Mardi 5 février 2008
Voici le premier article qui nous renseigne sur l'état d'esprit de Mike Oldfield depuis son installation à Majorque. C'est bien loin d'être rassurant. Ce n'est cependant pas le premier coup de déprime post-partum de Mike, après un gros travail.




J'ai déménagé à Majorque parce que la Grande-Bretagne d'aujourd'hui est bien trop pénible (même pour moi)

Par Richard Holledge
Publié dans le Mail On Sunday du Dimanche 13 janvier 2008.
Traduit par ND


undefined


Mike Oldfield, le mystique musical qui a eu ses périodes de tourmente pendant ses trente ans de carrière de musicien à succès, semble avoir enfin trouvé un peu de paix intérieure.
 
Il sirote son café et roule avec satisfaction une cigarette pendant qu’il regarde par dessus la Marina, à Palma, Majorque, l’île qui est maintenant devenue sa résidence permanente.
 
« L’essentiel est de pouvoir vivre sans cette horrible énergie de travail » dit le créateur de Tubular Bells, l’instrumental épique qui s’est abattu comme une tempête sur les charts il y a 35 ans et qui a vendu depuis plus de huit millions d’exemplaires.
 
« J’ai passé des années dans des studios d’enregistrement à essayer de créer la chose parfaite – tout le temps pressé dit il, en décrivant la dur labeur de son dernier album Music of the Spheres, qui va sortir en mars. J’en ai assez. »

undefined
 
Il a en eu de même assez de la Grande-Bretagne et a troqué Old Down House à Tockington, Gloucestershire avec 54 acres, contre une villa avec 5 chambres dans la campagne de Majorque et un yacht de 70 pieds amarré dans les environs de Palma.
 
« Je suis le plus heureux dans mon canot, sortant comme je le veux dans la baie avec rien d’autre autour de moi que les vagues. Je stoppe le moteur et respire le calme. C’est un sentiment que je n’ai jamais connu avant », dit Oldfield, qui a travaillé comme bassiste dans Hair, la comédie musicale des années soixante, pendant qu’il couvait son rêve de lancer une carrière qui lui a rapporté 15 millions de Livre.
 
Une rencontre chanceuse avec Richard Branson lui a apporté non seulement un contrat, mais a également lancé Virgin, la maison de disques de l’entrepreneur.
 
Ca a également permis à Oldfield de connaître les Iles Baléares, où les Branson ont des liens familiaux – la mère de Richard, Eve, était une agent immobilier pionnière dans les années cinquante.
 
undefinedOldfield, 54 ans, est un personnage agité, avec deux mariages –dont l’un n’a duré qu’un mois avec le chef d’une thérapie de groupe qu’il avait suivi pour accroître sa confiance en lui – et deux relations durables qui ont donné vie à cinq enfants. Aujourd’hui, avec sa seconde épouse d’origine française, Fanny, son fils de trois ans Jake et un bébé en route, le troubadour a acheté sa quatrième maison en moins de dix ans.
 
Il a vendu sa maison du Gloucestershire pour près de 3,5 millions de Livre, une plus value confortable puisqu’il l’avait acheté pour 2,1 millions deux ans plus tôt.
 
« Sachant que le marché se tassait, c’était un bon prix », dit il. « J’avais construit une piscine couverte et une véranda ainsi que mon studio mais il y restait du travail à faire. »
 
Autant que pour s'y rafraîchir, la famille va utiliser le yacht pour se rendre dans l’appartement qu’ils louent à Monaco comme résidence d’hiver. Oldfield cite plusieurs raisons pour avoir quitté la Grande Bretagne, notamment l’affreux été de l’an dernier.
 
« J’étais sur la M5 à Birmingham », se rappelle t-il. « La pluie s’abattait si fort qu'on se croyait dans les rapides du Colorado. Si je n’était pas sorti de l’autoroute, j’aurai été bloqué là toute la nuit. Il m'a fallu cinq heures pour rentrer à la maison. »
 
« J’ai discuté avec ma femme et dit : tu sais, nous ne sommes pas obligé de vivre ici, nous pouvons aller autre part. J’avais expérimenté la vie à Ibiza pendant les années quatre-vingt-dix et j’ai pensé que je pourrais faire quelque chose de nouveau comme ça, et nous avons ainsi décidé de venir ici pour démarrer une nouvelle vie. »
 
En l’espace de quelques jours, la famille avec son épagneul Fluff et ses deux chevaux était en route. « Nous avons trouvé cet endroit magnifique dans les plaines à vingt minutes de Palma quasiment tout de suite, » dit il. « Ce n’est pas encore fini. Il n’y a pas d’électricité, donc nous avons un générateur ce qui implique que, tous les trois jours, je charge la voiture avec des bidons de diesel. »
 
« L’eau arrive dans un réservoir et nous utilisons l’eau de pluie des gouttières pour le jardin. Le propriétaire précédent avait réalisé un puits, mais nous n’avons pas assez d’électricité pour alimenter la pompe. »
 
« Le confort de la vie me manque quand même. Quand il n’y a pas d’électricité, vous vous sentez perdu. Je ne peux pas regarder la télévision, rien ne marche. Un jour ou l'autre les réseaux seront installés mais ça va prendre quelque temps. »
 
La maison, qui a été constuite il y a deux ans et était sur le marché pour 1,9 millions, a cinq chambres, deux salles de séjour principales et une grande cuisine / salle à manger. Un grand patio ombragé surplombe la piscine et traverse le jardin jusqu’aux écuries. Le studio d’Oldfield est au rez-de-chaussée avec,  empilées dehors, des piles de boîtes pleines de câbles et équipements inutiles.
 
