Mike Oldfield

Mike-1978.jpgMike Oldfield, compositeur, guitariste, et multi-instrumentiste britannique est l'objet de ce blog, où je viens ajouter, une à deux fois par mois, une bribe de biographie ou  quelques informations sur sa riche discographie.

Flash infos

Septembre 2011 : L'édition Deluxe d'Incantations avec le remixe de l'album de 1978, des raretés ("Pipe Tune") ainsi que des extraits inédits est sortie. Dans une interview donnée au site Drowned in Sound, Mike indique qu'il a commencé à travailler sur les remixes de Platinum et que son "grand projet" sera le mix 5.1 d'Amarok.

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Mardi 31 octobre 2006 2 31 /10 /Oct /2006 08:00

En août 1981, le compositeur et guitariste Mike Oldfield vient de terminer une tournée européenne gigantesque (The European Tour) avec un groupe de 5 musiciens : Rick Fenn (guitare et basse), Tim Cross (claviers), Morris Pert (batterie), Mike Frye (batterie) et Maggie Reilly (chant).

C'est sans doute le moment de sa carrière où il se sent le mieux avec un groupe puisqu'il se met, dès septembre, à enregistrer (et composer !!) avec ces musiciens ce qui sera son album le plus "collectif" : Five Miles Out !

Mike Oldfield avait connu la gloire dès 1973 pour un album historique composé et interprété seul -à une époque où les charts anglais sont dominés par des groupes. A partir de 1979, la musique de Mike se fait plus rock et se décline en concert : une tournée européenne par an à partir de 1979 ! Mais Mike compose toujours toute sa musique sauf lorsqu'il l'emprunte à d'autres compositeurs : Philip Glass, les Shadows, Bach... ou ABBA !

Revenons à Fives Miles Out. L'enregistrement dure jusqu'en janvier 1982 et "Five Miles Out" paraît le 19 mars 1982.

Comme d'autres albums de Mike, celui-ci contient une grande composition instrumentale étalée sur une face du vinyle, tandis que des morceaux courts (chansons, instrumentaux courts) constituent l'autre face.

Sur un CD, cela fait 5 morceaux pour une durée totale de 50 mn tout rond !

"Taurus II" est un instrumental de 25 minutes où la guitare de Mike Oldfield se taille la part du lion (Oldfield étant du signe du Taureau, d'où le titre Taurus). La guitare électrique d'Oldfield, ici étincelante et hyper-vitaminée, slalome sans cesse entre des batteries virevoltantes, des accords d'instruments à vent ou de cordes, des chants vocaux et des passages folks, notamment quelques airs de la cornemuse sympathique du respecté Paddy Moloney.
Les inspirations rock, hard rock, folk, voisinent avec des chansons enfantines délicates et des passages plus fantaisistes (des jacassements d'oies sont cachés dans le morceau).
Certaines mélodies de "Taurus II" sont des développements d'idées ébauchées dans le morceau "Taurus 1" de l'album précédent et étoffées lors de la tournée 81.

"Family Man" est une chanson composée par le "groupe". Elle a été reprise à l'identique (même bande sonore) par le groupe Hall & Oates qui en fait un tube aux USA en 1983.

"Orabidoo" est un instrumental de 10 mn, également composé collectivement. Il compose par une musique très délicate qui semble interprétée par une boîte à musique. Puis le morceau s'étoffe avec des couplets et refrains au vocoder, dans un passage aux arrangements assez sophistiquéa mais à la mélodie imparable. Une certaine émotion naît de la fragilité de ce passage.
Une transition fuguée, déjà entendue dans "Taurus II", amène l'auditeur à une deuxième partie plus typiquement oldfieldienne, la guitare construisant un thème qui s'amplifie au fur et à mesure, et éclate dans un final réjouissant.

"Mount Teidi" est un petit instrumental charmant de Mike Oldfield enregistré avec l'héroïque batteur Carl Palmer (de Emerson, Lake & Palmer et Asia). La version live sur "The Complete" est meilleure que cette version studio, assez sage.
Pour la petite histoire, Mike Oldfield a enregistré plusieurs morceaux avec Carl Palmer à cette occasion. Ils restent inédits au grand désespoir des fans, mais Carl Palmer a édité l'un d'entre eux ("Ready Mix") sur sa compilation-rétrospective en 2001.

"Five Miles Out", chanson-titre de l'album, est une composition de Mike Oldfield qui raconte comment il a faillit se planter aux commandes de son avion privé dans une tempête. Musicalement, c'est un morceau très réussi, tout en contraste, rappelant "Taurus II" dont il reprend d'ailleurs quelques thèmes. Des couplets au vocoder (Mike chante en duo avec Maggie Reilly) alternent avec des passages de guitare très rocks et des immixtions de cornemuse.
Encore pour la petite histoire, ceux qui écouteront attentivement au casque reconnaîtront la mélodie de "Tubular Bells", très faiblement mixée dans l'intro du morceau. On l'entend nettement mieux dans la version "single" reprise dans la compilation "The Complete".

Le livret du CD n'a malheureusement pas repris la "Track sheet" colorée que l'on découvrait en ouvrant la pochette du 33 tours...



Je ne peux m'empêcher de vous citer ici l'avis de l'excellent Jean-Pascal (pas celui de la Star Ac', mais le génial auteur du site http://www.maison-page.net ) :

"Mike Oldfield - Taurus 2, exemple bizarre d'une branche de la pop qui est "morte née". C'est pas du rock progressif (bien trop farfelu, pas dans les normes), pas du classique, pas de la musique électronique (trop pop), c'est quoi alors ? Disons que ça a la structure du classique (les thèmes explorés le sont sur une ou deux minutes, pas plus), ça en a la forme quasi organique (mutations permanentes, reprises de thèmes sous d'autres timbres, instrumentation très diverses, rythmique interne complexe - passages lents, doux, fous, rapides, forts -). Il y a ici un sens évident du JEU, une sorte de jubilation qui se manifeste dans plusieurs couches : jeux des timbres (flûtiaux, cornemuses inattendues, vocoder, percussions en festival), jeux de rythmes (accélérations surprises, espaces vidés, reprises), etc... On a l'impression continue d'avoir affaire à un orchestre très complet qui s'amuse beaucoup (même si Oldfield fait presque tout, ici). Détails : c'est un des premiers morceaux qui utilisait aussi massivement le Fairlight (le sample, on dit maintenant), surtout dans les flûtes et les sons d'orchestre à corde). Pour moi, beaucoup d'atouts sont réunis dans ce grand sac musical : c'est un festival mélodique et harmonique, c'est un régal de timbres (des percussions aux claviers en passant par les basses, flûtes, guitares électriques et autres carillons), c'est un régal d'ambiance (en résumé : c'est très rigolo à écouter), et c'est un régal de "grande forme" (le déroulement est très ingénieux, et le bonhomme sait faire jouir l'auditeur avec diverses montées, surprises et bizarreries). Plus personne ne fait cette musique, évidemment. Le bidule fait presque 25 minutes. Hop !"


