Mike Oldfield, compositeur, guitariste, et multi-instrumentiste britannique est
l'objet de ce blog, où je viens ajouter, une à deux fois par mois, une bribe de biographie ou quelques informations sur sa riche discographie.
La hotte du Père Noël est garnie cette année de nouvelles photos de l'ami Yannick !
Le concept Night of the Proms est de faire se rencontrer la musique classique et d'autres genres de musique, tels que le rock, le
rap... L'orchestre de la tournée se produit dans plusieurs pays d'Europe avec, à chaque fois, des artistes nationaux en invités vedettes. Ces derniers peuvent être aussi bien des gloires actuelles
que passées.
En 2006, la tournée allemande a vu avec grand bonheur la participation de Mike Oldfield en invité vedette. La tournée s'est déroulée dans 13 villes différentes en 18 dates. Mike y
a joué des morceaux choisis parmi ses plus grands succès, à savoir des extraits de Tubular Bells et Ommadawn,
Moonlight Shadow, To France et Shadow on the Wall.
Je me suis personnellement rendu à deux concerts, celui de Stuttgart et celui de Francfort, où j'ai remarqué que la popularité de Mike en Allemagne était intacte.
Ce concept a rencontré un succès énorme et tous les concerts se sont produits devant des salles combles de plus de dix mille personnes !
Un DVD regroupant quelques prestations des concerts vient de paraître. On peut y retrouver le Tubular Bells joué par Mike ! Il s'agit du DVD n°2 présenté à http://www.notp.com/france/dvd
Un petit nombre de morceaux de Mike Oldfield est associé à l'esprit de Noël. Parmi ceux-ci, le plus connu est sans contexte le petit instrumental In Dulci
Jubilo.
Ce cantique de Noël est attribué, selon les disques de Mike Oldfield, à R.L Pearsall (généralement) ou à Bach (sur The Platinum Collection).
Aux origines
In Dulci Jubilo ("dans une douce joie") est à l'origine un cantique qui date du XIVe siècle. Il aurait été écrit en 1328 par le moine allemand Henrich Suso qui l'aurait entendu entonné
par des anges. La première trace écrite de ce morceau remonte à 1400 environ en Allemagne et à 1540 environ en Angleterre. Plusieurs compositeurs –surtout allemands– ont repris ce morceau,
notamment Buxtehude, Praetorius et Jean-Sébastien Bach (Prélude pour orgue BWV 729).
Version de Michael Praetorius (1571-1621), texte en latin et allemand
In dulci jubilo,
nun singet und seid froh!
Unsers Herzens Wonne
leit in præsepio
und leuchtet als die Sonne
matris in gremio
Alpha es et O (x2)
Le compositeur britannique Robert Lucas de Pearsall (1795-1856) en fait une adaptation et une traduction en anglais en 1837 (à partir d’une version de 1570), à une époque où les anglais
dépoussièrent tout une série de cantiques de Noël du moyen-âge.
Version de R.L. Pearsall, texte en latin et anglais
In dulci jubilo, Let us our homage show!
Our heart's joy reclineth
In praesepio
And like a bright star shineth
Matris in gremio
Alpha es et O!
L'arrangement de Mike Oldfield
C’est sur cette adaptation de Pearsall que s’est basé Mike Oldfield pour enregistrer, avec le flûtiste Leslie Penning, une première version d’In Dulci
Jubilo, en novembre 1974, au Beacon (sa petite maison dans le Herefordshire), peu après que Virgin lui ait fait installer un
studio à domicile.
Le morceau a certainement été enregistré en même temps que Don Alfonso, ce dernier étant sans doute une commande de
Virgin pour qu’un titre d’Oldfield soit présent sur une compilation qui devait sortir en début d’année 1975.
La compilation V sort en janvier 1975 et contient la version dite "longue" de Don Alfonso. Une version courte
est mixée pour une sortie en 45 tours, pour lequel In Dulci Jubilo est prévu en face B. Ce même mois de janvier 1975, Mme Maureen Oldfield, mère du musicien, décède subitement à Harold
Wood. C'est à ce titre que la mention « For Maureen » est ajoutée au titre de la face B, une dédicace qui se veut un hommage.