« Tout ce dont vous avez besoin maintenant est un portable, un clavier et une paire d’enceintes », dit l’homme qui a créé Tubular Bells en jouant 20 instruments lui-même et en utilisant 2000 bandes pour copier les pistes et en travaillant avec deux ingénieurs du son à temps plein.
 
La nouvelle maison illustre une tendance dans les propriété de Majorque, où les acquéreurs sont obligés de chercher dans les terres, grâce à un moratoire d’octobre dernier sur la construction côtière. Il a également acheté sur un marché solide où les prix se sont accalmi à 10% après avoir doublé en cinq ans en 2006.
 
La maison se situe au bout d'un mile d’une route à orniéres de poussière rouge avec une vue sur les montagnes enneigées du Nord. « On se sent vraiment en Espagne ici », dit-il « en particulier quand les touristes sont partis. J’ai trois motos et j’aime rouler en dehors des routes, explorer la campagne où il y a de charmants villages, tous avec une église et un restaurant avec de la cuisine espagnole vraiment bonne. »

La seule chose qui dérange la tranquillité est le souffle du générateur, et il passe donc la plupart de son temps sur son bateau qu’il utilise comme un bureau.
« J’ai appris comment piloter le yacht pour pouvoir partir pour Monaco, et quand le bébé sera né, nous partirons là-bas pour un mois ou deux car c’est un meilleur endroit pour l’hiver. »
 
Curieusement pour un homme qui a passé des mois dans la solitude à Hergest Ridge dans le Shropshire rural – ce qui lui a inspiré son deuxième album – il n’a pas aucun souhait de retourner à la maison.
 
undefined« En Angleterre, il y a une sorte de linceul de nuages qui peut rester pendant des mois. C’est affreusement déprimant. Ca allait quand je travaillais et que je me plongeais dans le studio mais après ce dernier album je crois que j’ai n’ai plus du tout l'énergie pour travailler. »
 
« Alors ils ont interdits de fumer dans les pubs et c’était la goutte d'eau qui fait déborder le vase, » dit-il.
 
« L’Angleterre était un endroit différent pour grandir pendant les années cinquante, » dit-il. Nous jouions au football et au cricket dans les rues, c’était bien plus sûr. Nos héros étaient des gens comme des pilotes de spitfire, pas des footballeurs. Cette Grande-Bretagne est maintenant partie. La Grande-Bretagne est devenue plus violente. Mais ici, l’esplanade est bourrée d’ados espagnols tous les week ends, tous s'musent de faço, fabuleuse et je n'ai jamais entendu une sirène ni vu de la violence. »
 
Avec son nouvel album de musique classique terminé, Oldfield peut se détendre. Cela lui a pris neuf mois pour créer l’œuvre ce qui a nécessité 86 musiciens, dont le pianiste Lang Lang et la chenteuse Hayley Westenra. L’album a les tintinnabulements typiques d’Oldfield et a pour sujet l’ancienne théorie qui veut que tout corps céleste, le soleil, la lune et les étoiles ont leur musique intérieure.
 
Il dit : « je suis toujours capable de me mettre en mode de haute concentration, mais je trouve cela très fatigant. Maintenant, la chose la plus excitante qui nous arrive sont les allées et venues du berger local et ses 200 moutons. »
 
Plutôt un contraste avec sa période à Ibiza où il est passé par une « phase de clubbing » si incongrue qu’il l’a décrite comme s’il s'était « engagé à mi-chemin dans le couloir qui mène à la folie ».
 
« C’est agréable de se lever et de se sentir en forme et pas avec une terrible gueule de bois, sans regretter ce que vous avez pu faire la nuit d’avant. »
 
« Se coucher tôt et se lever tôt, voir le soleil se lever, c’est quelque chose de magnifique. Quand vous avez 54 ans, il ne reste qu’un nombre limité d’années devant vous et vous avez besoin de pouvoir en profiter.
Maintenant, ma vie consiste totalement dans le confort, porter des shorts, et se baigner de soleil. C’est si apaisant pour l’âme. »
Vendredi 9 novembre 2007
Boy Genius 'Not Broke' Shock
par Karl Dallas
 (Melody Maker, 29 décembre 1979)

Les choses ne sont pas passées dans la douceur pour Mike Oldfield. Il a perdu de l'argent avec ses tournées, a mis au rebut du matériel onéreux et a eu une querelle avec son label à propos d'un morceau d'un album. KARL DALLAS prête son épaule. 