Après cet album lumineux, électrique, jouissif et positif, Mike réalisera l'album "Crises" en 1983, promis à une très belle carrière dans les charts (le tube "Moonlight Shadow") mais rompant avec cet épisode très rock et très collectif de sa discographie.

Un des albums du Top 3 des fans européens, et un album à acheter en priorité pour découvrir Mike Oldfield !

Ma cotation pour cet album : 10/10

Par Nicolas - Publié dans : Discographie
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Vendredi 27 octobre 2006 5 27 /10 /Oct /2006 08:00

(Chanteuse pour Mike Oldfield en 1998-1999)

J'ouvre maintenant une nouvelle rubrique sur les différentes collaborations , participations de Mike Oldfield, ses reprises, et ses collaborateurs...

Pepsi DeMacque, aux côtés de Miriam Stockley, au concert de Berlin le 31 décembre 1999.

Lawrie "Pepsi" DeMacque est née le 10 décembre 1960 à Paddington, à Londres (Westminster). En 1983, elle remplace Dee C. Lee comme choriste/danseuse du groupe Wham!, aux côtés de Shirlie Holliman et des chanteurs George Michael et Andrew Ridgeley. Elle participe aux plus gros succès du groupe.

En 1986, le groupe Wham! se sépare, et Pespi DeMacque et Shirlie Holliman forment le duo "Pepsi & Shirlie". Leur premier album, "All Right Now", mélange de Rn'B et de dance, sort en 1987. Leur succès est assuré par le simple "Heartache". Un deuxième album sort en 1991 ("Changes"), promu par le single "Someday", composé et produit par George Michael. Le duo se sépare peu de temps après, mais se retrouve en 1999 pour enregistrer les choeurs d'un titre de Geri Halliwell, "Bag it Up".

Dans les années 90, Pespi DeMacque participe à des comédies musicales en Grande-Bretagne : reprise de "Hair" en 1993, et création de "Leader of the Pack", hommage à la chanteuse Ellie Greenwich, en 2000.

En 1999, Pespi DeMacque enregistre, sous le nom de 'Infamy', une reprise du tube des années 80 "You spin me Round" de Dead or Alive, avec George Michael aux choeurs. Elle aurait également (quand ? je n'en sais pas plus) fait des choeurs pour Spandau Ballet, Five Young Cannibals et Andy Taylor (ex-Duran Duran).

Le 4 septembre 1998, Mike Oldfield doit monter sur scène pour un concert exceptionnel au Horseguard Parade de Londres pour sa première de 'Tubular Bells III' . La chanteuse Cara Dillon ne pouvant assurer ce concert, Mike consulte le guitariste Hugh Burns que Warner lui a proposé pour assurer la guitare rythmique au concert : "connais-tu de bonnes chanteuses ?". Hugh Burns lui répond : "Je vais y réfléchir".

Hugh Burns est un guitariste de studio, qui a collaboré sur plusieurs disques renommés. C'est lui qui assure le solo de guitare sur le fameux Baker Street* de Gerry Rafferty. Il a également été guitariste sur plusieurs albums de Wham! et de George Michael (on entend sa guitare dans Careless Whisper et Faith). Il connaît donc Pepsi DeMacque, et a d'ailleurs travaillé avec celle-ci à d'autres occasions.

Le lendemain de la demande de Mike Oldfield, Hugh Burns lui propose donc de contacter Pepsi DeMacque. Mike Oldfield la rencontre et apprécie son professionnalisme et son caractère positif, et surtout le fait qu'elle chante bien toutes les chansons prévues. Il la recrute donc pour le concert. Elle y chante Man in the Rain, Moonlight Shadow et Family Man.

Durant l'été suivant (1999), c'est un groupe très féminisé qui suit Mike Oldfield pour sa tournée 'Then& Now'. Pepsi DeMacque en fait partie et chante Family Man, Moonlight Shadow et un énergique Shadow on the Wall. Mike fait encore appel à elle peu de temps après pour enregistrer la chanson Sunlight Shining Through Cloud sur l'album 'The Millennium Bell', puis pour l'interpréter à Berlin lors du concert du passage à l'an 2000 'Art in Heaven', où elle reprend également Shadow on the Wall. Dans toutes ses prestations avec Mike Oldfield, Pepsi apporte un certain groove, bouge et se déplace énormément, ce qui contraste beaucoup avec l'attitude réservée de Mike Oldfield sur scène ou du souvenir que l'on a de Maggie Reilly dans les années 80.

D'après un article de Wikipédia, Pepsi DeMacque vivrait aujourd'hui à Wellington, Nouvelle-Zélande, où elle travaillerait dans une boutique de cadeaux à Lambton Quay. Il ne semble pas que se participation soit prévue pour le concert de fin d'année de Mike Oldfield dans le cadre des Nights of the Prom de Nokia.

 

(*) Le saxophone de Baker Street est tenu par Raf Ravenscroft, qui a également collaboré avec Mike Oldfield (Islands, Heaven's Open)

Par Nicolas - Publié dans : Collaborations et participations
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Jeudi 19 octobre 2006 4 19 /10 /Oct /2006 08:00

Beyond the Ridge, portrait d'un génie
Par Karl Dallas

(MELODY MAKER, 25 octobre 1975)

Mike Oldfield l'a refait ! Après Tubular Bells, qui a explosé au hit-parade, et Hergest Ridge vient Ommadawn. Et ici, Oldfield discute de son nouvel album avec Karl Dallas.

