Mike Oldfield

Mike-1978.jpgMike Oldfield, compositeur, guitariste, et multi-instrumentiste britannique est l'objet de ce blog, où je viens ajouter, une à deux fois par mois, une bribe de biographie ou  quelques informations sur sa riche discographie.

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Mardi 31 octobre 2006

En août 1981, le compositeur et guitariste Mike Oldfield vient de terminer une tournée européenne gigantesque (The European Tour) avec un groupe de 5 musiciens : Rick Fenn (guitare et basse), Tim Cross (claviers), Morris Pert (batterie), Mike Frye (batterie) et Maggie Reilly (chant).

C'est sans doute le moment de sa carrière où il se sent le mieux avec un groupe puisqu'il se met, dès septembre, à enregistrer (et composer !!) avec ces musiciens ce qui sera son album le plus "collectif" : Five Miles Out !

Mike Oldfield avait connu la gloire dès 1973 pour un album historique composé et interprété seul -à une époque où les charts anglais sont dominés par des groupes. A partir de 1979, la musique de Mike se fait plus rock et se décline en concert : une tournée européenne par an à partir de 1979 ! Mais Mike compose toujours toute sa musique sauf lorsqu'il l'emprunte à d'autres compositeurs : Philip Glass, les Shadows, Bach... ou ABBA !

Revenons à Fives Miles Out. L'enregistrement dure jusqu'en janvier 1982 et "Five Miles Out" paraît le 19 mars 1982.

Comme d'autres albums de Mike, celui-ci contient une grande composition instrumentale étalée sur une face du vinyle, tandis que des morceaux courts (chansons, instrumentaux courts) constituent l'autre face.

Sur un CD, cela fait 5 morceaux pour une durée totale de 50 mn tout rond !

"Taurus II" est un instrumental de 25 minutes où la guitare de Mike Oldfield se taille la part du lion (Oldfield étant du signe du Taureau, d'où le titre Taurus). La guitare électrique d'Oldfield, ici étincelante et hyper-vitaminée, slalome sans cesse entre des batteries virevoltantes, des accords d'instruments à vent ou de cordes, des chants vocaux et des passages folks, notamment quelques airs de la cornemuse sympathique du respecté Paddy Moloney.
Les inspirations rock, hard rock, folk, voisinent avec des chansons enfantines délicates et des passages plus fantaisistes (des jacassements d'oies sont cachés dans le morceau).
Certaines mélodies de "Taurus II" sont des développements d'idées ébauchées dans le morceau "Taurus 1" de l'album précédent et étoffées lors de la tournée 81.

"Family Man" est une chanson composée par le "groupe". Elle a été reprise à l'identique (même bande sonore) par le groupe Hall & Oates qui en fait un tube aux USA en 1983.

"Orabidoo" est un instrumental de 10 mn, également composé collectivement. Il compose par une musique très délicate qui semble interprétée par une boîte à musique. Puis le morceau s'étoffe avec des couplets et refrains au vocoder, dans un passage aux arrangements assez sophistiquéa mais à la mélodie imparable. Une certaine émotion naît de la fragilité de ce passage.
Une transition fuguée, déjà entendue dans "Taurus II", amène l'auditeur à une deuxième partie plus typiquement oldfieldienne, la guitare construisant un thème qui s'amplifie au fur et à mesure, et éclate dans un final réjouissant.

"Mount Teidi" est un petit instrumental charmant de Mike Oldfield enregistré avec l'héroïque batteur Carl Palmer (de Emerson, Lake & Palmer et Asia). La version live sur "The Complete" est meilleure que cette version studio, assez sage.
Pour la petite histoire, Mike Oldfield a enregistré plusieurs morceaux avec Carl Palmer à cette occasion. Ils restent inédits au grand désespoir des fans, mais Carl Palmer a édité l'un d'entre eux ("Ready Mix") sur sa compilation-rétrospective en 2001.

"Five Miles Out", chanson-titre de l'album, est une composition de Mike Oldfield qui raconte comment il a faillit se planter aux commandes de son avion privé dans une tempête. Musicalement, c'est un morceau très réussi, tout en contraste, rappelant "Taurus II" dont il reprend d'ailleurs quelques thèmes. Des couplets au vocoder (Mike chante en duo avec Maggie Reilly) alternent avec des passages de guitare très rocks et des immixtions de cornemuse.
Encore pour la petite histoire, ceux qui écouteront attentivement au casque reconnaîtront la mélodie de "Tubular Bells", très faiblement mixée dans l'intro du morceau. On l'entend nettement mieux dans la version "single" reprise dans la compilation "The Complete".

