfield, Pepsi apporte un certain groove, bouge et se déplace énormément, ce qui contraste beaucoup avec l'attitude réservée de Mike Oldfield sur scène ou du souvenir que l'on a de Maggie Reilly dans les années 80.

D'après un article de Wikipédia, Pepsi DeMacque vivrait aujourd'hui à Wellington, Nouvelle-Zélande, où elle travaillerait dans une boutique de cadeaux à Lambton Quay. Il ne semble pas que se participation soit prévue pour le concert de fin d'année de Mike Oldfield dans le cadre des Nights of the Prom de Nokia.

 

(*) Le saxophone de Baker Street est tenu par Raf Ravenscroft, qui a également collaboré avec Mike Oldfield (Islands, Heaven's Open)

Par Nicolas - Publié dans : Collaborations et participations
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Jeudi 19 octobre 2006 4 19 /10 /2006 08:00

Beyond the Ridge, portrait d'un génie
Par Karl Dallas

(MELODY MAKER, 25 octobre 1975)

Mike Oldfield l'a refait ! Après Tubular Bells, qui a explosé au hit-parade, et Hergest Ridge vient Ommadawn. Et ici, Oldfield discute de son nouvel album avec Karl Dallas.

 


"THROW 'EM?" demanda l'homme dans le pub, quand nous lui demandâmes la route. "Oh, vous voulez dire Thruff 'em, du côté où vit ce Peter Wyngarde, là où ce nouveau type qui fait de la pop vient de s'installer. On espère qu'il ne trame pas les mêmes bêtises.

Thruff 'em épelé Througham, est la nouvelle retraite campagnarde de Mike Oldfield, et la rumeur a rapidement fait le tour des habitants du Gloucestershire que Mike Oldfield, celui connu pour Tubular Bells et Hergest Ridge, était venu s'installer parmi eux pour produire son quatrième chef d'oeuvre.

Oui, vous avez bien lu, j'ai dit quatrième.

Parce qu'un moment après qu'il se soit libéré de Hergest Ridge, Mike n'avait pas la moindre idée de ce qu'il allait faire ensuite -si encore il allait faire quelque chose- mais maintenant qu'Ommadawn, son troisièmealbum, est sorti, sa tête bouillonne à nouveau d'idées pour de futur albums. La seule chose qui l'arrête pour le moment est le temps qu'il lui faut pour adapter une vieille grange dans sa nouvelle maison à un studio 24 pistes.

The Beacon, où Mike avait enregistré la totalité d'Ommadawn (à l'exception des percussions Jabula, qui furent enregistrées dans la folie au Manor), était au bas d'une pente raide où tout a du être transporté à bras, pianos, meubles, tables de mixages et Dolbys.

Connaissant son attrait pour l'isolement, ce n'était pas une surprise que la nouvelle maison où il vient d'emménager se situe en contrebas d'une vallée, au bout d'une route qui se termine par un chemin de terre. C'est un bâtiment magnifique, en pierres grises, dont certaines parties datent du 13e siècle, avec un jardin ornemental à la française en train d'être restauré. Bref, juste le style d'endroit, où n'importe lequel d'entre nous irait s'installer s'il devenait le compositeur  le plus vendeur du 20e siècle, avec des disques d'or jusque dans les toilettes pour le prouver.

Non que la vie de château ne soit sans problème. Malgré le parfum de pain fraîchement cuit que les crêpes exhalaient depuis la cuisine, il apparaissait qu'il y avait de sérieux problèmes sur le front culinaire, comme pomper l'eau de la source, et toutes les tasses à thé devaient être rincées sous le filet d'eau d'un jerrycan prêté par un villageois amical du voisinage.

Personne ne savait où était passé Oldfield. Il était, comme on devait l'apprendre plus tard, parti rencontrer les habitants autour de quelques pintes de Guinness. Pour boire de la Guinness, ont sait qu'il est déjà parti jusqu'à Edinbourg sur un coup de tête quand le mixage ne se passait pas bien.

Ce sont ces caprices, quand il s'agit de s'accomoder des médias qui lui ont donné une mauvaise réputation auprès de ceux qui considèrent qu'une interview est une interview et pas le moment de discuter des nouvelles du coin.