 


"THROW 'EM?" demanda l'homme dans le pub, quand nous lui demandâmes la route. "Oh, vous voulez dire Thruff 'em, du côté où vit ce Peter Wyngarde, là où ce nouveau type qui fait de la pop vient de s'installer. On espère qu'il ne trame pas les mêmes bêtises.

Thruff 'em épelé Througham, est la nouvelle retraite campagnarde de Mike Oldfield, et la rumeur a rapidement fait le tour des habitants du Gloucestershire que Mike Oldfield, celui connu pour Tubular Bells et Hergest Ridge, était venu s'installer parmi eux pour produire son quatrième chef d'oeuvre.

Oui, vous avez bien lu, j'ai dit quatrième.

Parce qu'un moment après qu'il se soit libéré de Hergest Ridge, Mike n'avait pas la moindre idée de ce qu'il allait faire ensuite -si encore il allait faire quelque chose- mais maintenant qu'Ommadawn, son troisièmealbum, est sorti, sa tête bouillonne à nouveau d'idées pour de futur albums. La seule chose qui l'arrête pour le moment est le temps qu'il lui faut pour adapter une vieille grange dans sa nouvelle maison à un studio 24 pistes.

The Beacon, où Mike avait enregistré la totalité d'Ommadawn (à l'exception des percussions Jabula, qui furent enregistrées dans la folie au Manor), était au bas d'une pente raide où tout a du être transporté à bras, pianos, meubles, tables de mixages et Dolbys.

Connaissant son attrait pour l'isolement, ce n'était pas une surprise que la nouvelle maison où il vient d'emménager se situe en contrebas d'une vallée, au bout d'une route qui se termine par un chemin de terre. C'est un bâtiment magnifique, en pierres grises, dont certaines parties datent du 13e siècle, avec un jardin ornemental à la française en train d'être restauré. Bref, juste le style d'endroit, où n'importe lequel d'entre nous irait s'installer s'il devenait le compositeur  le plus vendeur du 20e siècle, avec des disques d'or jusque dans les toilettes pour le prouver.

Non que la vie de château ne soit sans problème. Malgré le parfum de pain fraîchement cuit que les crêpes exhalaient depuis la cuisine, il apparaissait qu'il y avait de sérieux problèmes sur le front culinaire, comme pomper l'eau de la source, et toutes les tasses à thé devaient être rincées sous le filet d'eau d'un jerrycan prêté par un villageois amical du voisinage.

Personne ne savait où était passé Oldfield. Il était, comme on devait l'apprendre plus tard, parti rencontrer les habitants autour de quelques pintes de Guinness. Pour boire de la Guinness, ont sait qu'il est déjà parti jusqu'à Edinbourg sur un coup de tête quand le mixage ne se passait pas bien.

Ce sont ces caprices, quand il s'agit de s'accomoder des médias qui lui ont donné une mauvaise réputation auprès de ceux qui considèrent qu'une interview est une interview et pas le moment de discuter des nouvelles du coin.

Alors que pour Mike, tous les contacts humains se valent, et les affaires sérieuses sont quelque chose qu'il est tout à fait possible d'effectuer en même temps que les choses importantes de la vie, comme faire voler des modèles réduits ou monter à cheval (son hobby actuel, comme tout le monde va rapidement le remarquer en écoutant la face deux d'Ommadawn). Et, bien entendu, boire de la Guinness.

Oldfield, cependant, est maintenant presque prêt à répondre aux questions. Après s'être détendu en écoutant  Thomas Tallis et Magma et des morceaux d'Ommadawn, qu'il voulait faire écouter à Leslie Penning, le joueur de flûte, qui ne l'avait pas entendu depuis qu'il avait enregistré ses parties, nous sommes entrés dans le vif du sujet, mais pas avant  quelques considérations préliminaires sur le titre de l'album.

Où l'avait-il trouvé ? demandai-je, sachant bien (ou pensant savoir) que c'était le mot gaélique pour "le fou".

"Je l'ai d'abord vu écrit" dit-il, "sur un bout de papier, les mots que Clodagh Simonds avait inventé. Environ une semaine après ça, j'ai regardé les mots qu'elle avait écrit et je l'ai vu là, et j'ai pensé 'c'est un nom sympa'"

Savait-il ce qu'il voulait dire, à ce moment ?

"Ca ne veut rien dire", dit-il.

C'est du gaélique, maintenai-je. Amadan (prononcé ommadawn) veut dire "le fou."

"Non," réponda-t-il, "il y a un mot qui lui ressemble vaguement, qui est gaélique et signifie fou, mais Ommadawn ne veut rien dire."

Est-ce que le titre est venu avant qu'il ne commence à travailler sur ce projet?

"Non, c'était vraiment à la fin. Le morceau avec les percussions et les voix dessus, je l'ai fait deux fois, et j'ai fait les voix plusieurs fois pour qu'elles soient parfaites, et Clodagh a fini par arriver à minuit, pour travailler toute la nuit et rentrer à Londres tôt le lendemain matin parce qu'elle devait aller à son travail."

La dernière fois que nous avions discuté, juste après Hergest Ridge, il avait pensé qu'il était peu probable que son disque suivant serait une autre oeuvre épique (pour reprendre ses propres termes du moment). Et pourtant, maintenant le voici, avec une autre oeuvre épique. Comment est-ce arrivé ?

"Il semble que c'est ce qui s'est passé," dit-il. "Ca a commencé à prendre forme au début du mois de janvier. J'avais juste deux mélodies qui allaient ensemble à la guitare accoustique, et ça sonnait bien, et j'ai tout développé à partir de ça." Il fredonna les deux premiers thèmes de la face un pour illustrer.

A-t-il trouvé ça difficile ?

"Eh bien, j'ai eu des tas de problèmes, évidemment. J'ai fait la totalité de la face un deux fois. Je pense qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas, probablement avec la bande avant que je me la procure, ou alors il est possible que je l'ai passée tellement de fois, des centaines de fois, qu'elle a commencé à perdre ses oxydes, à être esquintée. Personne ne sait ce qui s'est passé. Mais c'est formidable que ce se soit passé comme ça, car autrement je ne l'aurai pas recommencé et ça n'aurait pas été moitié aussi bon. Ce que je veux dire, c'est que je l'aurai recommencé même si la bande n'avait pas été abîmée. Le premier essai devait être définitif, et quand je l'ai terminé, je l'ai écouté et réalisé que ça n'allait être qu'une démo. C'était quasiment un choc. Et je devais tout reprendre."