Le livret du CD n'a malheureusement pas repris la "Track sheet" colorée que l'on découvrait en ouvrant la pochette du 33 tours...



Je ne peux m'empêcher de vous citer ici l'avis de l'excellent Jean-Pascal (pas celui de la Star Ac', mais le génial auteur du site http://www.maison-page.net ) :

"Mike Oldfield - Taurus 2, exemple bizarre d'une branche de la pop qui est "morte née". C'est pas du rock progressif (bien trop farfelu, pas dans les normes), pas du classique, pas de la musique électronique (trop pop), c'est quoi alors ? Disons que ça a la structure du classique (les thèmes explorés le sont sur une ou deux minutes, pas plus), ça en a la forme quasi organique (mutations permanentes, reprises de thèmes sous d'autres timbres, instrumentation très diverses, rythmique interne complexe - passages lents, doux, fous, rapides, forts -). Il y a ici un sens évident du JEU, une sorte de jubilation qui se manifeste dans plusieurs couches : jeux des timbres (flûtiaux, cornemuses inattendues, vocoder, percussions en festival), jeux de rythmes (accélérations surprises, espaces vidés, reprises), etc... On a l'impression continue d'avoir affaire à un orchestre très complet qui s'amuse beaucoup (même si Oldfield fait presque tout, ici). Détails : c'est un des premiers morceaux qui utilisait aussi massivement le Fairlight (le sample, on dit maintenant), surtout dans les flûtes et les sons d'orchestre à corde). Pour moi, beaucoup d'atouts sont réunis dans ce grand sac musical : c'est un festival mélodique et harmonique, c'est un régal de timbres (des percussions aux claviers en passant par les basses, flûtes, guitares électriques et autres carillons), c'est un régal d'ambiance (en résumé : c'est très rigolo à écouter), et c'est un régal de "grande forme" (le déroulement est très ingénieux, et le bonhomme sait faire jouir l'auditeur avec diverses montées, surprises et bizarreries). Plus personne ne fait cette musique, évidemment. Le bidule fait presque 25 minutes. Hop !"


Après cet album lumineux, électrique, jouissif et positif, Mike réalisera l'album "Crises" en 1983, promis à une très belle carrière dans les charts (le tube "Moonlight Shadow") mais rompant avec cet épisode très rock et très collectif de sa discographie.

Un des albums du Top 3 des fans européens, et un album à acheter en priorité pour découvrir Mike Oldfield !

Ma cotation pour cet album : 10/10

Par Nicolas - Publié dans : Discographie
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Vendredi 27 octobre 2006

(Chanteuse pour Mike Oldfield en 1998-1999)

J'ouvre maintenant une nouvelle rubrique sur les différentes collaborations , participations de Mike Oldfield, ses reprises, et ses collaborateurs...

Pepsi DeMacque, aux côtés de Miriam Stockley, au concert de Berlin le 31 décembre 1999.

Lawrie "Pepsi" DeMacque est née le 10 décembre 1960 à Paddington, à Londres (Westminster). En 1983, elle remplace Dee C. Lee comme choriste/danseuse du groupe Wham!, aux côtés de Shirlie Holliman et des chanteurs George Michael et Andrew Ridgeley. Elle participe aux plus gros succès du groupe.

En 1986, le groupe Wham! se sépare, et Pespi DeMacque et Shirlie Holliman forment le duo "Pepsi & Shirlie". Leur premier album, "All Right Now", mélange de Rn'B et de dance, sort en 1987. Leur succès est assuré par le simple "Heartache". Un deuxième album sort en 1991 ("Changes"), promu par le single "Someday", composé et produit par George Michael. Le duo se sépare peu de temps après, mais se retrouve en 1999 pour enregistrer les choeurs d'un titre de Geri Halliwell, "Bag it Up".

Dans les années 90, Pespi DeMacque participe à des comédies musicales en Grande-Bretagne : reprise de "Hair" en 1993, et création de "Leader of the Pack", hommage à la chanteuse Ellie Greenwich, en 2000.

En 1999, Pespi DeMacque enregistre, sous le nom de 'Infamy', une reprise du tube des années 80 "You spin me Round" de Dead or Alive, avec George Michael aux choeurs. Elle aurait également (quand ? je n'en sais pas plus) fait des choeurs pour Spandau Ballet, Five Young Cannibals et Andy Taylor (ex-Duran Duran).