TRENTE mille fans de Mike Oldfield ont une chance modérée de trouver à leur insu une pièce de collection –et, incidemment de participer par procuration à la récente paternité de Mike– s’ils achètent un exemplaire de son dernier album.
Mike-Molly.jpgTout est parti d’une querelle entre Mike et son label Virgin au sujet du contenu de l’album. Dans sa forme initiale, le deuxième morceau de la deuxième face contenait un hymne légèrement mièvre mais authentiquement naïf à la gloire de l’inamorata de Mike (et la mère de Molly, sa fille nouveau-né), l’étonnamment belle Sally Cooper, dont la présence au service de presse de Virgin pendant plusieurs années était pour les journalistes une meilleure raison de se traîner jusqu’à Vernon Yard que la marque particulière d’ironie laconique de son chef Al Clark.
Un coup d’œil rapide aux paroles du refrain vont vous donner une idée de la saveur de la chose :
« Sally, je ne suis qu’un gorille / Oui je t’aime toujours plus / Même un singe de Manille / Ne pourrait me faire cesser de frapper à ta porte. »
En tant que couplet, vous devez admettre que cela tend à élever Pam Ayers au niveau de T.S. Eliot, mais ça a aussi la même sorte de charme gauche que cette version qu’il a fait de "The Spaniard that Blighted My Life"1, sans parler du passage « homme-singe » de Tubular Bells, des inspirations qui doivent autant au cycle maniaco-dépressif de sa pulsion créatrice que ses mélodies les plus mémorables. De plus, Mike chante les paroles lui-même, ce qu’il n’a pas fait sur un album depuis qu’il a célébré les joies de la vie chevaline à la fin d’ « Hergest Ridge »2 -et ça ressemblait plus à un grognement de Lee Marvin.
 

CEPENDANT, comme c’est l’habitude des maisons de disques, même avec des artistes qui ont posé les fondations de leur prospérité actuelle, Virgin ne se sentait pas très disposé à céder à Mike à propos du morceau, et une longue dispute s’est ensuivie, qui à un moment a menacé de faire rater à l’album la période de ventes qui précède Noël.
lp-fr-back.jpgPendant ce temps, les pochettes et les macarons devaient être imprimées, donc , pendant l’impasse, le deuxième morceau de la deuxième face portait le titre de la chanson originale, « Sally », et ils ont même pressé 30000 exemplaires de l’album avec la chanson initiale dessus avant que Mike ne cède, n’écrive une nouvelle mélodie –également appelée « Sally »3- qui aille avec la base rythmique d’Alan Schwartzenberg, la seule chose en commun sur les deux en dehors du titre.
Donc, de l’extérieur, il n’y a rien qui permette de distinguer les deux albums : ils ont tous la même pochette et les mêmes macarons. Mais si on lit le numéro de matrice gravé près du sillon de sortie, on voit que l’initial, comprenant « Sally » Mk I a le numéro V2141-B-1, tandis que la version approuvée par Branson, avec "Sally" Mk II, est numérotée V2141-B-3 (ce qui me suggère soudain, au fait, qu’il pourrait bien y avoir une deuxième version quelque part, numérotée B-2).
 

POURQUOI Mike, qui fut pendant plusieurs années une des étoiles les plus brillantes au firmament de Virgin, qui fut capable de les persuader à financer plus de la moitié des 500.000 Livres qu’a coûté sa dernière tournée, financièrement désastreuse4, se laisse-t-il malmener de la sorte ?
« Je trouvais que c’était charmant, » me dit-il. « J’étais vraiment sous le charme de la face entière jusqu’au moment où je leur ai donné et qu’ils l’ont détesté. J’ai tenu bon pendant un bon moment, et peut-être que je n’aurais pas dû en démordre.
« Les roadies étaient suffisamment émus pour me téléphoner et me supplier de ne pas l’enlever. Je n’aurais dû sans doute pas le faire.
“Mais vous devez conserver la conviction de ces gens, et leur faire savoir que vous coopérez.”
Il n’avait jamais eu à se préoccuper de telles choses dans le passé, lui rétorquai-je, et pendant un instant il acquiesça.
« Je n’en avais pas besoin. Mais maintenant, ce n’est pas seulement une nécessité, c’est aussi un souhait. »
 

PARLER de nécessité nous a amené, bien sûr, à l’état actuel de ses finances, qui ont fait l’objet de quelques commentaires dans la presse écrite. Il a été décrit dans des termes aussi variés que « pauvre » ou « sur la paille », ce qui est, comme je suis heureux de le révéler, une légère exagération.
5219.jpgIl projette, par exemple, de vendre son avion privé Beechcraft Sierra –mais seulement pour le remplacer par un hélicoptère, qu’il imagine naïvement pouvoir faire atterrir dans sa nouvelle résidence à Denham (Buckinghamshire), bien que je ne crois pas que les contrôleurs aériens à Heathrow seront très enthousiastes pour l’arrangement.
« Virgin et moi avons dépensé ensemble un demi million pour la tournée, sur lesquels j’ai perdu personnellement environ deux cent mille, ce qui signifie que je n’ai pas eu de royalties cette année. Ce qui veut dire que les choses ont été financièrement assez serrées, ce qui est une expérience nouvelle pour moi.
« Je sais que je ne suis pas indigent, mais je dois faire très attention. Tu sais, Virgin m’a avancé de l’argent pour payer la tournée, mais même si je n’ai jamais vu cet argent, du point de vue du percepteur, je l’ai eu, et je dois trouver les 60% d’impôt de cet argent que je n’ai jamais eu. »
En conséquence, Mike a passé des annonces pour recruter un gestionnaire pour s’occuper de ses affaires, bien qu’il pense qu’il sera en fait attendu de l’heureux élu qu’il se concentre sur le montage de tournées qui rapportent.
« Je m’en fiche si elles ne rapportent pas, tant que j’ai mes royalties l’année suivante. Je préfèrerais que mon argent ne soit pas utilisé du tout –et que quelqu’un d’autre mette l’argent et en tire ce qu’il peut.
« J’espère être de nouveau sur les routes l’an prochain, vers avril, et nous voulons conserver tous les morceaux de la dernière tournée qui ont bien marché. Quelques uns des morceaux ont bien marché, et je veux en inclure un peu du nouvel album, qui est ce que j’aurais aimé avoir à jouer l’an dernier. « Platinum » a été conçu pour être joué en concert. Les films ont bien marché, et je vais avoir plus de films.
« Le son de guitare a bien marché, bien que nous ayons fait cela d’une façon bizarre, avec une boîte à l’arrière. Le PA a plus ou moins marché, mais j’ai dû le reconstruire pour qu’il soit plus petit et plus facile à transporter.
450.jpg« J’ai jeté toutes ces affaires quadriphoniques qui n’ont pas marché, et nous vendons la table de mixage, qui n’a pas fonctionné.
« Je projette d’avoir 12 personnes, en comparaison avec le grand orchestre, mais je suis très conscient que cela ne soit pas être une déception la prochaine fois, juste parce que l’échelle a été réduite. J’ai des idées pour les films et je vais avoir Ian Eames pour les animer.
« David Bedford ne fera pas partie de la tournée. » Il a refusé de s’étendre là dessus.
« Quelques uns des concerts seront énormes, comme le stade de Wembley qui est réservé pour avril, je crois, mais je veux également jouer dans des endroits plus petits à travers le pays, jouer dans plus d’endroits, même s’ils sont plus petits. »
 