Précédemment, en se référant aux choses qu'il avait dites à l'époque d'Hergest Ridge, il avait dit que Tubular Bells représentait ses sentiments sur la vie en ville, tandis que le "Ridge" était une réaction au panorama qui lui avait donné son nom. Donc, que représente "Ommadawn" ?

"J'ai seulement supposé qu'ils pouvaient avoir ces sources d'inspiration", corrigea-t-il. "Je ne sais pas, vraiment. Je n'ai même pas de supposition pour le nouveau."

Quel était son était d'esprit pendant qu'il le composait ?

"Obsédé."

Par le fait de le faire?

"Mmm," acquiessa-t-il. "J'étais beaucoup pIus solide, personnellement, que quand je faisait les autres. Un peu plus confiant."

Confiant musicalement, ou personellement?

"Personellement."

Est-ce que cela veut dire qu'il s'est fait à toutes les choses qui lui étaient arrivées ?

"Non," ria-t-il.

Mais trouvait-il plus facile de faire avec la vie maintenant ?

"Je le pense, un petit peu. Je suis un peu plus solide. Je ne trouve plus tout aussi ahurissant qu'avant. Je commence à m'abituer un peu à être comme je le suis, ici."

Donc, il s'est fait à lui même, au moins ?

"Eh bien, j'ai juste commencé, vraiment. Je suppose que ce disque en est une image. La deuxième face, en particulier. Non, l'ensemble. Il n'a pas une tonalité aussi effrayée que les autres. Il sonne un peu plus solide."

Donc ce n'était pas une tentaive d'auto-thérapie musicale, comme il avait pu le suggérer au sujet de l'album précédent, mais plus un reflet de son état d'esprit actuel ?

"Eh bien, je ne sais pas. Je n'ai aucune idée de ce qui se passe. C'est une chose que je ne comprend pas, pourquoi je le fais et ce que ça représente quand c'est fini. C'est drôle."

Etait-il aussi satisfait qu'il l'était d'Hergest Ridge quand il l'avait terminé ? (un peu plus tôt, il avait réaffirmé sa satisfaction de cette oeuvre, bien qu'il parle maintenant de la remixer).

"J'en suis très satisfait. la seule différence est qu'après Hergest Ridge, je ne pouvais m'imaginer faire un album de plus. Mais après celui-ci, je peux m'imaginer en faire d'autres à la pelle. Je veux me mettre à un autre très vite. Donc ce n'est pas la fin, pour moi. Evidemment, il n'a jamais été question que je ne compose plus après Hergest Ridge, mais c'est un peu ce que j'avais ressenti. Mais, pour celui-ci, et surtout après l'avoir réalisé et avoir emménagé ici, à moins que je ne me crashe en voiture une nuit, je vais évidemment faire beaucoup de musique, affreusement beaucoup."

Des idées?

"J'ai quelques idées. Tu sais, ce sont juste des spéculations pour le moment, mais il devrait y avoir ici assez de place pour enregistrer avec un petit orchestre, et j'aimerais assez bien faire ça."

Partir en tournée ? Un mouvement de la tête. Il n'a jamais ressenti le besoin de communiquer directement avec son public.

"Pas avec un public. Je communique, en tête à tête, mais pas avec une grande masse de gens."

Nous discutâmes pendant un moment sur la chanson "horseback", qui va probablement plus faire l'objet de commentaires pour ou contre, que toute autre partie de l'album. Un peu plus tôt, Leslie Penning avait expliqué comment il avait initié Mike à l'équitation, et comment la chanson  lui avait renvoyé l'expérience si profondément qu'il avait pleuré, quasi littéralement, quand Mike la lui avait chanté.

"Je l'ai seulement découverte quand j'ai été sur le dos de ce grand animal," dit Oldfield.

Quelle était l'importance de cette chanson pour l'album ?

"Très importante. C'est comme si elle lui donnait un équilibre. Il y a eu comme un sur-pessismisme (sic) sur l'album, en particulier la fin de la première face, même si certains trouvent que ça les rend joyeux. Il y en a d'autres qui trouvent que ça les rend tristes. Ca m'a terrorisé à mort quand je l'ai fait. Quand j'ai joué la guitare électrique, j'ai trouvé ça vraiment effrayant. Je ne pouvais plus dormir. Et la chanson sur le cheval est un peu le contraire de ça. Peut-être pas le contraire, mais en tout cas, ça le compense. Il y a ce couplet dedans, 'some find it strange to be here' ('certains trouvent bizarre d'être là'). C'est certainement mon cas. Et c'est sans doute pour beaucoup dans le fait que je fais de la musique".

Par Nicolas - Publié dans : Articles et entretiens
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Mardi 10 octobre 2006 2 10 /10 /Oct /2006 14:19

Mike Oldfield est né le 15 mai 1953. il  fête ses 58 ans en 2011. Déjà 38 ans de carrière (solo) pour le guitariste et compositeur prodige !

 

Les années passent également pour ceux qui ont travaillé avec Mike Oldfield, ainsi, pour les collaborateurs de la décennie 1969-1979, en 2011 :

- Sally Oldfield (née en août 1947) a 64 ans. Elle a formé le groupe Sallyangie avec Mike Oldfield en 1968, puis participé aux choeurs sur ses quatre premiers albums.

- Terry Oldfield (né le 12 août 1949) a 62 ans. Il a accompagné son frère Michael pendant quelques mois au sein de la formation Barefeet. Par la suite, il a joué de la flûte sur des albums tels que Ommadawn (1975) ou Incantations (1978).

 - Kevin Ayers (né le 16 août 1944) a 67 ans. Il a recruté Mike au sein de son groupe The Whole World en février 1970 et lui a prêté le magnétophone qui lui a permis d'enregistrer sa démo de Tubular Bells en 1971. Mike a fait appel à lui en 1987 pour sa chanson Flying Start.