Le 4 septembre 1998, Mike Oldfield doit monter sur scène pour un concert exceptionnel au Horseguard Parade de Londres pour sa première de 'Tubular Bells III' . La chanteuse Cara Dillon ne pouvant assurer ce concert, Mike consulte le guitariste Hugh Burns que Warner lui a proposé pour assurer la guitare rythmique au concert : "connais-tu de bonnes chanteuses ?". Hugh Burns lui répond : "Je vais y réfléchir".

Hugh Burns est un guitariste de studio, qui a collaboré sur plusieurs disques renommés. C'est lui qui assure le solo de guitare sur le fameux Baker Street* de Gerry Rafferty. Il a également été guitariste sur plusieurs albums de Wham! et de George Michael (on entend sa guitare dans Careless Whisper et Faith). Il connaît donc Pepsi DeMacque, et a d'ailleurs travaillé avec celle-ci à d'autres occasions.

Le lendemain de la demande de Mike Oldfield, Hugh Burns lui propose donc de contacter Pepsi DeMacque. Mike Oldfield la rencontre et apprécie son professionnalisme et son caractère positif, et surtout le fait qu'elle chante bien toutes les chansons prévues. Il la recrute donc pour le concert. Elle y chante Man in the Rain, Moonlight Shadow et Family Man.

Durant l'été suivant (1999), c'est un groupe très féminisé qui suit Mike Oldfield pour sa tournée 'Then& Now'. Pepsi DeMacque en fait partie et chante Family Man, Moonlight Shadow et un énergique Shadow on the Wall. Mike fait encore appel à elle peu de temps après pour enregistrer la chanson Sunlight Shining Through Cloud sur l'album 'The Millennium Bell', puis pour l'interpréter à Berlin lors du concert du passage à l'an 2000 'Art in Heaven', où elle reprend également Shadow on the Wall. Dans toutes ses prestations avec Mike Oldfield, Pepsi apporte un certain groove, bouge et se déplace énormément, ce qui contraste beaucoup avec l'attitude réservée de Mike Oldfield sur scène ou du souvenir que l'on a de Maggie Reilly dans les années 80.

D'après un article de Wikipédia, Pepsi DeMacque vivrait aujourd'hui à Wellington, Nouvelle-Zélande, où elle travaillerait dans une boutique de cadeaux à Lambton Quay. Il ne semble pas que se participation soit prévue pour le concert de fin d'année de Mike Oldfield dans le cadre des Nights of the Prom de Nokia.

 

(*) Le saxophone de Baker Street est tenu par Raf Ravenscroft, qui a également collaboré avec Mike Oldfield (Islands, Heaven's Open)

Par Nicolas - Publié dans : Collaborations et participations
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Jeudi 19 octobre 2006

Beyond the Ridge, portrait d'un génie
Par Karl Dallas

(MELODY MAKER, 25 octobre 1975)

Mike Oldfield l'a refait ! Après Tubular Bells, qui a explosé au hit-parade, et Hergest Ridge vient Ommadawn. Et ici, Oldfield discute de son nouvel album avec Karl Dallas.

 


"THROW 'EM?" demanda l'homme dans le pub, quand nous lui demandâmes la route. "Oh, vous voulez dire Thruff 'em, du côté où vit ce Peter Wyngarde, là où ce nouveau type qui fait de la pop vient de s'installer. On espère qu'il ne trame pas les mêmes bêtises.

Thruff 'em épelé Througham, est la nouvelle retraite campagnarde de Mike Oldfield, et la rumeur a rapidement fait le tour des habitants du Gloucestershire que Mike Oldfield, celui connu pour Tubular Bells et Hergest Ridge, était venu s'installer parmi eux pour produire son quatrième chef d'oeuvre.

Oui, vous avez bien lu, j'ai dit quatrième.

Parce qu'un moment après qu'il se soit libéré de Hergest Ridge, Mike n'avait pas la moindre idée de ce qu'il allait faire ensuite -si encore il allait faire quelque chose- mais maintenant qu'Ommadawn, son troisièmealbum, est sorti, sa tête bouillonne à nouveau d'idées pour de futur albums. La seule chose qui l'arrête pour le moment est le temps qu'il lui faut pour adapter une vieille grange dans sa nouvelle maison à un studio 24 pistes.

