Mike Oldfield

Mike-1978.jpgMike Oldfield, compositeur, guitariste, et multi-instrumentiste britannique est l'objet de ce blog, où je viens ajouter, une à deux fois par mois, une bribe de biographie ou  quelques informations sur sa riche discographie.

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Lundi 11 septembre 2006

Lorsqu'en 1992, Mike Oldfield s’installe chez Warner et prend un nouveau départ avec «Tubular Bells II», il affirme vouloir se consacrer de nouveau à la musique instrumentale. Le deuxième album sorti chez Warner, en 1994, sera bien une œuvre instrumentale : c’est «The Songs of Distant Earth».

Dans les quelques années précédant cet album, Mike Oldfield semble avoir de plus en plus besoin de se donner un challenge pour travailler. Pour ce disque ce sera le principe de composer la musique… d’un livre ! (L’idée sera reprise par Chris Franke, ex-Tangerine Dream deux ans plus tard). Grand admirateur de Arthur C. Clarke, Mike Oldfield choisit un de ses livres : « Les chants de la terre lointaine ».

« The Songs of Distant Earth » -les fans résument en TSODE- livre 17 plages musicales enchaînées, avec juste une coupure entre les morceaux 9 et 10 (sans doute pour les supports à deux faces, cassette et vinyle).

L’album délivre tout du long une musique aérienne, de ci planante de là plus rythmée, plaisante et apaisée. On est bien loin des œuvres angoissées de la jeunesse d’Oldfield. En résumant, on trouve ici un mélange d’Enigma, de Vangelis, de Deep Forest et de Mike Oldfield…

L’influence d’Enigma est probablement voulue, l’album MCMXC a.D. est encore récent (1990) et a eu tendance à créer un canon pour tous les albums concepts-dance de l’époque (Deep Forest, Stone Age…) avec l’intro planante qui va bien, le single ou un titre entraînant en deuxième position…

Ici on a bien une intro quelque peu brumeuse (sons de pseudo-baleines, voix d’un astronaute qui lit la genèse…) et un enchaînement vers un des morceaux que l’on retient le plus du disque « Let there be light », basé sur une rythmique complexe et magnifié par des chœurs et une ornementation à la guitare.

Un morceau se revendique probablement encore plus d’Enigma, c’est « Hibernaculum », sorte de chant grégorien sur une rythmique complexe, avec quelques inserts de chants ethniques. Le morceau peut également rappeler –dans son refrain- un hymne à la « 1492 » de Vangelis. La parenté avec Vangelis se ressent également dans d’autres morceaux, probablement à cause de l’omniprésence des nappes denses de synthétiseur qui tapissent chaque morceau. L’influence de Deep Forest (on sait que Mike Oldfield a apprécié leur chanson « Sweet Lullaby ») apparaît dans les échantillons ethniques et en particulier dans un chant comme « Prayer for the Earth ». Il faut cependant relativiser cette influence : Mike Oldfield a très souvent inséré des arrangements ethniques dans ses albums, dès les années 70.

Pour ce qui est du style de Mike Oldfield, le constat est paradoxal :
- Mike Oldfield a revendiqué avoir chercher à créer un son du futur, en particulier pour sa guitare. De fait, le son de guitare est considérablement « aminci » et décapé de tout velléité « râpeuse », rock… La guitare se fait par ailleurs relativement rare dans cet album. Un aspect essentiel du style de Mike Oldfield est donc quasi-absent de cet album.
- La densité habituelle (superposition démentielle d’arrangements) manque également cruellement à cet album. Mike a déclaré à cette époque : « je veux laisser plus d’air dans ma musique ». En gros, il y a moins de micro-arrangements de fou et plus de nappes de synthé pour remplir le fond sonore.
- C’est par contre une œuvre instrumentale épique et ambitieuse de Mike Oldfield façon années 70 : une heure de musique quasi-continue et très homogène. Sur ce plan, Mike n’a jamais reproduit ce type d’œuvre depuis 1994, ses derniers albums étant des juxtapositions de morceaux courts…


La musique se caractérise donc par un mélange de quelques chants magnifiques, des arabesques d’une guitare très gracile, des rythmes programmés et quelques autres voix et instrumentaux fondus dans un fond sonore très synthétique et planant.

C’est un album tranquille et relaxant sans être chiant, dans le genre de ceux de la série Enigma, avec des touches de guitare et probablement plus d’émotion : on la ressent dans ces morceaux où une guitare fragile tisse des mélodies délicates : « Let there be light », « Crystal Clear, « Ascension »… C’est sans doute cela qui fait que cet album, plus de dix ans après sa sortie, a beaucoup moins vieilli qu’un Vangelis ou un Enigma.

Pour les fans, c’est selon le point de vue le premier album du déclin (moins d’arrangements, plus de synthés) ou le dernier chef d’œuvre de Mike Oldfield. Pour les non-fans, c’est un album très intéressant, sans doute un des plus "easy-listening" de Mike Oldfield.

Ma cotation sur cet album : 7/10

Par Nicolas - Publié dans : Discographie
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Commentaires

C'est l'un de mes albums préféré celui-là. J'ai mis deux clips de cet album sur mon blog. D'autres viendront certainement par la suite.
Commentaire n° 1 posté par EspritDuDragon le 12/09/2006 à 16h45
Mike oldfield est un pur génie. Je me réfère evidemment a la totalité de sa carrière.
Commentaire n° 2 posté par Samy le 29/09/2006 à 14h05
j'ai écouté cet album des centaines de fois, notemment en lisant en même temps le livre d'Arthur C.Clark dont il est inspiré, et c'est un pur bonheur !
La musique colle parfaitement à l'ambiance du livre. De toute façon j'adhère à 90% de ses albums ^^
Commentaire n° 3 posté par K@role le 01/02/2007 à 01h23
Hello Nicolas. Pourriez-vous avoir la gentillesse de me transmettre  une liste  la+ complète posible des vrais inédits oldfildiens hors 
compilations.(Hergest ridge classical?). A ce sujet à quand une discographie complete sur votresite? Amitiés JC
Commentaire n° 4 posté par Quénec'hdu Jean-Claude le 27/07/2007 à 15h58
Je travaillerai sur une liste d'inédits pour ce blog dès mon retour de vacances !
Commentaire n° 5 posté par Nicolas D. (blogueur) le 27/07/2007 à 19h26
Tout d'abord, bravo pour ton blog qui est très sympa et bien documenté. Ton allusion à Enigma est particulièrement pertinente car je me souviens avoir lu à l'époque une interview où Mike indiquait avoir emprunté sa boîte à rythme à Michael Cretu, l'homme qui se cache derrière Enigma. En revanche, je suis pas d'accord avec toi : les albums de Vangelis veillissent bien (enfin, ça dépend lesquels).
Commentaire n° 6 posté par Monsieur Pepito le 03/10/2007 à 18h25
Arthur C. Clarke, l'auteur du livre éponyme qui avait inspiré M.O. pour l'album, est décédé hier 19 Mars 2008 au Sri Lanka où il vivait depuis plus de 50 ans.

C. Clarke fut d'abord physicien avant de devenir romancier. On lui doit notamment "2001, l'Odyssée de l'Espace".
Durant la Seconde Guerre Mondiale, il conçut un réseau de radars qui permirent en partie à la RAF de gagner la Bataille d'Angleterre.
C. Clarke fut aussi le premier à théoriser le concept de satellite géostationnaires, qui depuis sont devenus légion et gérent les communciations mondailes.
Commentaire n° 7 posté par imothep le 19/03/2008 à 08h48
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