MIKE exprime un peu de déception, pour ne pas dire de la perplexité, au type d’accueil que le nouvel album a eu de la presse. Il pense –et je suis d’accord avec lui– que la plupart des critiques ont débité les mêmes clichés « éreintons-le parce que c’est ennuyeux et qu’il a tant de succès », sans remarquer la rupture considérable avec son propre passé que sa musique presque minimaliste représente.
Il reconnaît que des parties de « Platinum » sont plus simples que tout ce qu’il a composé jusqu’ici.
« J’ai appris qu’on n’a pas nécessairement à remplir chacune des pistes isolées avec 24 millions d’overdubs. Sur quelques parties, il n’y a que quatre instruments qui sont joués. Le début d’ « Incantations » était incroyablement complexe, dans chacune de ses notes et chacune de ses mesures, et les gens disaient déjà que c’était ennuyeux, donc évidemment ce n’est pas ce qu’il y dedans qui techniquement attire ou repousse les gens.
Mike-Molly2.jpg« Et puis il y a une section au milieu de « Platinum » où il y a des accords plus complexes que ce que j’ai fait avant. Ils s’insèrent d’une telle façon qu’ils semblent normaux, mais si on regarde cet accord sur un piano, c’est complètement ridicule, il n’y a même pas un nom pour ça. »
 

LA PREMIERE fois que j’ai rencontré Mike Oldfield, il était un virtuose de la guitare folk âgé de 15 ans avec des troubles de la personnalité, qu’il a appris à sublimer dans son « Tubular Bells ». Au fil des ans, j’ai appris à comprendre sa folie, et nous avons une fois passé une heure ridicule lors d’un dîner à échanger sur les dépressions nerveuses que nous avions traversés.
La fois suivante où je l’ai rencontré, après une pause raisonnable, à l’époque d’ « Incantations », il venait de suivre une thérapie et semblait plus frappé que jamais, en particulier quand il déclarait de façon si véhémente que maintenant, enfin, il était sain et il dirigeait sa propre vie.
Cette fois, je suis heureux de la rapporter, il semblait vraiment normal, plus du tout la créature animale et timide qui avait l’habitude de comparer des interviews avec des viols, et pas plus la centrale électrique régénérée que j’avais trouvé si aliénante un an plus tôt.
« J’étais très idéaliste à l’époque de ‘Tubular Bells’. Je suppose que l’on pourrait dire que j’avais une vision de ce que je voulais faire, mais c’était une vision de sûreté et de chaleur et de sécurité parce que je me sentais si peu en sécurité. Maintenant je veux réussir la clarté. Je ne peux la décrire qu’en termes picturaux, tu sais, comme si chaque album que j’avais jamais eu avait une pochette bleue dessus.
« C’est pour cela que je l’ai appelé ‘Platinum’, en partie comme une blague –tu sais, ‘Mike Oldfield est disque de platine’, mais aussi parce que c’est un métal étrange et adorable, lourd et flexible comme le plomb. Je voulais vraiment l’intituler ‘Airborne’, mais ils n’en voulaient pas.
Ils ont toujours fait des choses comme ça. Ils voulaient même que je mettre des paroles sur ‘Tubular Bells’.
"Je me sens bien et moyennement névrosé comme tout le monde, maintenant. "



Articles associés :
L'album Platinum
Les tournées de 1980
Article de Karl Dallas de 1975

Notes : 

(1) : Karl Dallas se réfère probablement à la chanson "Don Alfonso" (la chanson "The Spaniard that Blighted My Life" est une chanson existante dans le même style), mais il est difficile de savoir si l'approximation sous la plume de Dallas est volontaire.

(2) : Karl Dallas évoque la chanson "On Horseback" qui figure en fait sur l'album "Ommadawn".

(3) : Nouvelle erreur (!) de Dallas, puisque la chanson de remplacement s'intitule "Into Wonderland". Le titre n'a jamais (?) été porté sur les pochettes (sur mon exemplaire 33 tours de Platinum, le titre du morceau était effacé), mais a été correctement imprimé sur l'étiquette centrale du disque.