Tout au long de cette année 1975, Mike Oldfield travaille sur l’enregistrement d’Ommadawn, qui sort à la fin octobre. C’est très probablement Virgin qui encourage Mike Oldfield
(alors la locomotive du label) à remixer une nouvelle version d'In Dulci Jubilo pour le sortir en vue des fêtes de fin d’année. De nouvelles pistes sont enregistrées au Manoir
(probablement le synthétiseur et le kortholt de Leslie Penning), un nouveau mixage est réalisé et le nouveau 45 tours est sorti le 14 novembre 1975. Un vidéo-clip apparemment filmé à
Througham suivra peu après.
Cette nouvelle version d'In Dulci Jubilo est aujourd'hui un classique de Mike Oldfield. Le titre est reparu sur de nombreux supports (EPs, coffrets, compilations) et c'est, avec
Portsmouth, le morceau le plus fréquemment trouvé sur les compilations de Mike Oldfield.
Les deux versions
Les deux versions ont le même tempo et répètent toutes les deux dix fois le même couplet musical. Leur construction et les instruments qui s'y succèdent sont cependant lègèrement
différents.
Le morceau In Dulci Jubilo (For Maureen) dure 2’45 environ.
Dans les trois premiers couplets s’entremêlent deux flûtes jouées par Les Penning sur un piano rythmique joué Par Mike Oldfield.
Dans le 4e couplet s'ajoute une troisème flûte plus basse.
Dans le 5e couplet, la caisse claire (snare drum) de William Murray fait son entrée.
Dans les 6e et 7e couplets, Mike Oldfield déroule un solo de guitare sur deux couplets, dans la veine de ce qu’il fera sur Ommadawn (sans doute joué sur sa
première Gibson SG).
Les 8e et 9e couplets sont tout à fait spécifiques de cette première version : le piano disparaît et l'on entend un son de guitare électrique affaibli et la caisse
claire.
Dans le 10e et dernier couplet, tous les instruments reviennent et est reprise la deuxième partie du solo de guitare.
Neuvième couplet d'In Dulci Jubilo (For Maureen)
Le morceau In Dulci Jubilo (remixé) conserve le même tempo et le même nombre de couplets que la version antérieure, mais est rallongé de six secondes par une introduction à la guitare
acoustique, d'où sa durée de 2'51 !
On arrive bien à suivre les allées et venues des différents instruments grâce au vidéo-clip tout à fait particulier de cet instrumental, où chaque instrument occupe un petit carré dans une
partie de l'écran !
Le 1er couplet expose la base piano / flûte / guitare acoustique / basse.
Le 2e couplet y ajoute un kortholt (instrument à vent proche du cromorne).
Le 3e couplet substitue au kortholt un synthétiseur et une seconde flûte.
Dans le 4e couplet, le synthétiseur, la seconde flûte et le kortholt jouent de concert.
Dans le 5e couplet, le kortholt ressort et entre la caisse claire de William Murray.
A cheval sur les 6e,7e et 8e couplets, un solo de guitare (rallongé par rapport à la version antérieure) remplace les flûtes.
Dans le 9e couplet, la guitare sort et l'on entend les flûtes, le kortholt, les synthétiseurs, la batterie et des percussions,
Dans le 10e couplet, le milieu du solo de guitare est repris et se superpose aux flûtes.
Cette deuxième version se caractérise par un miaulement de chat que l'on entend dans les dernières secondes (voir la fin de cet
article) !
Les supports
Outre dans Boxed et dans la plupart des compilations parues depuis, la deuxième version d'In Dulci Jubilo est parue sur trois supports, tous sortis à l'approche des fêtes de fin
d'année :
In Dulci Jubilo
Paru le 14 novembre 1975
La face B difère selon les pays : On Horseback a été face B en général, sauf au Canada (un extrait d’Ommadawn) et surtout en France (version remixée inédite de la fin de la part 1 d’Ommadawn).
Take Four
Paru le 1er décembre 1978.
Ce Maxi de 4 titres contient Portsmouth, In Dulci Jubilo, le rarissimeWrekorder
Wrondo et The Sailor's Hornpipe.