The Beacon, où Mike avait enregistré la totalité d'Ommadawn (à l'exception des percussions Jabula, qui furent enregistrées dans la folie au Manor), était au bas d'une pente raide où tout a du être transporté à bras, pianos, meubles, tables de mixages et Dolbys.

Connaissant son attrait pour l'isolement, ce n'était pas une surprise que la nouvelle maison où il vient d'emménager se situe en contrebas d'une vallée, au bout d'une route qui se termine par un chemin de terre. C'est un bâtiment magnifique, en pierres grises, dont certaines parties datent du 13e siècle, avec un jardin ornemental à la française en train d'être restauré. Bref, juste le style d'endroit, où n'importe lequel d'entre nous irait s'installer s'il devenait le compositeur  le plus vendeur du 20e siècle, avec des disques d'or jusque dans les toilettes pour le prouver.

Non que la vie de château ne soit sans problème. Malgré le parfum de pain fraîchement cuit que les crêpes exhalaient depuis la cuisine, il apparaissait qu'il y avait de sérieux problèmes sur le front culinaire, comme pomper l'eau de la source, et toutes les tasses à thé devaient être rincées sous le filet d'eau d'un jerrycan prêté par un villageois amical du voisinage.

Personne ne savait où était passé Oldfield. Il était, comme on devait l'apprendre plus tard, parti rencontrer les habitants autour de quelques pintes de Guinness. Pour boire de la Guinness, ont sait qu'il est déjà parti jusqu'à Edinbourg sur un coup de tête quand le mixage ne se passait pas bien.

Ce sont ces caprices, quand il s'agit de s'accomoder des médias qui lui ont donné une mauvaise réputation auprès de ceux qui considèrent qu'une interview est une interview et pas le moment de discuter des nouvelles du coin.

Alors que pour Mike, tous les contacts humains se valent, et les affaires sérieuses sont quelque chose qu'il est tout à fait possible d'effectuer en même temps que les choses importantes de la vie, comme faire voler des modèles réduits ou monter à cheval (son hobby actuel, comme tout le monde va rapidement le remarquer en écoutant la face deux d'Ommadawn). Et, bien entendu, boire de la Guinness.

Oldfield, cependant, est maintenant presque prêt à répondre aux questions. Après s'être détendu en écoutant  Thomas Tallis et Magma et des morceaux d'Ommadawn, qu'il voulait faire écouter à Leslie Penning, le joueur de flûte, qui ne l'avait pas entendu depuis qu'il avait enregistré ses parties, nous sommes entrés dans le vif du sujet, mais pas avant  quelques considérations préliminaires sur le titre de l'album.

Où l'avait-il trouvé ? demandai-je, sachant bien (ou pensant savoir) que c'était le mot gaélique pour "le fou".

"Je l'ai d'abord vu écrit" dit-il, "sur un bout de papier, les mots que Clodagh Simonds avait inventé. Environ une semaine après ça, j'ai regardé les mots qu'elle avait écrit et je l'ai vu là, et j'ai pensé 'c'est un nom sympa'"

Savait-il ce qu'il voulait dire, à ce moment ?

"Ca ne veut rien dire", dit-il.

C'est du gaélique, maintenai-je. Amadan (prononcé ommadawn) veut dire "le fou."

"Non," réponda-t-il, "il y a un mot qui lui ressemble vaguement, qui est gaélique et signifie fou, mais Ommadawn ne veut rien dire."

Est-ce que le titre est venu avant qu'il ne commence à travailler sur ce projet?

"Non, c'était vraiment à la fin. Le morceau avec les percussions et les voix dessus, je l'ai fait deux fois, et j'ai fait les voix plusieurs fois pour qu'elles soient parfaites, et Clodagh a fini par arriver à minuit, pour travailler toute la nuit et rentrer à Londres tôt le lendemain matin parce qu'elle devait aller à son travail."

La dernière fois que nous avions discuté, juste après Hergest Ridge, il avait pensé qu'il était peu probable que son disque suivant serait une autre oeuvre épique (pour reprendre ses propres termes du moment). Et pourtant, maintenant le voici, avec une autre oeuvre épique. Comment est-ce arrivé ?

"Il semble que c'est ce qui s'est passé," dit-il. "Ca a commencé à prendre forme au début du mois de janvier. J'avais juste deux mélodies qui allaient ensemble à la guitare accoustique, et ça sonnait bien, et j'ai tout développé à partir de ça." Il fredonna les deux premiers thèmes de la face un pour illustrer.