- David Bedford (né le 4 août 1937) est décédé le 1er ou 2 octobre 1971 à l'âge de 74 ans. Il a rencontré Mike Oldfield alors qu'ils étaient tout deux musiciens du groupe The Whole World . Il a encouragé Mike à travailler sur ses instrumentaux. Il a travaillé sur les parties orchestrales ou vocales de plusieurs oeuvres de Mike Oldfield, ce dernier intervenant sur de nombreux albums de Bedford. Article détaillé ici.

- Richard Branson (né le 18 juillet 1950) a 61 ans. Entrepreneur, il a fondé la maison de disques Virgin et a signé Mike Oldfield comme premier artiste.

-Tom Newman (né en 1943) a 68 ans. Producteur et musicien, il a constuit le premier studio d'enregistrement de Virgin avec Phil Newell et Simon Heyworth pour Richard Branson. C'est à lui que Mike Oldfield a confié sa démo de Tubular Bells à l'automne 1971. Il a ensuite produit l'album, puis est intervenu sur d'autres albums. Sa dernière collaboration avec Mike est Tubular Bells II en 1992.

- Vivian Stanshall (né le 21 mars 1943) est décédé le 5 mars 1995 à l'âge de 52 ans dans l'incendie de son appartement. Il était présent au studio The Manor pendant l'enregistrement de Tubular Bells en 1972, et avait alors été recruté comme Maître de Cérémonies annoncant les instruments à la fin de la part1.

- Paddy Moloney (né le 1er août 1938) a 73 ans. Joueur de cornemuse, leader des Chieftains, il a joué sur Ommadawn (1975), puis sur Five Miles Out (1982).

- William Murray (né le 2 août 1950) est décédé le 30 août 1998 à l'âge de 48 ans. Ami de Terry Oldfield, il rejoint Mike en tant que batteur aux côtés de Kevin Ayers pendant quelques mois en 1971. Il collabore à Ommadawn (paroles de ''On Horseback") et "Amarok" (pochette et texte du livret).

- Maddy Prior  (née le 14 août 1947) a 64 ans. Chanteuse, elle a été la voix du groupe folk Steeleye Span et a chanté sur l'album Incantations (1978) et dans la tournée Exposed (1979).

- Nico Ramsden (né le 28 septembre 1951) a 60 ans. Guitariste, il a participé à la tournée Exposed (1979) et a travaillé sur l'album Platinum (1979), où il a co-signé le rare Sally ainsi que le morceau qui l'a remplacé ensuite : Into wonderland.

- Phil Beer (né en 1953) a 59 ansGuitariste, il a participé à la tournée Exposed (1979) et Mike Oldfield a enregistré deux titres avec lui (dont Passed you by) qui font parties des raretés recherchées par les fans.

- Pierre Moerlen  (né le 23 octobre 1952) nous a quitté le 3 mai 2005, à l'âge de 53 ans. Il a été percussionniste sur Platinum (1979) et a participé à des tournées de Mike Oldfield. On le voit notamment parmi les musiciens du concert à Knebworth (1980) sur la VHS The Essential Mike Oldfield.

 

Tout cela ne rajeunit pas cette génération de musiciens, ni les fans des premières heures de Mike Oldfield !

=> années 1980-1985

Par Nicolas - Publié dans : Collaborations et participations
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Mercredi 4 octobre 2006 3 04 /10 /Oct /2006 23:27
A l'âge de 12 ou 13 ans (autour de 1965), Mike Oldfield forme un duo avec un ami et joue dans des clubs folks de Reading (Mike avait vraisemblablement déjà joué seul auparavant dans des clubs). Ce duo prend fin quand la famille Oldfield quitte Reading (66 km à l'ouest de Londres) pour s'installer à Hornchurch (Essex, aujourd'hui dans le Grand Londres), à 25 km à l'est du centre de la capitale anglaise.  

 

A 15 ans, Mike Oldfield quitte brutalement l'école, selon le biographe Sean Moraghan*, "parce qu'ils voulaient qu'il coupe ses longs cheveux". A ce moment, sa grande soeur Sally lui propose de la rejoindre au sein d'un duo folk. Mike et Sally composent quelques morceaux ensembles et baptisent leur groupe The Sallyangie, d'après le prénom de l'une et le titre de la mélodie favorite de l'autre. Le nom du groupe est parfois écrit The Sally Angie ou simplement Sallyangie, selon les supports qui seront publiés par la suite.

 

Selon Sean Moraghan, le duo se contente de produire des concerts au printemps 1968, mais ils sont ensuite repérés par le guitariste britannique John Renbourn qui les recommande à sa maison de disque, Transatlantic. Selon les notes accompagnant la dernière édition CD de Sallyangie, c'est Sally Oldfield qui aurait démarché John Renbourn et Bert Jansch et aurait seulement ensuite recruté Mike. Quoiqu'il en soit, Mike et Sally Oldfield décrochent alors un contrat et enregistrent un album, Children of the Sun, qui sort en novembre 1968. Mike n'est cependant pas satisfait de l'orientation musicale très "sirupeuse" du groupe et apprécie surtout de jouer des instrumentaux lors des concerts. Il s'agit peut-être de ceux délivrés sur le disque bonus de la dernière réédition CD de Children of the Sun, qui comprennent des ébauches de thèmes que l'on retrouvera dans Ommadawn (1975) ou Amarok (1990). L'insatisfaction musicale de Mike Oldfield et ses querelles avec sa soeur amèneront le groupe à se séparer fin 1969. Mike Oldfield traverse ensuite une période dépressive, pendant laquelle il compose (selon Sean Moraghan) un des thèmes accoustiques du début de "Tubular Bells (part 2)".

 

 

 

Dans les mois qui suivent, Mike Oldfield demeure chez son père et forme un groupe avec trois autres musiciens dont son grand frère Terry. Le groupe se nomme Barefeet ("pieds nus") et Mike y tient sa nouvelle guitare électrique, une Fender Telecaster qui avait appartenu auparavant à Marc Bolan (chanteur de Tyrannosaurus Rex). Parmi leur répértoire se trouvait peut-être un morceau rock qui allait devenir le thème de l'homme des cavernes sur "Tubular Bells (part 2)". Quoiqu'il en soit, le groupe ne semblait pas être très bon et se sépare au bout de quelques mois, après un concert "désastreux".