The Mike Oldfield Christmas EP
Paru le 19 novembre 1993
Ce Maxi CD sorti la même année que le coffret Elements (et en partie pour en assurer la promo) contient In Dulci Jubilo, une version courte de Wonderful
Land, Portsmouth et l'inéditVivaldi Concerto In C.
Si l'actualité musicale de Mike Oldfield est marquée cet automne par des atermoiements (report de la sortie de son prochain album), ce n'est pas le cas de sa vie personnelle. Et les deux évènements ne sont pas sans rapport. Il est donc temps de faire le
point sur les évènements de ces derniers mois.
En octobre 2007, Mike Oldfield a annoncé son nouveau départ du Royaume-Uni pour l'Espagne et mis en vente sa maison du Gloucestershire. Dans un entretien pour This is London publié le 12 octobre,
il a exprimé son ras-le-bol des interdictions et précautions croissantes en Angleterre, en particulier des restrictions frappant les fumeurs et de la multiplication des caméras. Dans un
autre entretien, paru le 28 octobre dans le Sunday Times, il a relativisé ses
propos précédents et précisé que l'élément de décision principal était sa recherche d'un climat plus présent "je ne pense pas que je pourrais vivre dans un climat froid de nouveau. Cela
affecte mon humeur tout entière."
Ces annonces avaient été précédées de peu par l'annonce du report de la sortie du nouvel album, qui de novembre 2007 a été repoussée d'abord à janvier 2008 puis au mois de mars...
La raison initialement invoquée était la prochaine naissance du septième enfant de Mike et Fanny Oldfield, attendue pour la fin d'année 2007. Apparemment, Fanny attend un garçon qui sera appelé
Eugène. Mike Oldfield souhaiterait rester près de sa famille et ne pas s'engager dans la promotion d'un nouvel album au même moment. Cela se comprend évidemment.
Cependant, l'évènement était sans doute prévisible depuis un moment, et c'est probablement tous les autres changements de la vie de Mike Oldfield qui restreignent sa disponibilité en cet
automne-hiver 2007. En effet, non content de quitter l'Angleterre pour de bon (en 1996, Mike s'était installé à Ibiza sans vendre sa propriété anglaise), Mike semble décidé à mettre un grand coup
de balai dans son passé. Il s'est débarrassé d'un grand nombre de ses vieux équipements qui ont été depuis mis en vente sur
ebay (sans doute des affaires non déballées lors de son déménagement précédent) et a également mis en vente son piano Steinway
et son glockenspiel.
Lot #77: Glockenspiel A 3-octave glockenspiel d'orchestre ; propriété de Mike Oldfield. £500 - £700
Lot #118: Steinway No 137655 (vers 1910) Un modèle B de piano à queue de 6 pieds 11 pouces utilisé par Mike Oldfield dans ses enregistrements de 1987 à 2007. £8,000 - 12,000
Mise à jour du 13/12/2007
A peine avais-je posté cet article qu'une nouvelle plus étonnante est tombée via le site de Chandlers Guitar :
Mike met en vente trois nouveaux instruments :
- une guitare Ramirez relativement récente (1999)
- sa mandoline de la fin des années 70 que l'on voit dans le Live à Montreux (1981)
- et surtout, ce qui était réputé être sa guitare favorite (!), la Fender Stratocaster "salmon
pink" qui était une de ses guitares emblématiques depuis plus de vingt ans, et qu'il avait encore utilisé récemment dans la tournée Night of the Proms...
Mike Oldfield avait déjà vendu de la même sorte une dizaine de ses guitares en 2006, mais celle-ci semblait aux fans un instrument
inséparable du musicien, un rêve de gosse qu'il s'était offert après le succès de Moonlight Shadow. Inutile de préciser qu'une certaine tristesse et de l'inquiétude planent sur les
forums de discussion anglais, allemands et espagnols...
Il ne reste plus qu'à espérer que ce nouveau départ d'Angleterre à l'occasion duquel Mike largue décidément beaucoup d'amarres soit aussi un nouveau départ musicalement plutôt que ce qui
ressemble de plus en plus furieusement à une sorte de retraite...
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