A-t-il trouvé ça difficile ?

"Eh bien, j'ai eu des tas de problèmes, évidemment. J'ai fait la totalité de la face un deux fois. Je pense qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas, probablement avec la bande avant que je me la procure, ou alors il est possible que je l'ai passée tellement de fois, des centaines de fois, qu'elle a commencé à perdre ses oxydes, à être esquintée. Personne ne sait ce qui s'est passé. Mais c'est formidable que ce se soit passé comme ça, car autrement je ne l'aurai pas recommencé et ça n'aurait pas été moitié aussi bon. Ce que je veux dire, c'est que je l'aurai recommencé même si la bande n'avait pas été abîmée. Le premier essai devait être définitif, et quand je l'ai terminé, je l'ai écouté et réalisé que ça n'allait être qu'une démo. C'était quasiment un choc. Et je devais tout reprendre."

Précédemment, en se référant aux choses qu'il avait dites à l'époque d'Hergest Ridge, il avait dit que Tubular Bells représentait ses sentiments sur la vie en ville, tandis que le "Ridge" était une réaction au panorama qui lui avait donné son nom. Donc, que représente "Ommadawn" ?

"J'ai seulement supposé qu'ils pouvaient avoir ces sources d'inspiration", corrigea-t-il. "Je ne sais pas, vraiment. Je n'ai même pas de supposition pour le nouveau."

Quel était son était d'esprit pendant qu'il le composait ?

"Obsédé."

Par le fait de le faire?

"Mmm," acquiessa-t-il. "J'étais beaucoup pIus solide, personnellement, que quand je faisait les autres. Un peu plus confiant."

Confiant musicalement, ou personellement?

"Personellement."

Est-ce que cela veut dire qu'il s'est fait à toutes les choses qui lui étaient arrivées ?

"Non," ria-t-il.

Mais trouvait-il plus facile de faire avec la vie maintenant ?

"Je le pense, un petit peu. Je suis un peu plus solide. Je ne trouve plus tout aussi ahurissant qu'avant. Je commence à m'abituer un peu à être comme je le suis, ici."

Donc, il s'est fait à lui même, au moins ?

"Eh bien, j'ai juste commencé, vraiment. Je suppose que ce disque en est une image. La deuxième face, en particulier. Non, l'ensemble. Il n'a pas une tonalité aussi effrayée que les autres. Il sonne un peu plus solide."

Donc ce n'était pas une tentaive d'auto-thérapie musicale, comme il avait pu le suggérer au sujet de l'album précédent, mais plus un reflet de son état d'esprit actuel ?

"Eh bien, je ne sais pas. Je n'ai aucune idée de ce qui se passe. C'est une chose que je ne comprend pas, pourquoi je le fais et ce que ça représente quand c'est fini. C'est drôle."

Etait-il aussi satisfait qu'il l'était d'Hergest Ridge quand il l'avait terminé ? (un peu plus tôt, il avait réaffirmé sa satisfaction de cette oeuvre, bien qu'il parle maintenant de la remixer).

"J'en suis très satisfait. la seule différence est qu'après Hergest Ridge, je ne pouvais m'imaginer faire un album de plus. Mais après celui-ci, je peux m'imaginer en faire d'autres à la pelle. Je veux me mettre à un autre très vite. Donc ce n'est pas la fin, pour moi. Evidemment, il n'a jamais été question que je ne compose plus après Hergest Ridge, mais c'est un peu ce que j'avais ressenti. Mais, pour celui-ci, et surtout après l'avoir réalisé et avoir emménagé ici, à moins que je ne me crashe en voiture une nuit, je vais évidemment faire beaucoup de musique, affreusement beaucoup."

Des idées?

"J'ai quelques idées. Tu sais, ce sont juste des spéculations pour le moment, mais il devrait y avoir ici assez de place pour enregistrer avec un petit orchestre, et j'aimerais assez bien faire ça."

Partir en tournée ? Un mouvement de la tête. Il n'a jamais ressenti le besoin de communiquer directement avec son public.

"Pas avec un public. Je communique, en tête à tête, mais pas avec une grande masse de gens."