(*) Sean Moraghan - A Man and his Music

=> 1970-71

Par Nicolas - Publié dans : Biographie
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Dimanche 1 octobre 2006 7 01 /10 /Oct /2006 15:53

Dans l'ancienne formule de BEST, Mike Oldfield disposait d'un soutien de poids en la personne du journaliste Hervé Picart. Voici la critique (toute indulgente) parue dans BEST de juin 1991 (page 79) pour l'album "Heaven's Open".

 

Quand, comme dans le cas de Mike Oldfield, on n'a plus vraiment grand chose à prouver, il ne reste plus, pour déjouer le piège enlisant de la routine, qu'à tenter de se surpasser à chaque album. Ainsi, à chacun de ses trois derniers disques, Oldfield a-t-il cherché à taquiner ses propres limites : avec "Earth Moving", le challenge consistait pour ce grand sorcier des instrumentaux à réaliser un disque de chansons ; pour "Amarok", il s'était donné comme défi de proposer son plus long instrumental et ce fut effectivement un monument. Cette fois, il s'agit pour lui, qui possède la voix d'un crapaud asthmatique, de se faire reconnaître pour un chanteur valable.

Courageuse tentative pour vaincre un fatal handicap, cet essai nous révèle un chanteur dans la moyenne, guère plus mauvais que la plupart des autres, et donc un chanteur très moyen. Par contre, son timbre marié à des mélodies adaptées donne un résultat proche de la musique de Mike & The Mechanics, ce qui le situe là très au dessus de la moyenne. Il y a là notamment un petit reggae celtique qui vaut le déplacement ("Gimme Back") et un intéressant  "Mr Shame".

En plus de ces cinq chansons-défis du ténor aphone, il y a bien sûr un instrumental tout en microséquences, sa nouvelle façon de faire, qui est loin de valoir l'époustouflant "Amarok", mais présente quand même de bien jolies plages. Au total, cela donne un album vivant, d'un artiste qui continue à faire la preuve de son dynamisme, mais qui ne s'inscrira pas parmi les oeuvres décisives de Mike... pardon... Michael (n'étant plus diminué, il n'a plus à recourir à un diminitif sans doute...) Oldfield. Juste un bel essai.

Hervé PICART

Par Nicolas - Publié dans : Discographie
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Lundi 11 septembre 2006 1 11 /09 /Sep /2006 23:29

Lorsqu'en 1992, Mike Oldfield s’installe chez Warner et prend un nouveau départ avec «Tubular Bells II», il affirme vouloir se consacrer de nouveau à la musique instrumentale. Le deuxième album sorti chez Warner, en 1994, sera bien une œuvre instrumentale : c’est «The Songs of Distant Earth».

Dans les quelques années précédant cet album, Mike Oldfield semble avoir de plus en plus besoin de se donner un challenge pour travailler. Pour ce disque ce sera le principe de composer la musique… d’un livre ! (L’idée sera reprise par Chris Franke, ex-Tangerine Dream deux ans plus tard). Grand admirateur de Arthur C. Clarke, Mike Oldfield choisit un de ses livres : « Les chants de la terre lointaine ».

« The Songs of Distant Earth » -les fans résument en TSODE- livre 17 plages musicales enchaînées, avec juste une coupure entre les morceaux 9 et 10 (sans doute pour les supports à deux faces, cassette et vinyle).

L’album délivre tout du long une musique aérienne, de ci planante de là plus rythmée, plaisante et apaisée. On est bien loin des œuvres angoissées de la jeunesse d’Oldfield. En résumant, on trouve ici un mélange d’Enigma, de Vangelis, de Deep Forest et de Mike Oldfield…

L’influence d’Enigma est probablement voulue, l’album MCMXC a.D. est encore récent (1990) et a eu tendance à créer un canon pour tous les albums concepts-dance de l’époque (Deep Forest, Stone Age…) avec l’intro planante qui va bien, le single ou un titre entraînant en deuxième position…

Ici on a bien une intro quelque peu brumeuse (sons de pseudo-baleines, voix d’un astronaute qui lit la genèse…) et un enchaînement vers un des morceaux que l’on retient le plus du disque « Let there be light », basé sur une rythmique complexe et magnifié par des chœurs et une ornementation à la guitare.

Un morceau se revendique probablement encore plus d’Enigma, c’est « Hibernaculum », sorte de chant grégorien sur une rythmique complexe, avec quelques inserts de chants ethniques. Le morceau peut également rappeler –dans son refrain- un hymne à la « 1492 » de Vangelis. La parenté avec Vangelis se ressent également dans d’autres morceaux, probablement à cause de l’omniprésence des nappes denses de synthétiseur qui tapissent chaque morceau. L’influence de Deep Forest (on sait que Mike Oldfield a apprécié leur chanson « Sweet Lullaby ») apparaît dans les échantillons ethniques et en particulier dans un chant comme « Prayer for the Earth ». Il faut cependant relativiser cette influence : Mike Oldfield a très souvent inséré des arrangements ethniques dans ses albums, dès les années 70.

Pour ce qui est du style de Mike Oldfield, le constat est paradoxal :
- Mike Oldfield a revendiqué avoir chercher à créer un son du futur, en particulier pour sa guitare. De fait, le son de guitare est considérablement « aminci » et décapé de tout velléité « râpeuse », rock… La guitare se fait par ailleurs relativement rare dans cet album. Un aspect essentiel du style de Mike Oldfield est donc quasi-absent de cet album.
- La densité habituelle (superposition démentielle d’arrangements) manque également cruellement à cet album. Mike a déclaré à cette époque : « je veux laisser plus d’air dans ma musique ». En gros, il y a moins de micro-arrangements de fou et plus de nappes de synthé pour remplir le fond sonore.
- C’est par contre une œuvre instrumentale épique et ambitieuse de Mike Oldfield façon années 70 : une heure de musique quasi-continue et très homogène. Sur ce plan, Mike n’a jamais reproduit ce type d’œuvre depuis 1994, ses derniers albums étant des juxtapositions de morceaux courts…


La musique se caractérise donc par un mélange de quelques chants magnifiques, des arabesques d’une guitare très gracile, des rythmes programmés et quelques autres voix et instrumentaux fondus dans un fond sonore très synthétique et planant.