(4) : L'interview se situe entre la tournée 1979 ("Exposed") qui a été un désastre financier et la tournée 1980, qui se prépare au moment de l'entretien.

Mardi 28 août 2007
fliyngstart.jpg


La Toile recèle dans ses filets une ancienne et jolie tentative de fil d'informations francophone sur Mike Oldfield, hélas à la vie trop courte. 

flyingstartech.jpgBien avant la mode des blogs, Geinoh s'était lancé au printemps 2003 dans le projet d'une newsletter portant à la fois sur l'actualité de Mike Oldfield et sur des analyses de fond de ses oeuvres antérieures. La première édition avait été proposée aux membres de la liste de diffusion francophone tubular, et avait été diffusée par mél, puis hébergée sur un site. 

Initié en solitaire par Geinoh, le projet a été renforcé en cours de route par la plume de Fabrice Chotin puis par les corrections de membres de la liste de diffusion tubular, dont l'ami Vinz qui vient nous saluer ici par ses commentaires de temps à autre. Les lettres ont été intégrées au site tubular.free.fr lors de leur cinquième édition.

Démarré avec un rythme ambitieux (1 édition par semaine), le projet s'est arrêté -à ma connaissance- au bout de six éditions pour une raison que j'ai oubliée (il me semble que la raison en était une expatriation de l'auteur, mais je ne suis plus bien sûr des évènements).

Je vous laisse redécouvrir les articles publiés dans ces six éditions, à ce jour toujours accessible sur Internet (quelques liens dans les newsletters sont morts, toutefois).



Flying Start n°1 du 5 mai 2003 - L'album QE2 (1/4) 

Flying Start n°2 du 5 mai 2003 - John R. Chatterton - L'album QE2 (2/4)

Flying Start n°3 du 19 mai 2003 - Loreena McKennitt - L'album QE2 (3/4)

Flying Start n°4 du 27 mai 2003 - Tribute to Mike Oldfield - L'album QE2 (4/4)

Flying Start n°5 du 1er juin 2003 - Les influences celtiques (1/2)
 
Flying Start n°6 du 4 septembre 2003 - The Millennium Bell - Les influences celtiques (2/2)

Dimanche 3 juin 2007

Voici une traduction un peu plus conséquente de Changeling, l'autobiographie de Mike Oldfield : les huit pages traduites, prises par-ci par-là dans les chapitres 9 et 10 du livre, tournent toutes autour de la réalisation de l'album Hergest Ridge. Note : les photos ne viennent pas du livre. 


[La traduction commence après la description du concert de Tubular Bells au Queen Elizabeth Hall en juin 1973, puis de l'enregistrement du concert pour la BBC en novembre de la même année]

ouvrezlesguillemets.jpg

9. THE BEACON - 1974

[...]

A part ça, ma mémoire de cette période a disparu : tout est assez brumeux. C'était une période très étrange pour moi, un peu comme un tourbillon. Je ne faisais pas vraiment attention à ce qui se passait à la maison, dans le sens où j'étais passé à autre chose. Mes parents n'étaient pas venus au concert ; les parents faisaient partie d'un monde et les enfants d'un autre. C'est comme ça qu'étaient les gens à l'époque.

Je me souviens comment j'avais finalement pu échanger ma vieille Mini pourrie contre ce qui s'est avéré être une Bentley totalement pourrie. Je l'ai emmenée chez Jack Barclay, le concessionnaire Bentley à Berkeley Square, qui m'a dit que la faire réparer coûterait plus que le prix de la voiture. Elle avait l'air magnifique, elle avait cette adorable moquette mais si vous appuyiez trop fort sur le plancher du côté passager, votre pied passait à travers.

A cette époque, j'avais une copine que j'avais rencontré au Manoir et nous voulions vivre quelque part à la campagne. Nous nous sommes mis en route dans la Bentley, pour chercher un lieu, quelque part où habiter. Je me souviens comment nous étions partis en direction de l'ouest, par le pont de la Severn, puis par Ross-on-Wye, ensuite jusqu'à Monmouth et Hereford. Sur un simple coup de tête, nous avons conduit du nord d'Hereford à un endroit appelé Kington, juste sur la frontière galloise. Je me souviens avoir vu là une grosse colline et un club de golf à son sommet, et juste un peu en dessous il y avait une petite maison avec un panneau "à vendre" dessus. Elle avait une vue magnifique sur Kington, et on pouvait voir les montagnes noires au loin.

beacon.jpg

La maison était appelée The Beacon et elle était sur Bradnor Hill, à environ huit cent pieds (NdT : 250 mètres) de haut et sur une pente de quarante degrés. Ca n'était qu'une petite maison, fragilement construite et un peu délabrée, coincée sur cette colline entourée par des fougères et des moutons. C'était assez isolé là haut et le vent soufflait tout autour.

La maison côutait vingt mille Livres. je n'avais même pas regardé à l'intérieur, mais j'ai appelé Richard, disant : "il y a cette maison, est-ce que je peux l'acheter ?". Je pense qu'il l'a  simplement achetée et l'a déduite de mes royalties. Richard était mon manager alors en plus d'être d'être ma maison de disques, et je n'ai donc jamais eu à penser à quoi que ce soit en matière d'affaires. Je lui laissais prendre soin de tout.