Alors que pour Mike, tous les contacts humains se valent, et les affaires sérieuses sont quelque chose qu'il est tout à fait possible d'effectuer en même temps que les choses importantes de la vie, comme faire voler des modèles réduits ou monter à cheval (son hobby actuel, comme tout le monde va rapidement le remarquer en écoutant la face deux d'Ommadawn). Et, bien entendu, boire de la Guinness.

Oldfield, cependant, est maintenant presque prêt à répondre aux questions. Après s'être détendu en écoutant  Thomas Tallis et Magma et des morceaux d'Ommadawn, qu'il voulait faire écouter à Leslie Penning, le joueur de flûte, qui ne l'avait pas entendu depuis qu'il avait enregistré ses parties, nous sommes entrés dans le vif du sujet, mais pas avant  quelques considérations préliminaires sur le titre de l'album.

Où l'avait-il trouvé ? demandai-je, sachant bien (ou pensant savoir) que c'était le mot gaélique pour "le fou".

"Je l'ai d'abord vu écrit" dit-il, "sur un bout de papier, les mots que Clodagh Simonds avait inventé. Environ une semaine après ça, j'ai regardé les mots qu'elle avait écrit et je l'ai vu là, et j'ai pensé 'c'est un nom sympa'"

Savait-il ce qu'il voulait dire, à ce moment ?

"Ca ne veut rien dire", dit-il.

C'est du gaélique, maintenai-je. Amadan (prononcé ommadawn) veut dire "le fou."

"Non," réponda-t-il, "il y a un mot qui lui ressemble vaguement, qui est gaélique et signifie fou, mais Ommadawn ne veut rien dire."

Est-ce que le titre est venu avant qu'il ne commence à travailler sur ce projet?

"Non, c'était vraiment à la fin. Le morceau avec les percussions et les voix dessus, je l'ai fait deux fois, et j'ai fait les voix plusieurs fois pour qu'elles soient parfaites, et Clodagh a fini par arriver à minuit, pour travailler toute la nuit et rentrer à Londres tôt le lendemain matin parce qu'elle devait aller à son travail."

La dernière fois que nous avions discuté, juste après Hergest Ridge, il avait pensé qu'il était peu probable que son disque suivant serait une autre oeuvre épique (pour reprendre ses propres termes du moment). Et pourtant, maintenant le voici, avec une autre oeuvre épique. Comment est-ce arrivé ?

"Il semble que c'est ce qui s'est passé," dit-il. "Ca a commencé à prendre forme au début du mois de janvier. J'avais juste deux mélodies qui allaient ensemble à la guitare accoustique, et ça sonnait bien, et j'ai tout développé à partir de ça." Il fredonna les deux premiers thèmes de la face un pour illustrer.

A-t-il trouvé ça difficile ?

"Eh bien, j'ai eu des tas de problèmes, évidemment. J'ai fait la totalité de la face un deux fois. Je pense qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas, probablement avec la bande avant que je me la procure, ou alors il est possible que je l'ai passée tellement de fois, des centaines de fois, qu'elle a commencé à perdre ses oxydes, à être esquintée. Personne ne sait ce qui s'est passé. Mais c'est formidable que ce se soit passé comme ça, car autrement je ne l'aurai pas recommencé et ça n'aurait pas été moitié aussi bon. Ce que je veux dire, c'est que je l'aurai recommencé même si la bande n'avait pas été abîmée. Le premier essai devait être définitif, et quand je l'ai terminé, je l'ai écouté et réalisé que ça n'allait être qu'une démo. C'était quasiment un choc. Et je devais tout reprendre."

Précédemment, en se référant aux choses qu'il avait dites à l'époque d'Hergest Ridge, il avait dit que Tubular Bells représentait ses sentiments sur la vie en ville, tandis que le "Ridge" était une réaction au panorama qui lui avait donné son nom. Donc, que représente "Ommadawn" ?

"J'ai seulement supposé qu'ils pouvaient avoir ces sources d'inspiration", corrigea-t-il. "Je ne sais pas, vraiment. Je n'ai même pas de supposition pour le nouveau."