Nous discutâmes pendant un moment sur la chanson "horseback", qui va probablement plus faire l'objet de commentaires pour ou contre, que toute autre partie de l'album. Un peu plus tôt, Leslie Penning avait expliqué comment il avait initié Mike à l'équitation, et comment la chanson  lui avait renvoyé l'expérience si profondément qu'il avait pleuré, quasi littéralement, quand Mike la lui avait chanté.

"Je l'ai seulement découverte quand j'ai été sur le dos de ce grand animal," dit Oldfield.

Quelle était l'importance de cette chanson pour l'album ?

"Très importante. C'est comme si elle lui donnait un équilibre. Il y a eu comme un sur-pessismisme (sic) sur l'album, en particulier la fin de la première face, même si certains trouvent que ça les rend joyeux. Il y en a d'autres qui trouvent que ça les rend tristes. Ca m'a terrorisé à mort quand je l'ai fait. Quand j'ai joué la guitare électrique, j'ai trouvé ça vraiment effrayant. Je ne pouvais plus dormir. Et la chanson sur le cheval est un peu le contraire de ça. Peut-être pas le contraire, mais en tout cas, ça le compense. Il y a ce couplet dedans, 'some find it strange to be here' ('certains trouvent bizarre d'être là'). C'est certainement mon cas. Et c'est sans doute pour beaucoup dans le fait que je fais de la musique".

Par Nicolas - Publié dans : Articles et entretiens
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Mardi 10 octobre 2006

Mike Oldfield est né le 15 mai 1953. il  fête ses 55 ans en 2005. Déjà 35 ans de carrière (solo) pour le guitariste et compositeur prodige !

 

Les années passent également pour ceux qui ont travaillé avec Mike Oldfield, ainsi, pour les collaborateurs de la décennie 1969-1979, en 2008 :

- Sally Oldfield (née en août 1947) a 61 ans. Elle a formé le groupe Sallyangie avec Mike Oldfield en 1968, puis participé aux choeurs sur ses quatre premiers albums.

- Terry Oldfield (né le 12 août 1949) a 59 ans. Il a accompagné son frère Michael pendant quelques mois au sein de la formation Barefeet. Par la suite, il a joué de la flûte sur des albums tels que Ommadawn (1975) ou Incantations (1978).

 - Kevin Ayers (né le 16 août 1944) a 64 ans. Il a recruté Mike au sein de son groupe The Whole World en février 1970 et lui a prêté le magnétophone qui lui a permis d'enregistrer sa démo de Tubular Bells en 1971. Mike a fait appel à lui en 1987 pour sa chanson Flying Start.

- David Bedford (né le 4 août 1937) a 71 ans. Il a rencontré Mike Oldfield alors qu'ils étaient tout deux musiciens du groupe The Whole World . Il a encouragé Mike à travailler sur ses instrumentaux. Il a travaillé sur les parties orchestrales ou vocales de plusieurs oeuvres de Mike Oldfield, ce dernier intervenant sur de nombreux albums de Bedford. Article détaillé ici.

- Richard Branson (né le 18 juillet 1950) a 58 ans. Entrepreneur, il a fondé la maison de disques Virgin et a signé Mike Oldfield comme premier artiste.

-Tom Newman (né en 1943) a 65 ans. Producteur et musicien, il a constuit le premier studio d'enregistrement de Virgin avec Phil Newell et Simon Heyworth pour Richard Branson. C'est à lui que Mike Oldfield a confié sa démo de Tubular Bells à l'automne 1971. Il a ensuite produit l'album, puis est intervenu sur d'autres albums. Sa dernière collaboration avec Mike est Tubular Bells II en 1992.

- Vivian Stanshall (né le 21 mars 1943) est décédé le 5 mars 1995 à l'âge de 52 ans dans l'incendie de son appartement. Il était présent au studio The Manor pendant l'enregistrement de Tubular Bells en 1972, et avait alors été recruté comme Maître de Cérémonies annoncant les instruments à la fin de la part1.

- Paddy Moloney (né le 1er août 1938) a 70 ans. Joueur de cornemuse, leader des Chieftains, il a joué sur Ommadawn (1975), puis sur Five Miles Out (1982).

- William Murray (né le 2 août 1950) est décédé le 30 août 1998 à l'âge de 48 ans. Ami de Terry Oldfield, il rejoint Mike en tant que batteur aux côtés de Kevin Ayers pendant quelques mois en 1971. Il collabore à Ommadawn (paroles de ''On Horseback") et "Amarok" (pochette et texte du livret).