[...]


En plus de ses demandes de faire une tournée, de la publicité, des interviews etc., Richard voulait un autre album, une suite. Evidemment j'avais eu un album incroyablement couronné de succès, ils ont du penser, "Que fais-tu -ha ! ha !- tu en fais un autre !". Je savais que mon contrat portait sur dix albums, mais le problème était qu'à ce moment, je ne sentais pas que j'avais une suite en moi : il y devrait bien y avoir quelque chose, un jour, mais je ne voulais pas encore faire un autre album. Toute ma vie -aussi courte qu'elle avait pu être- était allée dans Tubular Bells. Je ne savais pas ce que j'allais foutre après. Je ne voulais qu'un peu d'air.

Je sentais que Richard me mettait la pression pour faire un autre album, mais d'une façon que lui seul sait faire. Richard possède cet enthousiasme contagieux, et quand j'étais avec lui je ne paniquais plus pour quelque raison, je voulais vraiment faire ce que je pouvais pour lui. C'est vraiment catalyseur pour les gens que d'avoir cette sorte d'enthousiasme, et c'est le don de Richard, vous vous sentez vraiment plein d'énergie. Il parvient, avec son sourire et sa manière, à s'entourer de personnes talentueuses qui donneront le meilleur d'elles même pour lui.

Je me souviens d'un coup de fil en particulier. Richard me demandait : "as-tu besoin de quoi que ce soit pour recommencer à écrire de la musique ?"

J'ai dit : "heu, eh bien, il y a cet orgue que David Bedford avait, dans Kevin Ayers and the Whole World ?". Richard m'a demandé quel nom il avait. "Heu, un Farfisa ? Pas un Continental, quelque chose comme un Professional Two". Je me souvenais que c'était un gros machin ancien, tous les boutons étaient peints comme des dragées, en rose et jaune. Le week end suivant, j'ai regardé par la fenêtre et j'ai vu Richard monter en titubant depuis le parking au bas de la colline, il portait en fait ce monstreux et affreux orgue Farfisa. Bien sûr, je suis descendu et je l'ai aidé à le monter. J'ai trouvé ça plutôt charmant, il aurait pu faire faire ça par quelqu'un d'autre, mais il l'avait apporté lui même.

A la longue, j'ai accepté de commencer à travailler sur un deuxième album, parce que je m'y sentais obligé. Richard voulait que je le fasse, et d'un autre coté, à ce moment je ne savais pas ce que j'allais pouvoir faire d'autre de ma vie. Je ne m'étais jamais vraiment senti comme un musicien ; un musicien était quelqu'un de différent, quelqu'un qui joue dans des orchestres, ou des clubs ou autre. J'avais fini par faire ça, mais je n'avais jamais senti que j'étais à ma place. J'en suis arrivé plus tard à croire que Richard voulait me mettre sur un nouvel album, pas seulement parce qu'il voulait écouter une autre oeuvre de musique magnifique, mais aussi parce qu'il voulait un autre album couronné de succès. C'était là sa raison mais je ne l'ai pas réalisé alors, je pensais qu'il était seulement interessé par la musique.

Avec le Farfisa, on m'avait donné du matériel d'enregistrement, des magnétophones à quatre pistes et une table de mixage. Ce n'était pas du très bon matériel, mais au moins je pouvais faire des démos plus compliquées que ma démo de Tubular Bells avec ses sons les uns sur les autres. J'avais aussi un ou deux morceaux en surplus de mes sessions du dernier album.

Avec tout ça, j'ai commencé à travailler sur quelques idées.


[...]


10.  HERGEST RIDGE - 1975


Je luttais toujours contre mes crises de panique. Toute la culpabilité, la colère émotionnelle, la perte que j'avais vécue dans le passé, tout était là à l'intérieur de moi, comme une boule d'énergie émotionnelle. De nombreuses situations ramenaient des souvenirs de mon enfance : des souvenirs-clés comme la bagarre avec mon père étaient sucsités par certaines choses, comme par exemple si je me sentais menacé physiquement. Si je ressentais une injustice, là c'était important, cela connectait à beaucoup de choses. Je me sentais souvent complètement hors de contrôle, quasiment un automate à cause de mes peurs profondément ancrées et de mon conditionnement psychologique.

Je suis sûr que c'est la même chose pour tout ceux qui se sont occupé ou ont vécu avec une personne malade pendant beaucoup d'années : on commence à la détester. Avec le temps le ressentiment se développe et vous vous trouvez à la détester pour tout le stress qu'elle vous cause. En même temps, une autre part de vous pense, "je ne devrais pas faire ça, je devrais être gentil et généreux." Cela vous remplit de culpabilité. Pour moi, cela se reliait avec toutes les autres choses, comme mes années d'enfance et comment j'avais été endoctriné par mon éducation catholique, quand on m'avait enseigné que la culpabilité est un péché. Tout cela devient un cercle vicieux.

Principalement, je dominais tout ça avec de l'alcool ; je buvais trop, mais c'était pour supprimer les crises. Je n'aimais pas prendre des médicaments de toute sorte, mais j'avais tout le temps un Valium dans mon portefeuille : occasionellement, quand j'avais une crise de panique, je grignotais un peu le cachet. Pour certaines personnes, la seule issue est de prendre des tranquillisants mais je ne voulais pas finir comme ma mère, qui était dépendante de médicaments prescrits.