C’est un album tranquille et relaxant sans être chiant, dans le genre de ceux de la série Enigma, avec des touches de guitare et probablement plus d’émotion : on la ressent dans ces morceaux où une guitare fragile tisse des mélodies délicates : « Let there be light », « Crystal Clear, « Ascension »… C’est sans doute cela qui fait que cet album, plus de dix ans après sa sortie, a beaucoup moins vieilli qu’un Vangelis ou un Enigma.

Pour les fans, c’est selon le point de vue le premier album du déclin (moins d’arrangements, plus de synthés) ou le dernier chef d’œuvre de Mike Oldfield. Pour les non-fans, c’est un album très intéressant, sans doute un des plus "easy-listening" de Mike Oldfield.

Ma cotation sur cet album : 7/10

Par Nicolas - Publié dans : Discographie
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Lundi 28 août 2006 1 28 /08 /Août /2006 15:42

Moonlight Shadow (paroles et musique : Mike Oldfield)

Chant : Maggie Reilly

 

The Last That Ever She Saw Him
Carried Away By A Moonlight Shadow
He Passed On Worried And Warning
Carried Away By A Moonlight Shadow
Lost In A Riddle That Saturday Night
Far Away On The Other Side
He Was Caught In The Middle Of A Desperate Fight
And She Couldn't Find How To Push Through



The Trees That Whisper In The Evening
Carried Away By A Moonlight Shadow
Sing A song Of Sorrow And Grieving
Carried Away By A Moonlight Shadow
All She Saw Was The Silhouette Of A Gun
Far Away On The Other Side
He Was Shot Six Times By A Man On The Run
And She Couldn't Find How To Push Through

(Refrain)

I Stay, I Pray
See You In Heaven Far Away
I Stay, I Pray
See You In Heaven One Day


Four A.M. In The Morning
Carried Away By A Moonlight Shadow
I Watched Your Vision Forming
Carried Away By A Moonlight Shadow
Stars Moved Slowly In The Silvery Night
Far Away On The Other Side
Will You Come To Talk To Me This Night
But She Couldn't Find How To Push Through

(Refrain)

Far Away On The Other Side

Caught In The Middle Of A Hundred And Five
The Night Was Heavy And The Air Was Alive
But She Couldn't Find How To Push Through

(Refrain x3)

[Couplet supplémentaire de la version maxi 45 tours]
The Last Time Ever She'd See Him
Carried Away By A Moonlight Shadow
The Crowd Gather Just Beneath Him
Carried Away By A Moonlight Shadow
Caught In The Middle Of A Hundred And Five
Far Away On The Other Side
The Night Was Heavy And The Air Was Alive
But She Couldn't Find How To Push Through


Carried Away By A Moonlight Shadow
Carried Away By A Moonlight Shadow
Far Away On The Other Side
But She Couldn't Find How To Push Through
 
 

 

 
Par Nicolas - Publié dans : Textes et paroles
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Mardi 25 avril 2006 2 25 /04 /Avr /2006 23:26

Si la mère de Mike Oldfield (voir l'article correspondant) est en quelque sorte reponsable de sa totale implication dans la musique, art-refuge, c'est à son père que l'on doit que ce refuge ait été la musique et non autre chose.

 

Raymond Henry Oldfield (que l'on voit à droite de son fils Mike sur la photo) est apparemment le fils d'une mère mélomane et excellente pianiste. Il semble avoir été lui-même passioné par la musique. Pendant la 2e guerre mondiale, alors qu'il sert dans la Royal Air Force en Egypte, il achète une guitare acoustique. Il ne sait pas que ce geste sera à l'origine de la carrière musicale de son fils Mike, né quelques années après la fin de la guerre, en 1953.

 

Pour faire plaisir à ses enfants, Ray Oldfield, médecin généraliste à Reading, accepte de temps à autre de décrocher cette guitare du mur au dessus de la cheminée, pour intérpreter le seul morceau qu'il sait jouer, le classique "Danny Boy".

Cette guitare fait rêver le petit Mike qui est fan de Hank Marvin (le guitariste des Shadows) et de Bert Weedon. Alors que l'épouse de Ray est de plus en plus souvent malade, celui-ci se laisse persuader par le petit Mike, âgé de 7 ans, de lui acheter une guitare. Ce sera une Eko.

 

A partir de là et des quelques accords que lui enseigne son père, Mike passe de plus en plus de temps seul dans sa chambre à apprendre à jouer de cette guitare. Il y développe une technique toute personnelle.

Mike Oldfield : "J'aimais juste la sensation [de la guitare], son toucher, sa forme. Elle était adorable, et me convenait très bien, et je n'ai rien fait d'autre pendant... de l'âge de 8 à 11 ans, je n'ai fait que jouer de la guitare dès que j'avais un moment de libre."

Au départ, il ne sait que faire du fingerpicking et jouer "Angie", le morceau de Davy Graham revisité par Bert Jansch. Pour progresser, il s'acharne sur des petits passages de Bert Jansch ou John Renbourn (guitaristes folk britanniques), qu'il écoute sans cesse avec son tourne-disque, ne cessant de replacer le saphir quelques sillons en arrière.

 

A l'âge de dix ans, il compose déjà ses morceaux, et vers 12 ans, passe à la guitare électrique, une Futura II, encore un fois offerte à sa demande par son père. Mais cela est déjà une autre histoire.

=> 1968

Par Nicolas - Publié dans : Biographie
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Vendredi 21 avril 2006 5 21 /04 /Avr /2006 14:01

Mike Oldfield a à peine plus de vingt ans quand il devient subitement riche et célèbre grâce au succès colossal de l'album "Tubular Bells" en 1973. Personnalité timide et introvertie, limite maladive, il cherche alors à échapper aux pressions et aux sollicitations qu'entraînent son succès. Il achète avec les premiers revenus de "Tubular Bells" une maison isolée à la campagne sur une colline escarpée dans l'ouest de l'Angleterre (en Herefordshire, à la frontière du Pays de Galles) et ce, près d'une crête nommée "Hergest Ridge"...