Quel était son était d'esprit pendant qu'il le composait ?

"Obsédé."

Par le fait de le faire?

"Mmm," acquiessa-t-il. "J'étais beaucoup pIus solide, personnellement, que quand je faisait les autres. Un peu plus confiant."

Confiant musicalement, ou personellement?

"Personellement."

Est-ce que cela veut dire qu'il s'est fait à toutes les choses qui lui étaient arrivées ?

"Non," ria-t-il.

Mais trouvait-il plus facile de faire avec la vie maintenant ?

"Je le pense, un petit peu. Je suis un peu plus solide. Je ne trouve plus tout aussi ahurissant qu'avant. Je commence à m'abituer un peu à être comme je le suis, ici."

Donc, il s'est fait à lui même, au moins ?

"Eh bien, j'ai juste commencé, vraiment. Je suppose que ce disque en est une image. La deuxième face, en particulier. Non, l'ensemble. Il n'a pas une tonalité aussi effrayée que les autres. Il sonne un peu plus solide."

Donc ce n'était pas une tentaive d'auto-thérapie musicale, comme il avait pu le suggérer au sujet de l'album précédent, mais plus un reflet de son état d'esprit actuel ?

"Eh bien, je ne sais pas. Je n'ai aucune idée de ce qui se passe. C'est une chose que je ne comprend pas, pourquoi je le fais et ce que ça représente quand c'est fini. C'est drôle."

Etait-il aussi satisfait qu'il l'était d'Hergest Ridge quand il l'avait terminé ? (un peu plus tôt, il avait réaffirmé sa satisfaction de cette oeuvre, bien qu'il parle maintenant de la remixer).

"J'en suis très satisfait. la seule différence est qu'après Hergest Ridge, je ne pouvais m'imaginer faire un album de plus. Mais après celui-ci, je peux m'imaginer en faire d'autres à la pelle. Je veux me mettre à un autre très vite. Donc ce n'est pas la fin, pour moi. Evidemment, il n'a jamais été question que je ne compose plus après Hergest Ridge, mais c'est un peu ce que j'avais ressenti. Mais, pour celui-ci, et surtout après l'avoir réalisé et avoir emménagé ici, à moins que je ne me crashe en voiture une nuit, je vais évidemment faire beaucoup de musique, affreusement beaucoup."

Des idées?

"J'ai quelques idées. Tu sais, ce sont juste des spéculations pour le moment, mais il devrait y avoir ici assez de place pour enregistrer avec un petit orchestre, et j'aimerais assez bien faire ça."

Partir en tournée ? Un mouvement de la tête. Il n'a jamais ressenti le besoin de communiquer directement avec son public.

"Pas avec un public. Je communique, en tête à tête, mais pas avec une grande masse de gens."

Nous discutâmes pendant un moment sur la chanson "horseback", qui va probablement plus faire l'objet de commentaires pour ou contre, que toute autre partie de l'album. Un peu plus tôt, Leslie Penning avait expliqué comment il avait initié Mike à l'équitation, et comment la chanson  lui avait renvoyé l'expérience si profondément qu'il avait pleuré, quasi littéralement, quand Mike la lui avait chanté.

"Je l'ai seulement découverte quand j'ai été sur le dos de ce grand animal," dit Oldfield.

Quelle était l'importance de cette chanson pour l'album ?

"Très importante. C'est comme si elle lui donnait un équilibre. Il y a eu comme un sur-pessismisme (sic) sur l'album, en particulier la fin de la première face, même si certains trouvent que ça les rend joyeux. Il y en a d'autres qui trouvent que ça les rend tristes. Ca m'a terrorisé à mort quand je l'ai fait. Quand j'ai joué la guitare électrique, j'ai trouvé ça vraiment effrayant. Je ne pouvais plus dormir. Et la chanson sur le cheval est un peu le contraire de ça. Peut-être pas le contraire, mais en tout cas, ça le compense. Il y a ce couplet dedans, 'some find it strange to be here' ('certains trouvent bizarre d'être là'). C'est certainement mon cas. Et c'est sans doute pour beaucoup dans le fait que je fais de la musique".

Par Nicolas - Publié dans : Articles et entretiens
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