- Maddy Prior  (née le 14 août 1947) a 61 ans. Chanteuse, elle a été la voix du groupe folk Steeleye Span et a chanté sur l'album Incantations (1978) et dans la tournée Exposed (1979).

- Nico Ramsden (né le 28 septembre 1951) a 57 ans. Guitariste, il a participé à la tournée Exposed (1979) et a travaillé sur l'album Platinum (1979), où il a co-signé le rare Sally ainsi que le morceau qui l'a remplacé ensuite : Into wonderland.

- Phil Beer (né en 1953) a 55 ansGuitariste, il a participé à la tournée Exposed (1979) et Mike Oldfield a enregistré deux titres avec lui (dont Passed you by) qui font parties des raretés recherchées par les fans.

- Pierre Moerlen  (né le 23 octobre 1952) nous a quitté le 3 mai 2005, à l'âge de 53 ans. Il a été percussionniste sur Platinum (1979) et a participé à des tournées de Mike Oldfield. On le voit notamment parmi les musiciens du concert à Knebworth (1980) sur la VHS The Essential Mike Oldfield.

 

Tout cela ne rajeunit pas cette génération de musiciens, ni les fans des premières heures de Mike Oldfield !

=> années 1980-1985

Par Nicolas - Publié dans : Collaborations et participations
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Mercredi 4 octobre 2006
A l'âge de 12 ou 13 ans (autour de 1965), Mike Oldfield forme un duo avec un ami et joue dans des clubs folks de Reading (Mike avait vraisemblablement déjà joué seul auparavant dans des clubs). Ce duo prend fin quand la famille Oldfield quitte Reading (66 km à l'ouest de Londres) pour s'installer à Hornchurch (Essex, aujourd'hui dans le Grand Londres), à 25 km à l'est du centre de la capitale anglaise.  

 

A 15 ans, Mike Oldfield quitte brutalement l'école, selon le biographe Sean Moraghan*, "parce qu'ils voulaient qu'il coupe ses longs cheveux". A ce moment, sa grande soeur Sally lui propose de la rejoindre au sein d'un duo folk. Mike et Sally composent quelques morceaux ensembles et baptisent leur groupe The Sallyangie, d'après le prénom de l'une et le titre de la mélodie favorite de l'autre. Le nom du groupe est parfois écrit The Sally Angie ou simplement Sallyangie, selon les supports qui seront publiés par la suite.

 

Selon Sean Moraghan, le duo se contente de produire des concerts au printemps 1968, mais ils sont ensuite repérés par le guitariste britannique John Renbourn qui les recommande à sa maison de disque, Transatlantic. Selon les notes accompagnant la dernière édition CD de Sallyangie, c'est Sally Oldfield qui aurait démarché John Renbourn et Bert Jansch et aurait seulement ensuite recruté Mike. Quoiqu'il en soit, Mike et Sally Oldfield décrochent alors un contrat et enregistrent un album, Children of the Sun, qui sort en novembre 1968. Mike n'est cependant pas satisfait de l'orientation musicale très "sirupeuse" du groupe et apprécie surtout de jouer des instrumentaux lors des concerts. Il s'agit peut-être de ceux délivrés sur le disque bonus de la dernière réédition CD de Children of the Sun, qui comprennent des ébauches de thèmes que l'on retrouvera dans Ommadawn (1975) ou Amarok (1990). L'insatisfaction musicale de Mike Oldfield et ses querelles avec sa soeur amèneront le groupe à se séparer fin 1969. Mike Oldfield traverse ensuite une période dépressive, pendant laquelle il compose (selon Sean Moraghan) un des thèmes accoustiques du début de "Tubular Bells (part 2)".

 

 

 

Dans les mois qui suivent, Mike Oldfield demeure chez son père et forme un groupe avec trois autres musiciens dont son grand frère Terry. Le groupe se nomme Barefeet ("pieds nus") et Mike y tient sa nouvelle guitare électrique, une Fender Telecaster qui avait appartenu auparavant à Marc Bolan (chanteur de Tyrannosaurus Rex). Parmi leur répértoire se trouvait peut-être un morceau rock qui allait devenir le thème de l'homme des cavernes sur "Tubular Bells (part 2)". Quoiqu'il en soit, le groupe ne semblait pas être très bon et se sépare au bout de quelques mois, après un concert "désastreux".

(*) Sean Moraghan - A Man and his Music

=> 1970-71

Par Nicolas - Publié dans : Biographie
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