J'aimais être là haut à Bradnor Hill, et être dehors au beau milieu de la campagne me mettait à l'abri de la panique. En face de la maison, il y avait cette magnifique, longue colline striée appelée Hergest Ridge. Au sommet se trouvait cet étrange rocher nommé The Whet Stone, un point de repère célèbre qui, paraît-il, datait des temps préhistoriques. Je commençais à faire des modèles réduits d'avions, avec la même sorte d'attention méticuleuse que j'avais apprise de mon père. Je m'y suis vraiment intéressé. Je me sentais en paix là bas sur la crête, seul avec mes maquettes. 


maquette.jpg


Je trouvais les animaux très apaisants, donc à un moment j'ai décidé d'avoir deux chiens, des lévriers afghans. Je pensais qu'ils étaient mignons, mais, mon Dieu, ils étaient affreux. J'ai eu un problème terrible avec l'agriculteur, car ils chassaient tous les moutons sur Bradnor Hill et en ont tué un ou deux. J'ai du m'en débarrasser, donc j'ai acheté un couple de chats persans à la place.



Quand tout s'accumulait, je pouvais me réfugier dans mon univers musical. C'était comme un cocon autour de moi, tout à l'intérieur était si beau et sûr. Je pouvais imaginer que chacun des instruments disait quelque chose -la basse n'était pas seulement une guitare basse, c'était une grande personnalité, profonde. La musique m'était aussi familière que la voix humaine et le langage humain, avec ses propres mots et phrases. Tout se tenait, dans cette logique musicale.

C'était comme si j'étais un extra-terrestre, se souvenant de ce que c'était que d'être sur sa propre planète, où les gens ne parlaient pas, ils chantaient et émettaent des sons musicaux comme moyen de communication. Si j'éteignais mon "appareil de traduction de langage", tout ce que je pouvais entendre était un son flou et du charabia. Une vraie voix humaine qui parle n'est pas du tout un son agréable, la plupart du temps. Il y a des langues qui recèlent quelques sons affreux -les sons gutturaux étranges de plusieurs langues européennes, par exemple- ce n'est pas du tout une façon très élégante de communiquer. Tandis que le magnifique monde musical était plus gracieux, une sorte de nirvana dans la musique, un lieu de sécurité dans lequel je vivais et qui empêchait les crises de panique de venir.

J'ai progressivement rassemblé mes idées et commencé concrètement à faire une démo du deuxième album. Je ne voulais pas le faire, mais je ne pensais pas vraiment que j'avais le choix. C'est arrivé plus d'une fois dans ma carrière que je n'ait pas eu envie de travailler mais je m'y mets quand même car, vraiment, qu'est ce que je ferais d'autre ? Richard m'appelait pour me demander comment j'allais, mais si je n'avais pas fait quelque chose dans la musique, je ne sais pas ce que j'aurais fait.

J'ai vraiment dû lutter pour commencer Hergest Ridge, mais après m'être poussé à commencer, ça a été comme entasser des brindilles dans un feu. Ca a pris vie par soi-même, avec ses propres impulsions et ça s'est auto-entretenu. Musicalement, cela n'avait rien à voir avec Tubular Bells. Il y avait des trompettes et des tin whistles, différentes sortes d'influences qui étaient d'une certaine façon un reflet de l'endroit où je vivais, je suppose que l'on appelerait cela des sons New Age aujourd'hui. Je roulais sur des réservoirs quasi vides quand je le confectionnais, mais jai réussi à bricoler une sorte d'album.


Au bout d'un moment, j'ai vraiment commencé à m'y immerger, ou au moins en partie. Il y avait un morceau de musique qui a terminé sur la deuxième partie d'Hergest Ridge, une simple et belle mélodie, juste à l'orgue et à la guitare acoustique. Le son de celle-ci, pour moi, était comme la conversation de quelqu'un : ils n'employaient pas des mots mais de la musique, des notes de musique et des tonalités musicales. La voix était tout simplement amicale et réconfortante et elle me disait "je suis en sécurité, je suis à l'aise, rien ne va me faire mal, je ne vais pas avoir de crise de panique, je ne vais pas me perdre dans le monde gigantestque et monstrueux où sont mes cauchemars".

beaconpiano2.jpg

Une fois que j'ai eu fini les démos, le temps est venu de tout enregistrer proprement dit. J'avais demandé à Tom Newman de m'y aider une nouvelle fois, car nous nous étions entendus si bien lors de Tubular Bells. Le Manoir était complètement réservé, alors pour commencer j'ai été mis dans des studios à Basing Street, un ancien cinéma. J'ai détesté cet endroit, je ne voulais pas du tout y travailler. Ca me conduisait à ne pas avoir envie de faire un nouvel album, mais je pouvais sentir cette pression de terminer les choses. Ensuite, nous avons été placé dans un studio quelque part comme Chipping Norton. J'ai détesté cet endroit encore plus, et à la fin nous n'utilisions même plus le temps de studio. Je ne me donnais pas la peine d'y travailler, et donc Tom et moi sortions faire voler des maquettes d'avion à la place.