C'est là qu'il compose un album beaucoup plus pastoral et moins âpre que le premier, au grand désespoir de Richard Branson (patron de Virgin) qui attendait un "Tubular Bells 2"... "Hergest Ridge", enregistré durant le printemps 1974, sort le 28 août de la même année pour aller détrôner... "Tubular Bells" ! en tête des charts anglais...



Avant de vous décrire le contenu musical de l'album, je dois préciser que la version qui est disponible aujourd'hui en CD est assez subtilement différente de celle parue en 1974.


En effet, après ses trois premiers albums ("Tubular Bells", "Hergest Ridge" et "Ommadawn"), Mike Oldfield sort en 1976 un coffret intitulé "Boxed" qui regroupe ces trois enregistrements remixés en quadriphonie. Des trois, c'est "Hergest Ridge" qui est le plus révisé : Mike supprime un grand nombre de parties instrumentales (souvent des arrangements, mais parfois des mélodies qui étaient mixées en avant) pour en faire un album beaucoup plus sobre. Il est alors tellement satisfait du résultat qu'il décide de conserver cet enregistrement pour tous les pressages futurs d' "Hergest Ridge". Tous les CDs et tous les vinyles parus après 1976 contiennent donc la version remixée. Seuls les vinyles d'avant 1976 contiennent la version "originale", que les fans s'échangent sur internet...


La structure de l'oeuvre et certaines parties sont néanmoins inchangées. "Hergest Ridge" est constitué de deux parties (ère du vinyle oblige...), une "Part one" de 21'40 et une "Part two" de 18'51.


Hergest Ridge est un enregistrement beaucoup plus calme et serein que Tubular Bells. Mike Oldfield avait alors décrit "Tubular Bells" comme un album décrivant la ville, tandis qu'"Hergest Ridge" décrirait la campagne, la nature. Alors que dans Tubular Bells, des thèmes tantôt violents tantôt inquiétants s'enchaînent sans cesse, parfois brutalement, Hergest Ridge propose des morceaux calmes exposés tranquillement et aux transitions délicates. Au total, l'album contient beaucoup moins de thèmes différents et ceux-ci sont repris et déclinés à des humeurs variées à différents endroits du disque. L'oeuvre y gagne en homogénéïté ! Son caractère de "symphonie rock" est en outre renforcé par la contribution d'un trompettiste et de deux hautboïstes, la quasi-totalité des instruments restant étant, une fois encore, interprétés par ce multi-instrumentiste prodige qu'est Mike Oldfield.


La première partie contient en gros trois "mouvements"
- Les 8 premières minutes sont une introduction progressive très planante : une flute aigüe insinue une mélodie mystérieuse puis un orgue et des guitares installent un arpège mélodique construit sur une gamme ascendante de trois notes. D'accompagnement, ce motif devient le thème principal et hypnotise à force d'être répété. Et, par dessus, Mike Oldfield construit encore un de ces crescendos virtuoses à la guitare dont lui seul à le secret ! (Cette intro est assez différente dans la version originale de 1974).
La deuxième partie, plus courte (dans les 4 à 5 mn) est un échange mélancolique entre une trompette, un haut-bois et une guitare électrique qui s'enfle pour finir en un grondement de guitares doublé d'une avalanche de cloches tubulaires.
La dernière partie, que connaissent les possesseurs de la compilation "The Complete Mike Oldfield" commence par une mélodie sereine où s'illustrent la mandoline et (toujours) la guitare électrique ! Elle est relayée par un choeur paisible qui monte en puissance alors que les cloches tubulaires sonnent de nouveau, puis meurt dans ce même solo de flute qui avait ouvert cette première partie...


La deuxième partie est plus inégale. Le début est tout à fait paisible : une mélodie reposante avec différents orgues sur fond de guitare accoustique nous emmène vers une partie chantée accompagnée par un ensemble mandoline/flute/guitare électrique. Une reprise de l'intro planante de la première partie (la gamme de trois notes à la basse) aboutit ensuite au passage du disque qui fait débat chez les auditeurs : une transition inquiétante (guitares puis orgues) nous mène dans ce que les fans nomment la "Martian thunderstorm" ou "Electronic thunderstorm", un morceau à part dans l'album où Mike mêlant des guitares (la légende dit qu'il y en a 90 superposées...) et des orgues devient comme enragé pendant 8 minutes ! La faiblesse (pour ses détracteurs) de ce passage tient au fait qu'il est très répétitif (défaut que n'avait pas la version de 1974 qui conetnait également des voix). Quoi qu'il en soit, ce moment de folie s'arrête subitement pour faire place à un passage doux et tendre puis à une reprise plus intense du chant entendu plus tôt par la voix chaude et puissante de Clodagh Simmonds... Cette fresque pastorale s'achève tout tranquillement sur quelques notes de guitares accoustique...


Les fans de Mike Oldfield nomment en général les trois premiers albums de Mike Oldfield ("Tubular Bells", 1973 - "Hergest Ridge", 1974 - "Ommadawn", 1975) la "Trilogie Sacrée". Comme les deux autres, cet album propose un foisonnement de thèmes plus ou moins tourmentés, avec de riches ornementations virtuoses à la guitare électrique et des crescendos multiples (les anglais parlent de "climaxes", qui est aussi un synonyme d'orgasme...) qui mènent, via des transitions subtiles à d'autres thèmes qui explosent à leur tour...


Ce disque a, en commun avec "Tubular Bells", un son très années 70, du fait de l'absence de synthétiseurs et du recours systématique aux orgues pour les claviers. Il est par contre, le premier où, véritablement, le son de la guitare électrique de Mike Oldfield acquiert cette sonorité un peu nasillarde qui sera une des marques de fabrique de Mike Oldfield dans tous ses albums suivants. Dans les aigüs, cette guitare évoque quelque cri presque humain... Et ceux qui connaissent bien la musique d'Oldfield vous le diront sans doute : le guitariste britannique, qui a une authentique voix de crapaud enrhumé, chante avec sa guitare.

 

[Les images : en bas, la pochette de l'album 33 tours, en haut, la pochette CD, avce un lettrage beaucoup plus épais]
 

Ma cotation de cet album : 9/10

Par Nicolas - Publié dans : Discographie
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