Je n'avais vraiment pas le coeur à faire ça. Je devais m'en débarrasser, mais c'était comme faire sortir la dernière goutte de dentifrice de son tube. Quelle que soit énergie musicale refoulée que j'avais pu avoir en moi, je l'avais totalement livrée avec Tubular Bells et il n'en restait plus qu'un tout petit peu. Tant bien que mal, l'album fut terminé, ce qui fut plus un soulagement qu'autre chose.


hr-33.jpg



Le photographe qui avait fait la pochette de Tubular Bells, Trevor Key, est venu à Hergest Ridge pour faire la pochette. Il est arrivé avec Bootleg, le lévrier d'Irlande du Manoir : il est sur la pochette, sur la crête d'Hergest. Je n'ai pas aimé le résultat, pour être honnête. Après la pochette de Tubular Bells, qui était si puissante, celle là n'était seulement qu'un peu bizarre.

fermezlesguillemets.jpg


 [L'ouvrage poursuit par la description des projets de Orchestral Tubular Bells et Orchestral Hergest Ridge]


A lire également sur ce blog, sur les mêmes sujets :
Chronique d'Hergest Ridge
Un autre passage de Changeling
Un article sur les maisons de Mike Oldfield

Jeudi 24 mai 2007
Avant un épilogue de trois pages, la conclusion du dernier chapitre de Changeling (chapitre 15 : Berlin to Now - 1990-2006) m'a touché, par le côté crépusculaire que dégagent les propos d'un Mike Oldfield qui reconnaît vieillir dans un monde qui change très vite. Je vous laisse lire une traduction avec dico de la 250e page de Changeling.




ouvrezlesguillemets.jpgRécemment, j'ai décidé de quitter de nouveau la région londonienne avec ma femme Fanny et notre fils Jake. C'était vraiment un bouleversement pour moi de quitter ma maison à Chalfont Saint Giles après tant d'années. Chose curieuse, je ne suis pas très loin de mon ancienne maison dans les Cotswolds ; ce n'est qu'à une demi-heure de route. Quand nous sommes arrivés ici, j'ai pensé "Maintenant je peux avoir une vie tranquille", mais cette philosophie n'a pas duré longtemps. Il y a une dizaine d'années, il a été question de faire un livre ; j'avais passé du temps à faire des entretiens avec Annie Nightingale, la DJ, mais ils n'ont jamais abouti à quelque chose. Alors j'ai pensé que je pourrais m'en occuper de nouveau. Maintenant que c'est fait, j'ai reconstitué mon studio et j'ai commencé à travailler sur une nouvelle oeuvre musicale.

Les choses changent tellement dans l'industrie musicale. A l'avenir, tout ne sera probablement plus qu'en téléchargement, le CD va suivre le même chemin que le vinyle. La technologie a progressé si incroyablement que j'ai des difficultés à suivre. Heureusement, je suis toujours à la pointe de la technologie pour ce qui est de l'enregistrement : je suis un bêta-testeur pour les derniers logiciels de production musicale, et je reçois donc des nouvelles versions à essayer, ce que j'adore.

Enfin, l'âge est en train de me rattraper sans que je ne l'ai vu venir. Avant, je savais faire plusieurs choses à la fois, mais je ne peux plus le faire aussi bien ; je suis fatigué là où je ne l'aurais pas été avant ; ma mémoire du court terme commence à se dégrader un petit peu, mais ce n'est pas trop mal pour le moment encore. J'ai du m'habituer à des choses comme porter des lunettes pour lire. J'ai une paire de lunettes dans chaque pièce, car si je n'ai qu'une seule paire et que je l'emmène dans la pièce d'à côté, quand je reviens là où j'étais, je me dis "Mais où sont donc ces lunettes". Donc j'ai une paire pour chaque pièce et je fais attention à bien les laisser là.

C'est vraiment une nouvelle phase dans la vie. Si vous m'aviez dit, à dix-neuf ans, quand je faisais Tubular Bells, que j'aurais cinquante-trois ans un jour et que je parlerais de tout ça, je n'aurais jamais pensé ça possible, mais ça a fini par arriver. Le monde entier a complètement changé. Je n'arrive pas à croire que je suis toujours actif, que je signifie toujours quelque chose dans l'industrie musicale. Même si les choses n'ont plus rien à voir avec ce qu'elles étaient en 1973, je suis très heureux de ma situation.

Qu'y aura-t'il ensuite ? Je projette de faire une oeuvre de musique plus classique, ce qui est la dernière chose que je n'ai pas encore faite. Après ça, je n'en sais rien.fermezlesguillemets.jpg

Mike Oldfield

Mike-1978.jpgMike Oldfield, compositeur, guitariste, et multi-instrumentiste britannique est l'objet de ce blog, où je viens ajouter, une à deux fois par mois, une bribe de biographie ou  quelques informations sur sa riche discographie.

Flash infos

19/03/08Music of the Spheres, le nouvel album de Mike Oldfield est sorti le 17 mars 2008 et un titre inédit, Spheres, a été commercialisé en téléchargement le 3 mars. Les premières réactions autour de cet album sont plutôt positives.

Visiteurs

Locations of visitors to this page

Geo Visitors Map

Calendrier

Novembre 2008
L M M J V S D
          1 2
3 4 5 6 7 8 9
10 11 12 13 14 15 16
17 18 19 20 21 22 23
24 25 26 27 28 29 30
             
<< < > >>

Recherche

Album photo

Alerte mail

Inscription à la newsletter

Nébulosité



eXTReMe Tracker

Recommander ce site

Cliquez ici pour recommander ce blog

Syndication

  • Flux RSS des articles
Blog : Sport sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus